Man Favelo, Toumbarek, Toumba, de son vrai nom Aboubacar Sidiki Diakité s’en est allé dans la nuit du 24 au 25 mars 2026. Il laisse derrière lui des millions d’admirateurs africains et du monde qui ont découvert une autre facette de ce médecin-Commandant militaire à la faveur du procès du massacre du 28 septembre 2009 en Guinée.
Alors qu’il était diabolisé et accusé de tous les crimes, Toumbarek s’est révélé au grand jour, grâce aux réseaux sociaux, comme une des nombreuses victimes de la junte dirigée par le Capitaine Moussa Dadis Camara. Il a su démontrer à suffisance qu’on peut emprisonner un homme mais pas la vérité. Il est mort l’esprit libre. Car preuves à l’appui et dans une cohérence et une clarté déconcertante, il a su transformer, grâce à son procès, son statut d’accusé en celui de victime expiatoire. Dans une éloquence digne d’un avocat émérite, il a tout simplement lavé son honneur, celui de sa famille et de sa communauté.
Alors qu’il a déjà passé environ neuf (09) ans derrière les barreaux pour une condamnation de dix (10) ans de prison, le Commandant Toumba Diakité devait recouvrer la liberté dans exactement (quatorze) 14 mois quand il a croisé la grande faucheuse à l’intersection divine de la Maison d’arrêt de Coyah et de l’Hôpital Militaire du Camp Samory Touré.
Une côte de popularité et des vérités qui dérangent
L’homme devait retrouver une vie normale, une famille, des admirateurs et la scène politique. En effet, depuis sa cellule, Toumba rêvait du fauteuil présidentiel et à d’ailleurs présenté sa candidature pour la dernière présidentielle en Guinée. Sa candidature sera rejetée par la Cours Suprême. Mais cela n’a pas découragé Man Favelo qui était déjà depuis le 21 septembre 2024 le Président du Parti Démocratique pour le changement (PDC) sous l’instigation de jeunes blogueurs, de milliers de guinéens et de centaines de prisonniers qui vivaient décemment en prison grâce à sa générosité et pour qui il était simplement un héros.
Pour d’aucuns, ses ennuis post-procès datent de ses nouvelles ambitions politiques et de sa trop grande popularité au sein de l’opinion publique guinéenne et surtout de la jeunesse qui se retrouve à travers lui. Et son transfèrement de la Prison Civile de Conakry à la Maison d’arrêt de Coyah a fini de sceller définitivement son sort. En effet, lui et ses avocats s’étaient opposés à ce déplacement pour des raisons de santé mais justifié par les autorités judiciaires par son opposition à une fouille dans sa cellule.
Même si le géniteur de Toumba refuse de voir la main de l’homme et surtout du pouvoir de Doumbouya derrière le meurtre de son fils, il est difficile de croire à une coïncidence au regard du nombre croissant de militaires et de personnalités politiques qui succombent en prison depuis l’avènement de Doumbouya au pouvoir. On peut citer avant Aboubacar Sidiki « Toumba » Diakité, le Colonel Claude Pivi dit « Coplan », le Colonel Célestin Bilivogui, et le Général Sadiba Koulibaly.
Les mémoires, les confidences et les secrets d’Etat de Toumba consignés dans un livre, auraient fait un des plus grands best-sellers de cette décennie.
Car pour paraphraser le célébrissime Toumba, « nombreux sont ceux qui pensent ce que nombreux pensent. Mais nombreux sont ceux qui ne disent rien, attendant que nombreux disent quelque chose. Nombreux ne diront rien parce que ce n’est pas dans la bouche de quelqu’un que nombreux mangeront leurs piments par procuration ». Et si « Dieu nous a donné des jambes, c’est pour s’en servir ».
A Dieu Soldat !!!
Aziz KOTO CHABI (Journaliste et Analyste Politique)