Home Bénin Fin de grève à la Fss: Un retour sous conditions draconiennes

Fin de grève à la Fss: Un retour sous conditions draconiennes

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L’étau se desserre autour des hôpitaux béninois. Après une audience marathon de plus de trois heures et trente minutes avec le président de la République lundi 16 mars 2026, le Collectif des étudiants et médecins en formation spécialisée a acté la levée de son mot d’ordre de suspension. Si la reprise des activités cliniques est ordonnée pour mardi 17 et mercredi 18 mars, elle ne se fera pas à n’importe quel prix. Le collectif a assorti ce retour de mesures conservatoires extrêmement strictes pour protéger ses membres contre toute insécurité juridique.

 Cette rencontre au sommet a permis d’obtenir une avancée historique : la reconnaissance formelle par le chef de l’État de la légitimité des revendications des étudiants. Pour répondre au vide juridique dénoncé, une Commission ad’hoc a été immédiatement constituée. Sa mission sera de fusionner les propositions du collectif pour rédiger un cadre légal définitif et de nouvelles conventions hospitalières. Concernant le sort des trois confrères condamnés en première instance, l’exécutif a réaffirmé le principe de séparation des pouvoirs, invitant les grévistes à s’en remettre à l’effet dévolutif de l’appel déjà interjeté.

Les conditions non négociables de la reprise

Pour le collectif, reprendre le chemin des salles de soins est un acte de responsabilité déontologique, mais qui nécessite un « bouclier » administratif immédiat. En attendant le nouveau statut formel, quatre directives de « stricte observance » s’imposent désormais à tous les externes, internes et médecins en spécialisation (Des). Il s’agit : une subordination expresse absolue. En effet, aucune décision médicale ou thérapeutique ne peut plus être prise par un étudiant sans l’aval exprès et préalable d’un praticien senior. L’autonomie est suspendue au profit d’une sécurité partagée. Par ailleurs, la présence physique est désormais obligatoire au bloc. La direction et l’exécution d’actes opératoires par des internes ou DES sont désormais formellement prohibées sans la supervision physique et continue d’un senior. Le temps des interventions en solo est révolu.

La traçabilité médico-légale renforcée, vient en troisième position. Chaque ordonnance rédigée par un membre du collectif doit impérativement porter la mention manuscrite « p.o. [Nom du senior d’astreinte] » accompagnée de la signature de ce dernier, en plus du cachet nominatif de l’étudiant. L’imputabilité des actes cliniques ferme la manche. A ce niveau, il faut retenir que les observations de visites et les comptes rendus opératoires ne doivent plus acter que les noms des praticiens seniors ayant matériellement supervisé l’acte. Cette mesure vise à transférer la responsabilité légale vers les encadrants, conformément à leur rôle de supervision.

Un personnel en « ordre de bataille »

Malgré la reprise effective du service public, le message des leaders étudiants reste ferme : ils restent mobilisés et en ordre de bataille. Ces mesures conservatoires servent de test de bonne foi pour les autorités sanitaires et administratives, qui ont été dûment notifiées de ces nouvelles directives. A l’arrivée,  cette crise aura forcé le système de santé béninois à regarder en face la réalité de ses « petites mains » médicales, longtemps exposées à des risques juridiques majeurs sans protection adéquate. Le retour à l’hôpital se fera donc sous une surveillance accrue, où chaque geste sera désormais scellé par le sceau de la supervision hiérarchique.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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