La Faculté des sciences de la santé (Fss) de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) traverse une zone de turbulences majeure. Un bras de fer vient de s’engager entre l’Association des étudiants en médecine de Cotonou (Aemc) et les autorités décanales, mettant à l’arrêt une partie essentielle du cursus médical : les stages hospitaliers.
Tout a commencé par une note informative publiée par le Bureau Exécutif de l’Aemc. L’association a décrété la suspension des activités de stage hospitalier pour tous les étudiants en médecine jusqu’à nouvel ordre. Cette décision radicale fait suite à un incident survenu dans un service de gynécologie-obstétrique impliquant des Docteurs en études de spécialisation (Des). L’Aemc justifie ce mouvement par une volonté de solidarité envers leurs aînés, mais soulève surtout un problème de fond : l’absence d’un cadre juridique clair définissant les attributions, les droits et les limites des responsabilités des étudiants en milieu hospitalier. Selon l’organisation estudiantine, les apprenants sont exposés à des risques accrus sans protection officielle suffisante, ce qui met en péril tant leur sécurité que celle des patients.
La réponse du Décanat : l’exigence de la reprise immédiate
La réaction des autorités académiques ne s’est pas fait attendre. Par voie de communiqué, le Doyen de la Fss, a rappelé avec fermeté que les stages hospitaliers ne sont pas optionnels. Ils constituent une composante obligatoire et intégrée au calendrier académique officiel. Le décanat avertit les étudiants que toute absence non autorisée ou arrêt unilatéral les expose à des conséquences académiques sévères, notamment la non-validation de l’Unité d’Enseignement (UE) de stage. En conséquence, il est formellement demandé aux étudiants de reprendre immédiatement leurs activités sous peine de voir les textes réglementaires appliqués dans toute leur rigueur. Toutefois, si le ton du décanat est ferme, il n’est pas totalement fermé. L’autorité décanale a précisé rester ouverte à une concertation constructive avec toutes les parties prenantes, à condition que celle-ci se déroule dans le respect des cadres institutionnels.
Pour l’heure, les étudiants se retrouvent dans une position délicate, coincés entre les consignes de leur association, qui les appelle à rester mobilisés dans un esprit de solidarité, et les menaces de sanctions académiques brandies par l’administration.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE
