Mes chères sœurs d’Afrique,

Aujourd’hui, le monde célèbre les femmes.

Mais en Afrique, nous ne célébrons pas les femmes un jour par an.

Nous les voyons porter ce continent 365 jours par an.

Dans les marchés de Cotonou, de Lomé, de Dakar, de Kinshasa.

Dans les ateliers où vos mains créent des merveilles que le monde entier nous envie.

Dans les foyers où vous élevez seules des enfants, gérez des budgets impossibles, et trouvez encore la force de sourire.

Vous êtes l’économie réelle de l’Afrique.

Vous êtes la colonne vertébrale de nos sociétés.

Vous êtes celles qui tiennent debout quand tout s’effondre.

Mais voici ce que je refuse aujourd’hui : qu’on vous célèbre sans vous reconnaître.

Parce que célébrer, c’est facile.

Reconnaître, c’est autre chose.

Reconnaître, c’est vous donner accès au crédit sans qu’on vous demande la signature de votre mari.

Reconnaître, c’est vous payer à la hauteur de votre travail, pas de votre genre.

Reconnaître, c’est vous laisser diriger sans qu’on remette en question votre légitimité à chaque décision.

Femmes artisanes d’Afrique,

Vous tissez, vous brodez, vous sculptez, vous transformez.

Mais combien d’entre vous possèdent vraiment leur atelier ?

Combien d’entre vous ont un compte bancaire à leur nom ?

Combien d’entre vous peuvent investir librement dans leur propre activité ?

Trop peu. Beaucoup trop peu.

Et c’est ce combat-là que nous menons à ADECO.

Pas juste célébrer votre talent.

Mais vous donner les moyens de le transformer en richesse, en pouvoir, en liberté

Femmes leaders d’Afrique,

Vous dirigez des entreprises, des ONG, des ministères.

Mais on continue de vous demander de prouver ce qu’on ne demande jamais aux hommes.

On continue de vous juger sur votre apparence avant de juger votre compétence.

On continue de minimiser vos succès en les attribuant à la chance ou à des « faveurs ».

Assez !

Wangari Maathai l’a dit :

« Nous devons promouvoir le courage là où il y a la peur, promouvoir l’accord là où il y a le conflit, et inspirer l’espoir là où il y a le désespoir. »

Alors aujourd’hui, en cette Journée Internationale des Femmes, mon message est double :

Aux femmes d’Afriques :

Ne demandez plus la permission.

Ne cherchez plus la validation.

Vous avez déjà tout ce qu’il faut.

Prenez votre place. Imposez-vous. Dirigez.

L’Afrique vous appartient autant qu’aux hommes.

Aux hommes d’Afriques :

Arrêtez de « soutenir » les femmes comme si c’était un acte de charité.

Reconnaissez-les comme vos égales.

Laissez-leur la place qu’elles méritent, pas celle que vous voulez bien leur donner.

Le développement de l’Afrique ne se fera pas sans les femmes.

Il ne se fera pas pour les femmes.

Il se fera par les femmes :

Ou il ne se fera pas du tout.

Bonne fête à toutes les femmes d’Afrique.

Vous êtes notre fierté.

Vous êtes notre force.

Vous êtes l’Afrique.

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