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Bénin/Répression des phénomènes sur nos routes: Le Zéwé et le défi de la continuité

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(Du bitume aux circuits, transformer le zéwé en discipline sportive encadrée)

Sale temps pour les zéwé. La police républicaine passe à l’offensive contre les rodéos urbains. Seulement, l’application sélective de la loi et le caractère souvent éphémère des répressions routières au Bénin suscitent aujourd’hui une interrogation de fond : peut-on encore accorder du crédit aux nouvelles opérations de la Police républicaine ?

 Alors que le boulevard de la Marina à Cotonou devient le théâtre d’une traque contre le phénomène des « zéwé », le sentiment d’une justice à deux vitesses et d’un manque de vision à long terme prédomine chez les citoyens. L’illusion de la rigueur qui consiste à commencer sans jamais finir finit par déteindre.

En effet, le constat est amer pour beaucoup d’observateurs. Qu’il s’agisse du port de masque, de la réglementation sur les plaques d’immatriculation ou des vitres teintées, de nombreuses réformes ont été lancées avec fracas avant de sombrer dans l’oubli, faute de suivi rigoureux. Cette méthode interroge sur la planification même de l’action publique. Comme celui qui entreprend de construire sa maison et doit en mesurer chaque coût avant de poser la première pierre, la Police républicaine se doit de garantir la pérennité de ses décisions. Une loi qui s’essouffle rapidement perd sa force de dissuasion et finit par être perçue comme une simple « vague » passagère à laisser passer.

Cotonou et Calavi : les seuls visages de la répression ?

Vivre dans la capitale économique ou sa périphérie semble parfois devenir un fardeau démesuré. L’application des règles de sécurité routière donne l’impression que le Bénin se résume à Cotonou et Abomey-Calavi. Cette disparité territoriale nourrit un sentiment d’injustice flagrant : on ne peut éduquer une ville en ignorant systématiquement les autres. Une décision, aussi fondée soit-elle, doit s’appliquer uniformément sur toute l’étendue du territoire national pour être acceptée et respectée par tous les citoyens sans distinction.

Face au danger : vers un encadrement sportif des jeunes pilotes

La récente opération sur le boulevard de la Marina, ayant conduit à l’arrestation de deux adolescents et à la saisie de dix-huit motocyclettes, illustre la volonté de la police de stopper ces manœuvres périlleuses. Si la sécurité des usagers est primordiale, la seule réponse policière montre ses limites. Ces acrobaties, bien que dangereuses, révèlent une passion brute pour les sports mécaniques qui pourrait être canalisée positivement.

Au lieu de se limiter à la garde à vue et à la présentation au procureur, une réflexion sur la création de disciplines sportives dédiées serait salvatrice. Mettre à disposition des jeunes des moyens et des espaces sécurisés permettrait de transformer un risque public en un talent encadré. La rue n’est pas un terrain de jeu, certes, mais le manque d’infrastructures spécifiques pousse souvent la jeunesse vers ces artères bitumées. Du bitume aux circuits, il urge donc de transformer le danger des zéwé en discipline sportive encadrée.

Un test de crédibilité pour l’autorité publique

Le commissaire du 12ème arrondissement, Eric Edon, promet une multiplication des contrôles sur les axes sensibles comme Saint-Michel, Akpakpa ou l’aéroport. Cependant, pour que la population y croie véritablement, cette lutte doit s’accompagner d’une constance sans faille et d’une équité géographique totale. La sécurité routière ne doit plus être un événement ponctuel ou localisé, mais une culture durable qui protège chaque Béninois, du nord au sud.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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