Incarnant une véritable révolution industrielle en matière de transformation d’oranges, la firme « Orana » a accueilli dans ses locaux vendredi, 20 février 2026, une mission diplomatique de la Délégation de l’Union Européenne au Bénin. Des explications du PDG/Orana, Togbédji Ahokpa, à la visite des équipements ultra-modernes acquis, les diplomates européens ont dit toute leur satisfaction, espérant sous peu, les premières bouteilles de l’usine…
Implantée à Za-Kpota, l’usine de transformation d’oranges « Orana » sera bientôt fonctionnel et se positionne tel un géant africain de l’orange. Vendredi dernier, dans le cadre d’une tournée de deux jours, des ambassadeurs européens de l’UE ont eu le privilège d’inspecter l’usine Orana SA, projet agro-industriel financé par un montage associant coopération allemande, FNDA et partenaires bancaires, avec une mise en production annoncée pour mars 2026. Les premières opérations industrielles sont donc imminentes et toutes les dispositions sont prises pour tenir le pari, selon Togbédji Ahokpa, surnommé le magnat de l’orange. Face aux diplomates, il a retracé la genèse du projet. « Le Bénin produit un peu plus de 100 000 tonnes d’orange par an… plus de 7 000 paysans… comment se fait-il que cette matière ne procure pas de gros revenus aux producteurs ? » a-t-il martelé pour contextualiser la mise en place de l’usine qui se veut aujourd’hui une référence non seulement au Bénin mais dans toute l’Afrique. De la création d’une unité capable d’absorber la production locale et de structurer la filière aux équipements de dernière génération acquis, Orana s’inscrit dans le long terme. Présenté comme un montage financier à plusieurs étages
Implanté sur un site concédé par l’État béninois, le projet mobilise près de 3 milliards de FCFA. La BIIC apporte le crédit principal, sécurisé par les mécanismes du FNDA, avec bonification de taux et garantie. La Caisse des dépôts et consignations du Bénin entre au capital à hauteur de 25 % et siège au conseil d’administration. L’appui de la KfW transite par le FNDA sous forme de dons évalués à 15 millions d’euros pour faciliter l’accès des entreprises agricoles au financement. À terme, plus de 110 emplois directs devraient être créés.
Porte-parole de la délégation, Stéphane Mund, inscrit la visite dans une stratégie de coordination des bailleurs. « Aller voir sur le terrain ce que nous soutenons financièrement… les États membres et l’Union européenne travaillent main dans la main… quand 7 000 fermiers gagnent mieux leur vie grâce à une usine, c’est un enjeu clé de prospérité », déclare l’ambassadeur. Dans ce projet, l’Union européenne intervient comme cofinanceur, les projets étant exécutés par les États membres, l’État béninois ou des acteurs financiers. Dans une économie où l’agriculture concentre l’essentiel des emplois et près de 80 % des produits d’exportation, le FNDA présente ce type d’investissement comme un levier d’augmentation des revenus ruraux et de consolidation du portefeuille de crédits agricoles. Le démarrage industriel d’Orana SA reste annoncé pour mars 2026.
Zoom sur le géant Orana…
Dotée d’une capacité de traitement de six tonnes d’oranges/heure avec un outil industriel moderne, l’usine produira 4000 tonnes de concentré par an. Implantée sur une superficie d’un hectare avec des perspectives d’extension sur un espace de huit hectares, Orana fonctionnera avec une dizaine de lignes de production dont trois lignes de production du concentré, deux lignes de production de l’huile d’orange, deux lignes de production de jus etc. Toute chose qui lui permettra de produire la quasi-totalité des dérivés de l’orange notamment le concentré, l’huile essentielle, le compound, la mélasse, le jus naturel, etc.
Orana ambitionne de mettre en place une politique de valorisation des pépins d’orange. Devant fonctionner à plein régime et à un rythme ininterrompu, la firme dispose de capacités techniques lui permettant de transformer un peu moins de 50.000 tonnes d’oranges de la production nationale d’oranges. Elle ambitionne de se procurer la totalité de la production nationale estimée à plus de 100 000 tonnes par an. Et dans l’optique d’une garantie de son circuit d’approvisionnement, Orana a scellé un partenariat avec la quasi-totalité des coopératives de producteurs de Za-Kpota, localité d’implantation de l’usine et d’autres localités productrices d’oranges. La première ligne de production de l’usine, déjà en cours d’installation, sera celle du concentré d’orange. Un produit Be to Be destiné aux industriels qui sera exporté prioritairement à 90% vers des pays africains dont le Nigeria, le Ghana, le Sénégal, le Cameroun, la Côte d’Ivoire. Une option en phase avec la vision du promoteur de servir en priorité l’Afrique. Respectueux de l’environnement, Orana a pris toutes les dispositions pour la gestion des 03 tonnes de déchets que vont générer ses activités par heure.
Faut-il également le préciser, Orana a réussi à établir des partenariats solides dans plusieurs pays européens pour écouler la totalité de la production de l’usine. “Cela devrait nous permettre d’installer très rapidement la deuxième ligne de production“, fait observer le Pdg d’Orana, Togbédji Ahokpa. Faut-il le rappeler, le Pdg d’Orana était d’ailleurs dans les locaux du CHB, leader grec de la transformation de fruits, une entreprise existant depuis 1955, produisant également du concentré et exportant dans plus de 80 pays à travers le monde. Orana entend donc s’inspirer des expériences de ce géant européen pour combler les attentes notamment en matière de maitrise de la production, du ratio, de la détection des goulots de retardement, de l’amélioration de la productivité, etc. La distribution et la coupe des fruits, l’extraction du jus et l’éjection des peaux vides, seront réalisées automatiquement par des dispositifs mécaniques synchronisés et sécurisés. Ceci, grâce à la modernisation de l’outil industriel, l’acquisition de nouvelles machines et lignes de conditionnement ainsi que le renforcement du fonds de roulement pour soutenir principalement le développement commercial.








