Le Bénin offre aujourd’hui un visage singulier sur la scène africaine : celui d’un champion de la croissance qui voit, parallèlement, ses citoyens se détourner massivement des urnes. Le rapport de la mission internationale du National Democratic Institute (NDI), publié ce 20 février 2026, met en lumière ce fossé grandissant entre la vitalité des infrastructures et la léthargie du processus électoral.

Sur le plan du développement, les voyants sont au vert. La mission du NDI, présente sur le terrain du 16 au 20 février 2026, a recueilli des témoignages quasi unanimes sur les « réalisations visibles » : modernisation des services administratifs, urbanisation accélérée et infrastructures de pointe. Avec une croissance du PIB de 7,5 % en 2024 et des prévisions maintenues à 7,1 % jusqu’en 2027, le Bénin affiche une santé économique que beaucoup d’États voisins lui envient.

Le désamour des urnes

Pourtant, cette prospérité ne semble pas se traduire par un regain de confiance dans les institutions politiques. C’est ici que réside le paradoxe : alors que le pays se modernise, l’engagement citoyen s’effondre. Le taux de participation aux élections législatives et locales de janvier 2026 s’est établi à 36,7 %, confirmant une chute vertigineuse par rapport aux 66 % de 2015 ou aux 59 % de 2007. Pour de nombreux Béninois, ce désintérêt provient d’un sentiment de « réduction du choix politique » lié aux récentes réformes du code électoral.

Le défi du 12 avril 2026

À quelques semaines de la présidentielle du 12 avril 2026, l’urgence est à la réconciliation entre l’administration et ses 7,8 millions d’électeurs. La recommandation est claire : ouvrir l’espace civique et saturer l’espace public d’informations exactes pour contrer la désinformation.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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