Une descente inopinée, selon nos recoupements, a permis la découverte d’une unité de fabrication de tomates en boîte opérant hors de tout cadre légal. Le site a été mis sous scellés par la Direction du développement industriel.

Les constatations effectuées sur place révèlent un mode de fabrication non conforme aux normes sanitaires. «Les individus utilisaient un mélange de farine de soja et de colorant rouge pour produire des boîtes de conserve de la marque « Leader » ». L’inspection a permis de confirmer la présence de machines de conditionnement et de sertissage destinées à l’emballage des produits. Des stocks d’additifs alimentaires auraient été retrouvés dans l’entrepôt. L’entreprise fait l’objet d’une fermeture officielle.
La partie émergée d’un problème plus vaste ?
Cette affaire révèle une fraude industrielle et un risque pour la santé publique. La falsification du produit est totale : les individus utilisent de la farine de soja et des colorants pour simuler du concentré de tomate, trompant ainsi les consommateurs sur la nature de la marchandise « Leader ». Pourtant, un mélange de farine de soja et de colorants ne peut pas remplacer valablement la tomate en boîte sur le plan culinaire et nutritionnel.
Contrairement à la véritable tomate, riche en lycopène, vitamine C et potassium, ce mélange n’apporte que des protéines et des calories vides, sans aucun des micronutriments protecteurs essentiels. Les colorants utilisés pour obtenir l’illusion visuelle du concentré n’ont aucune valeur nutritive et peuvent s’avérer toxiques. L’absence de contrôles sanitaires dans cette unité clandestine expose la population à des intoxications sévères.
L’équipement trouvé sur place, notamment des machines de sertissage et des stocks d’emballages, démontre une organisation destinée à une diffusion à grande échelle. L’intervention de la Direction du développement industriel et la mise sous scellés du site marquent une étape cruciale pour stopper cette production illicite et engager des poursuites judiciaires. Mais au-delà, cette situation révèle une faille dans la surveillance des circuits de distribution, où l’appât du gain prime sur la vie humaine.
La prolifération des marques de concentré de tomate sur le marché béninois soulève de sérieuses inquiétudes sur la sécurité sanitaire des populations. La découverte de cette unité clandestine, où de la farine de soja et des colorants rouges remplaçaient la tomate pour la marque « Leader », n’est peut-être que la partie émergée d’un problème plus vaste.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE