La commune de Kétou a officiellement tourné une page de sa vie politique locale. Pour cause, vendredi 20 février, dans la salle des actes de la mairie, la cérémonie de passation de service entre la maire sortante et la nouvelle a marqué l’entrée en fonction effective d’Angélique Titilola Adégnika. Un moment solennel, empreint de symboles, au cours duquel la nouvelle autorité communale a livré une première lecture politique de la mandature qui s’ouvre.
Elue le 15 février à l’issue de l’installation du nouveau conseil municipal, Angélique Titilola Adégnika succède à Lucie Ablawa Sessinou dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales. Dans un discours à la fois structuré et mesuré, la nouvelle maire a d’abord inscrit son action dans une logique de continuité institutionnelle. Hommages appuyés au chef de l’État, remerciements aux autorités préfectorales, reconnaissance au parti Union Progressiste le Renouveau et aux populations de Kétou, la maire a tenu à rappeler le socle politique et républicain sur lequel repose son mandat. Mais au-delà du protocole, le propos s’est voulu programmatique. Accès à l’eau potable et à l’électricité, amélioration du cadre de vie à travers des lotissements maîtrisés, assainissement, infrastructures marchandes, scolaires et sanitaires, insertion socio-professionnelle des jeunes, sécurité, la feuille de route embrasse les principales préoccupations quotidiennes des habitants. Une approche globale qui traduit une volonté de répondre aux urgences sans perdre de vue les enjeux structurels du développement local. L’allocution a également pris une dimension personnelle et mémorielle lorsque la maire a évoqué la figure de son père, feu Oyédé Michel Adégnika, ancien maire de Kétou. Ce rappel, loin d’un simple hommage filial, a servi à inscrire son engagement dans une continuité historique du service public, où la charge élective est perçue comme un devoir transmis plutôt qu’un privilège conquis.
Sur le terrain politique, Angélique Titilola Adégnika a clairement affiché son ambition de gouverner au-delà des clivages. Elle promet une gouvernance inclusive, transparente et participative, ouverte à toutes les sensibilités, sans distinction d’appartenance politique, religieuse ou ethnique. Un discours d’apaisement et de rassemblement, dans une commune où la cohésion sociale demeure un enjeu majeur. Cette volonté affichée a trouvé une première traduction concrète quelques jours plus tard, lors de la supervision de la passation de charges entre le deuxième adjoint sortant et son successeur. En veillant personnellement au respect scrupuleux des procédures, la maire a envoyé un signal fort à la population de Kétou ; celui d’une administration rigoureuse, attachée à la continuité de l’action publique et à la transparence dans la gestion des affaires communales. Le défi, désormais, est celui de la mise en œuvre. Entre attentes sociales pressantes et ressources limitées, la nouvelle équipe municipale est attendue au tournant.
M.M.






