L’univers politique béninois se reconstitue avec à la clé, une opposition de plus en plus fragilisée. Alors que le parlement et les 77 communes du Bénin sont désormais uniquement sous contrôle des partis de la mouvance, l’opposition dévoile une facette visiblement cachée d’elle. Des ralliements à la mouvance aux messages de soutien au candidat de la mouvance, il importe de s’interroger sur le socle du combat politique de certains acteurs de l’opposition…
L’opposition politique bat de l’aile depuis peu. Si l’épisode de l’annulation du parrainage du député Michel Sodjinou ayant écarté le principal parti de l’opposition de la présidentielle 2026 est perçu comme le moment où le sort du parti Les Démocrates est scellé, il importe de se remémorer que le parti de Boni Yayi ne constituait pas, à lui seul, l’opposition politique. Le Bloc des partis de l’opposition ayant fait front pour l’audit du fichier électoral n’aura pas fait long feu. Les liens se sont rapidement brisés à l’approche des joûtes électorales et comme à l’accoutumée dans de pareilles circonstances, il s’en est suivi des sorties médiatiques d’explication voire d’accusation. Personne ne voulant assumer cette désolidarisation, le tort devrait être jeté sur quelqu’un. Et le parti Les Démocrates était la cible idéale. Le corollaire est que le parti Les Démocrates a été non seulement écarté des élections communales et présidentielles de 2026 mais s’est surtout retrouvé seul au front lors des électionslégislatives. Les autres partis de l’opposition ont abdiqué. De même, l’épisode de l’annulation du parrainage a également permis de comprendre que le mal était vraiment profond étant donné que Michel Sodjinou ne sera pas seul à démissionner dans la foulée. Six députés de l’opposition rejoignirent la mouvance et se feront réélire pour un nouveau mandat de 07 ans, comme l’avait souhaité l’une des députés démissionnaires du parti Les Démocrates. Pendant ce temps, d’autres grandes figures de l’opposition n’ont pas hésité à apporter leur soutien au candidat de la mouvance. S’il est presqu’impossible de leur faire un procès, le socle de leur engagement au sein de l’opposition politique interpelle cependant. L’opposition était-elle constituée des acteurs qui n’avaient pas pu s’offrir une place au sein de la mouvance ? Ou le peuple avait-il en face des opposants dont le combat et le discours n’ont jamais été sincères ? Autant de questions qui restent toutes posées. En effet, pour plusieurs observateurs de l’actualité politique, il est quasiment incompréhensible que des acteurs politiques qui ont toujours peint en noir la gouvernance de la Rupture, reviennent sur leur position et trouve en ce même mode de gouvernance, l’idéal qu’il faut à présent défendre. Invraisemblable, est-on tenté de dire. Étant donné qu’à aucun moment et de façon officielle, le régime de la Rupture n’a pas annoncé avoir renoncé à sa politique de gouvernance ou encore sa vision, celle que l’opposition a toujours critiqué. Sans vouloir prendre le risque d’être taxé d’oiseau de mauvais augure, on ne saurait en vouloir à tout béninois qui s’estimerait trahi par cette opposition politique. A l’antipode d’une réelle conviction, l’hypocrisie politique était visiblement partie intégrante du supposé combat pour la restauration de la démocratie béninoise. De toute évidence, le statut d’opposant n’a pas manqué d’être bénéfique pour ceux qui se retrouvent aujourd’hui dans les bonnes grâces de la mouvance. Si la vitalité de la démocratie requiert une pluralité d’opinions, il faudra espérer qu’une réelle opposition naisse et contribue au développement harmonieux et inclusif du Bénin.
M.M






