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Quand la fourniture électrique devient une loterie Calavi-Aïfa : chronique de deux journées en plein hachoir électrique

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À Calavi-Aïfa, le quotidien des abonnés au réseau électrique ne relève plus du service public, mais d’un tirage au sort permanent où le citoyen sort systématiquement perdant. Si c’est un rêve, il est urgent de se réveiller, car la réalité de ce que subissent les populations ressemble à un cauchemar éveillé. Les journées du mercredi 18 et jeudi 19 février 2026, ont  marqué un pic dans l’insupportable, plongeant les ménages et les commerces dans une détresse profonde.

Alors que les discours officiels prônent l’autonomie énergétique, la réalité sur le terrain dépeint un tableau bien plus sombre, à  Calavi-Aïfa dans le département de l’Atlantique. Le constat sur le terrain dépasse l’entendement. Dans cette loterie énergétique, la stabilité est une chimère : en l’espace de dix minutes seulement, on peut dénombrer jusqu’à cinq coupures consécutives.  Le rythme des coupures est devenu si erratique qu’il défie toute logique technique. Cette cadence infernale, faite de coupures intempestives et de retours précaires, suit une logique que personne ne maîtrise.

Un black-out qui dure

Les populations assistent, impuissantes, à une valse de l’obscurité qui s’intensifie, les jours sus-cités, aux alentours de minuit voire 1h du matin. Moment où le silence de la nuit est brisé par l’arrêt brutal des ventilateurs et des équipements de conservation. Un arrêt qui embrasse pratiquement toute la journée. Au moment où ces lignes sont écrites (17h), l’électricité coupée aux environs de 1h du matin ce jeudi, n’est toujours qu’un lointain souvenir pour les résidents d’Aïfa. Pas une goutte de courant pour recharger les téléphones, éclairer les foyers ou maintenir les activités économiques à flot. Entre les pertes de denrées périssables et l’insécurité que favorise l’obscurité, le cri de cœur est unanime : il est temps de passer du rêve ou plutôt du cauchemar, à une réalité énergétique stable et respectueuse du citoyen.

Le cimetière des ampoules grillées

Le plus dramatique dans ce jeu de hasard n’est pas seulement l’absence de lumière, mais la violence de ce hachage. La façon dont les coupures se succèdent porte à croire que le système est entre les mains d’un individu dont les décisions dépendraient d’une humeur vacillante. On coupe, on rallume, on recoupe en quelques secondes… Ce flux saccadé est un arrêt de mort pour les équipements. Dans les maisons, les ampoules grillent les unes après les autres, incapables de supporter ces chocs électriques répétés.

Un vendredi dans l’inconnu : Qui pour entendre ce cri ?

Alors que le soleil décline, l’angoisse grandit. Personne ne sait de quoi sera faite la journée du vendredi, ni les jours suivants. Les populations vont-elles encore vivre dans l’attente d’une étincelle qui ne vient pas, ou sous la menace de retours de tension dévastateurs ? L’incertitude est devenue la seule constante.

Face à ce désastre domestique et économique lancinante, des questions demeurent : qui pour entendre le cri de cœur des populations de Calavi-Aïfa ? qui pour mettre fin à cet arbitraire qui ruine les ménages et paralyse la vie sociale ?  Dans cette loterie où le hasard commande à la lumière, le citoyen attend que la voix de la raison s’élève enfin pour briser ce cycle infernal de l’obscurité.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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