En séjour au Bénin dans le cadre d’un programme de développement des ressources humaines pour la consolidation de la paix, le Professeur Shinoda Hideaki de l’Université des langues étrangères de Tokyo a tenu samedi, 15 février 2026, une séance d’échanges avec la communauté estudiantine et les enseignants de l’Université d’Abomey-Calavi. Au terme de la séance et au détour d’un entretien, il a fait savoir qu’il n’existe pas de réponse universelle et standardisée pour la marche vers la paix. Lire son entretien !
- Professeur, quelles ont été les principales motivations qui vous ont poussé à lancer ce séminaire sur la paix ?
Le Japon favorise le développement de ses relations avec les pays africains. Nous, moi y compris en tant que professeur universitaire, cherchons constamment des occasions de communiquer avec des Africains partageant les mêmes centres d’intérêt. Cette fois-ci, j’ai eu le privilège de présenter l’histoire du Japon en mettant particulièrement l’accent sur Hiroshima comme exemple de reconstruction et de promotion de la paix. L’histoire est une source essentielle de la diplomatie pacifiste du Japon. En étudiant l’histoire, nous pouvons comprendre ce que le Japon valorise le plus. En même temps, bien sûr, l’histoire offre de nombreux enseignements pour nos problématiques contemporaines en Asie, voire en Afrique. J’espère qu’en tirant les leçons de l’histoire du Japon, nous pourrons stimuler notre réflexion sur les enjeux actuels de la promotion de la paix.
- Quelles actions concrètes peuvent être entreprises pour renforcer la paix et la stabilité dans le monde ?
C’est exactement le point que nous voulons vraiment discuter avec nos amis au Bénin ou en Afrique. Je ne veux donc pas préjuger de quelconques positions. Dans ma propre présentation, cependant, j’insiste de toute façon sur le fait qu’il y a eu des dirigeants qui aspiraient à construire la paix au Japon et à Hiroshima avec leurs visions. Je veux souligner que les régions, pays et communautés pacifiques sont créés uniquement par les êtres humains. Aucune région, aucun pays ou aucune communauté ne peut se créer automatiquement. Le leadership compte. Il n’existe pas de réponse universelle et standardisée aux questions concernant la construction de la paix. Par conséquent, nous devons être créatifs dans le développement de notre leadership pour la paix et la stabilité dans nos propres régions, pays et communautés.
- Comment les valeurs liées à la paix peuvent-elles être efficacement intégrées dans les programmes des universités béninoises afin de sensibiliser les étudiants à leur rôle dans la construction de la paix ?
Les valeurs doivent être apprises avec une compréhension de leur objectif, de leur importance et même de leurs fonctions. Prêcher des valeurs ne fonctionne pas dans la société, surtout lorsque nous sommes confrontés à des réalités complexes et difficiles. Les dirigeants doivent développer leurs visions de manière créative et analytique. L’analyse de la réalité avec un éclairage historique serait la base du leadership pour la construction de la paix. Les universités doivent fonctionner comme des centres où les personnes peuvent acquérir des compétences analytiques et des connaissances pour développer leurs visions. Cela s’applique également aux questions orientées sur les valeurs.
M.M
