L’investiture de la cinquième mandature des conseils communaux au Bénin a commencé sur l’ensemble du territoire national. Ce processus institutionnel met en lumière une évolution dans la composition des instances dirigeantes, marquée par une augmentation de la présence de jeunes générations au détriment des figures politiques traditionnelles.

Le paysage de la gestion territoriale au Bénin est en pleine mutation. Suite aux résultats des dernières élections communales, les cérémonies officielles de passation de pouvoir et d’installation des conseils communaux et municipaux se déroulent successivement. Cela vise à établir les autorités qui dirigeront ces communes et municipalités jusqu’en 2033. Cette nouvelle phase de l’administration territoriale souligne une stratégie délibérée de renouvellement des cadres au sein des instances décisionnelles, signalant la fin d’un cycle pour de nombreux acteurs historiques de la vie publique locale. Par ailleurs, les désignations internes au sein de ces conseils révèlent une tendance marquée au retrait, parfois contraint par la dynamique partisane, de l’ancienne classe politique. Ainsi, le passage de témoin se fait en faveur de citoyens plus jeunes, accédant pour la première fois à des postes de responsabilité avec des prérogatives élargies. Ce mouvement transforme radicalement la composition des exécutifs de ces communes et municipalités, où l’expérience souvent critiquée des anciens cède désormais la place à la vigueur et aux nouvelles approches de cette tranche de la population. Cette dynamique de changement est particulièrement visible dans plusieurs localités stratégiques et symboliques du pays. À Parakou, métropole du Nord, ainsi qu’à Bantè ou Sèmè-Podji, les choix des maires confirment cette tendance vers un rajeunissement des effectifs dirigeants. Le constat est similaire dans la ville historique d’Abomey ou à Toucountouna. Dans la commune de Djidja, cette volonté de promotion se manifeste même dans les postes d’adjoints, où le premier adjoint au maire incarne cette nouvelle génération de cadres déterminés à apporter un nouveau souffle à la gestion de leur territoire. Les partis de la mouvance présidentielle soutiennent cette transformation en concrétisant une prime à la jeunesse. En plaçant ces profils à la tête des mairies, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR) traduisent en actes leur volonté de réformer les structures de pouvoir local, répondant ainsi à une demande sociale de renouvellement. Tout laisse à penser que ce choix, loin d’être anodin, témoigne d’une volonté de préparer une nouvelle génération de dirigeants capables d’assurer la continuité des réformes à long terme. Bien que ce phénomène ne soit pas encore totalement homogène sur l’ensemble du territoire national, certaines régions restant plus conservatrices dans leurs choix de leadership, il représente un point de départ significatif pour l’intégration de cette catégorie sociale dans la gestion active des affaires de l’État. L’implication de ces nouveaux acteurs dans le processus décisionnel constitue une étape majeure dans l’évolution du modèle de décentralisation au Bénin.

Une révolution, des défis

La durabilité de cet élan révolutionnaire dépendra principalement de la capacité des nouveaux élus à concrétiser leurs promesses. En accédant à ces postes de haute responsabilité pour une durée de sept ans, la jeunesse se voit confier une mission qui va au-delà de la simple gestion administrative. Elle incarne désormais tout l’espoir d’une population qui aspire à une gouvernance plus moderne, plus transparente et plus en phase avec les réalités du terrain. L’enjeu pour ces nouveaux maires et adjoints sera de prouver que leur arrivée au pouvoir n’est pas seulement une question d’âge, mais bien une promesse de performance. Le succès de cette transition repose sur l’exercice quotidien du pouvoir par ces responsables, dont les résultats détermineront si ce mouvement de renouvellement politique restera une exception ou s’il deviendra la norme de la vie démocratique béninoise.

Les villes à statut particulier

Au nombre de 4, toutes les villes à statut particulier connaissent de nouveaux visages depuis hier, dimanche 15 février 2026. A Cotonou, c’est l’urbaniste Luc Gnacadja qui prend la tête du Conseil municipal. A Porto-Novo, Toukourou Rachad Rachad est désigné maire. A Abomey-Calavi, Nathanaël Koty prend les rênes de l’exécutif communal, tandis qu’à Parakou, le jeune Zul-kifly Zakarie est désigné maire.

J.G

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