Au-delà des simples plans de ville, le gouvernement béninois a décidé de redonner du sens à nos espaces publics. La création de la Commission nationale de la toponymie et de la mémoire, par décret N°2025-730 du 3 décembre 2025, présidée par Pascal Irénée Koupaki, marque une étape clé pour que nos rues racontent enfin notre propre histoire.

La nomination de Pascal Irénée Koupaki, Ministre d’État et Secrétaire général de la Présidence, à la tête de cette commission souligne le caractère hautement stratégique du projet. Il ne s’agit plus seulement de répertorier des rues ou de numéroter des parcelles, mais de redéfinir la manière dont le Bénin se présente à lui-même et au monde. Le message est clair : nommer nos places et nos chemins n’est pas qu’une affaire de géographie. C’est un projet de cœur et d’identité qui touche au quotidien de chaque citoyen.

Retrouver nos racines au coin de la rue

L’enjeu premier est celui de la décolonisation de l’espace public. Pendant des décennies, de nombreuses artères et places à travers le pays ont conservé des appellations héritées de la période coloniale. De nombreuses rues sont restées anonymes, désignées par de simples numéros. Aujourd’hui, l’objectif est de changer de regard sur notre environnement.

Il s’agit de remplacer ces appellations froides ou lointaines par les noms de nos héros, de nos artistes et de ceux qui ont bâti la dignité de notre pays. C’est une manière de reprendre possession de notre espace : nos quartiers ne sont plus seulement des lieux de passage, ils deviennent les témoins de notre héritage.

Une école à ciel ouvert pour la jeunesse

Imaginez un enfant qui, en marchant vers l’école, lève les yeux et lit le nom d’une reine guerrière ou d’un grand savant de notre terre. Sans même s’en rendre compte, il apprend son histoire. Cette initiative transforme donc nos villes en de véritables manuels d’histoire à ciel ouvert. Elle permet aux jeunes générations de grandir avec des repères qui leur ressemblent, renforçant ainsi la fierté de savoir d’où l’on vient pour mieux choisir où l’on va.

Habiter la « Rue du Roi Béhanzin » ou traverser la « Place des Amazones », par exemple, participe à une construction identitaire forte, où l’histoire n’est plus confinée aux livres scolaires mais intégrée au cadre de vie.

Un atout pour inviter le monde chez nous

Cette réorganisation est aussi une formidable opportunité pour le tourisme. Le visiteur qui arrive au Bénin ne cherche pas seulement des routes, il cherche une âme. Une rue bien nommée est une invitation au voyage. Elle donne envie de s’arrêter et de comprendre le récit qui se cache derrière chaque plaque. Pour le visiteur étranger, la signalétique urbaine devient le point de départ d’un « storytelling » immersif. Le touriste déambule à travers les siècles de l’histoire béninoise.

En structurant ainsi nos noms de lieux, nous créons des parcours qui guident les touristes au cœur de la culture béninoise, faisant de chaque promenade une expérience riche en découvertes. En mettant en lumière ses héros et ses sites historiques, le Bénin renforce sa position de destination phare du tourisme de mémoire en Afrique de l’Ouest. En résumé, cette commission prépare un Bénin où chaque adresse devient un hommage à notre culture, faisant de la mémoire un moteur vivant de notre développement.

De Place des Martyrs à Place du Souvenir, un signe avant coureur

Cette dynamique de réappropriation de l’espace public ne date pas d’hier, elle a trouvé une impulsion marquante avec le geste symbolique du président Patrice Talon lors du renommage de la Place des Martyrs en Place du Souvenir. En redonnant vie à ce lieu emblématique, le chef de l’État a montré que changer un nom, c’est avant tout changer le regard que nous portons sur nous-mêmes : passer d’une mémoire de la douleur à une célébration de l’héroïsme national.

Aujourd’hui, avec la nouvelle commission menée par Pascal Irénée Koupaki, cette vision s’étend à tout le pays pour que chaque rue et chaque place devienne, à l’image de ce sanctuaire de Cotonou, un repère de fierté et un atout précieux pour le rayonnement culturel et touristique du Bénin.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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