(La plupart des personnes épileptiques peuvent exercer un métier et gagner leur vie)
La Journée internationale de l’épilepsie, célébrée lundi 9 février 2026, met en lumière une réalité souvent ignorée : 50 millions de personnes vivent avec cette affection neurologique chronique à travers le globe. Au-delà des chiffres, cette journée vise à briser les tabous séculaires et à transformer la prise en charge des patients.
Pathologie aux multiples visages, l’épilepsie est une maladie du cerveau qui provoque des crises. Ces crises arrivent quand le cerveau envoie des signaux électriques anormaux. Et, il en existe plusieurs types, c’est pourquoi on parle souvent « des épilepsies ».Si les crises généralisées avec convulsions sont les plus connues, les causes sont diverses et peuvent survenir à tout âge : un coup à la tête, un problème à la naissance, un Accident vasculaire cérébral (Avc), une infection comme la méningite. Parfois, dans environ 50 % des cas mondiaux, l’origine exacte demeure toutefois inconnue.
2026 : L’urgence de réduire les inégalités
Le constat pour cette année 2026 reste marqué par une profonde injustice géographique. Près de 80 % des personnes touchées vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Dans ces régions, les trois quarts des patients n’ont pas accès aux médicaments essentiels. Pourtant, la science est formelle : avec un diagnostic correct et un traitement approprié, 70 % des personnes épileptiques pourraient vivre sans aucune crise. Cette absence de soins a des conséquences dramatiques. Le risque de décès prématuré est trois fois plus élevé chez les personnes atteintes, souvent à cause d’accidents domestiques (chutes, noyades, brûlures) qui auraient pu être évités par une meilleure stabilisation de la maladie.
L’impact social et psychologique
En France, où l’on dénombre environ 700 000 patients, la stigmatisation reste un obstacle majeur à l’épanouissement. La peur du regard de l’autre alimente souvent l’anxiété et la dépression. L’édition 2026 de la Journée internationale insiste sur l’inclusion scolaire et professionnelle.
Au Bénin, environ 8 personnes sur 1 000 vivent avec cette maladie, selon les données du Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles (Pnlmnt). Malgré cela, beaucoup de Béninois ne connaissent pas bien cette maladie et ont encore des idées fausses à son sujet. Des études montrent que : plus de la moitié des Béninois pensent que l’épilepsie est contagieuse (c’est faux !) ; beaucoup croient que c’est dû à la sorcellerie ou à un envoûtement (c’est faux !). Seulement 6 personnes sur 100 ont de vraies connaissances sur cette maladie, d’après le Pnlmnt. A savoir que l’épilepsie est une maladie du cerveau qu’on peut soigner avec des médicaments. Elle ne se transmet pas d’une personne à l’autre. Et, ce n’est ni de la sorcellerie ni une punition. Ces fausses croyances font beaucoup de mal aux personnes qui ont l’épilepsie. Elles ont du mal à aller à l’école, à trouver du travail, à se marier ou simplement à vivre normalement dans la société.
La bonne nouvelle : l’épilepsie se soigne ! Presque 95% des personnes épileptiques au Bénin reçoivent un traitement. Avec les bons médicaments et un suivi régulier, beaucoup de personnes n’ont plus de crises ou en ont beaucoup moins. Avoir l’épilepsie ne veut pas dire qu’on ne peut pas travailler ! Avec un bon traitement et un suivi médical régulier, la plupart des personnes épileptiques peuvent exercer un métier et gagner leur vie.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE