A l’approche de Seafood4Africa 2026, prévu du 4 au 6 février à Dakhla, Docteur Amadou Tall, consultant international en Pêche et Aquaculture met en lumière une dimension souvent moins visible mais essentielle de l’économie bleue : « l’implication des acteurs de la société civile dans la gestion durable des ressources marines ». Associations professionnelles, coopératives de pêcheurs, chercheurs et organisations communautaires seront au cœur de cette édition, qui ambitionne de concilier croissance économique, équité sociale et préservation des écosystèmes halieutiques africains.
Pour le Docteur Tall, le choix de Dakhla ne repose pas uniquement sur ses atouts économiques. « Dakhla s’affirme comme un hub émergent de l’économie bleue africaine, mais aussi comme un territoire d’expérimentation en matière de durabilité », souligne-t-il. La ville, située au carrefour du Maroc et de l’Afrique subsaharienne, bénéficie d’infrastructures modernes et d’un port atlantique structurant, tout en développant des mécanismes de gestion plus responsables des ressources marines. Ce positionnement en fait un espace propice à l’implication des acteurs locaux, pêcheurs artisanaux, coopératives, ONG environnementales, dans la gouvernance des filières halieutiques.
La société civile au cœur des retombées attendues
Au-delà des impacts économiques, Seafood4Africa 2026 entend renforcer le rôle de la société civile dans la structuration du secteur. « Au niveau local, moderniser les halles aux poissons et renforcer l’emploi via le Centre de Qualification Maritime, c’est aussi valoriser le savoir-faire des communautés de pêche », explique le Docteur Tall. A l’échelle régionale, les projets aquacoles développés sur plus de 3 600 hectares dans les baies de Dakhla et de Cintra sont pensés comme des modèles inclusifs, associant formation, emploi local et respect des écosystèmes. Sur le plan continental, la mise en réseau des organisations professionnelles africaines contribue à une meilleure gestion des stocks marins partagés, enjeu central pour la sécurité alimentaire du continent.
Durabilité et responsabilité, messages clés du forum
« L’avenir de l’Afrique est bleu : produisons durablement, mangeons local », rappelle le Docteur Tall. Ce message s’adresse autant aux décideurs qu’aux citoyens. Seafood4Africa 2026 mettra l’accent sur les pratiques de pêche responsables, la lutte contre la surexploitation et la transformation locale des produits de la mer, afin de préserver les ressources pour les générations futures. Le forum ambitionne également de favoriser le dialogue entre scientifiques, acteurs de terrain et pouvoirs publics, afin d’ancrer les décisions économiques dans des données environnementales fiables et partagées.
Une mobilisation collective pour une économie bleue inclusive
Pour le Docteur Tall, Seafood4Africa est avant tout « une plateforme de mobilisation collective ». En réunissant institutions, secteur privé, organisations de la société civile et partenaires africains, l’événement crée les conditions d’une économie bleue plus équitable et durable. Les investissements encouragés ne se limitent pas aux infrastructures, mais intègrent des critères sociaux et environnementaux, essentiels à la résilience des filières halieutiques africaines. ADakhla, Seafood4Africa 2026 entend ainsi démontrer qu’une économie bleue durable ne peut se construire sans les femmes et les hommes qui vivent de la mer et la protègent au quotidien.
M.M.





