Pendant trois jours, du 21 au 23 janvier derniers, la Bibliothèque Bénin Excellence de Godomey s’est imposée comme un véritable carrefour de réflexion et de transmission des savoirs autour des métiers du livre. En présentiel et à distance, près de soixante professionnels ouest-africains francophones de la chaîne du livre ont pris part à la deuxième session de formation hybride du projet Colibri Littéraire, porté par l’Ong « Ecrivains Humanistes du Bénin » avec l’appui de l’Oif dans le cadre du dispositif Force-Formation et renforcement de compétences en édition.

Dans une atmosphère studieuse, marquée par la diversité des profils et des expériences, cette session s’inscrivait dans la continuité d’un processus engagé depuis octobre 2025. L’objectif demeure inchangé notamment renforcer les capacités des acteurs du livre afin de leur permettre de mieux appréhender les mutations profondes qui transforment leur secteur. « Après avoir revisité les métiers de la chaîne du livre lors de la première session, il était essentiel d’aborder les enjeux structurants actuels », a expliqué Dr Catira Dodo, chargé de formation du projet Colibri Littéraire. Les travaux ont ainsi porté sur trois axes majeurs : le droit d’auteur, l’intelligence artificielle appliquée aux métiers du livre, et les stratégies commerciales fondées sur des partenariats équilibrés. Pour conduire ces réflexions, l’Ong a mobilisé un collège de spécialistes reconnus. Dr Eugène Aballo, directeur du Bureau béninois du droit d’auteur (Bubedra), a insisté sur la nécessité d’une meilleure appropriation des mécanismes de protection des œuvres, à l’heure où le numérique redéfinit les modes de création et de diffusion. Dr Koubouratou Idjaton, docteure en intelligence artificielle, a pour sa part, ouvert des perspectives nouvelles sur l’usage de l’IA, entre opportunités d’innovation et impératifs éthiques. Quant à Adèle Kiema, diffuseure et promotrice littéraire nigérienne, elle a partagé son expérience du terrain, mettant l’accent sur la structuration des circuits de diffusion et la recherche de partenariats gagnant-gagnant.

Au fil des échanges, les participants ont mesuré l’ampleur des transformations à l’œuvre. Certains ont exprimé la sensation d’un décalage entre l’évolution rapide du secteur et leurs pratiques quotidiennes. « Nous découvrons que nos métiers ont évolué plus vite que nous », a confié Epiphane Dossa, participant à la formation. « Les modules sur l’intelligence artificielle et le droit d’auteur ont été particulièrement révélateurs. Il reste encore beaucoup à apprendre. » Ce constat a nourri un appel quasi unanime en faveur de la poursuite et de l’approfondissement de telles initiatives. Une attente entendue par les formateurs. « Nous avons déjà échangé avec les responsables de l’Ong et nous étudierons les modalités pour aller plus loin », a assuré Dr Eugène Aballo.

Soutenu par l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), le projet Colibri Littéraire confirme ainsi sa vocation ; celle d’accompagner la professionnalisation de la chaîne du livre ouest-africaine et contribuer à son adaptation durable aux enjeux contemporains.

M.M.

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