Entre le 22 et le 24 janvier 2026, l’annonce du retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) a marqué la fin d’une ère. Ce calendrier de sortie, loin d’être une simple formalité administrative, est le point d’orgue des tensions nées de la gestion de la pandémie de Covid-19.
Le processus s’est accéléré brutalement. Le 22 janvier 2026, l’administration américaine, par les voix de Marco Rubio et Robert F. Kennedy Jr., a notifié officiellement son intention de quitter l’agence onusienne. Les griefs : les États-Unis accusent l’Oms d’avoir « humilié et piétiné » leur souveraineté durant la crise sanitaire. Dès le 24 janvier, l’Oms a répliqué par une déclaration officielle. L’Organisation ne se contente pas de regretter ce départ ; elle souligne un obstacle juridique majeur. Pour que ce retrait soit valide selon les statuts de 1948, Washington doit s’acquitter de ses arriérés financiers, estimés à environ 260 millions de dollars. Ce bras de fer financier et diplomatique place la santé mondiale dans une zone de turbulences inédite.
Le procès de la gestion Covid comme moteur du retrait
Le traumatisme de l’après-Covid est le véritable moteur de cette séparation. Pour Washington, le calendrier de retrait est une réponse politique aux mesures jugées intrusives de 2020-2022. L’administration américaine actuelle voit dans l’Oms une bureaucratie influençable, incapable de demander des comptes à la Chine sur les origines du virus à Wuhan. À l’inverse, l’Oms défend son bilan. Elle rappelle qu’elle n’a jamais imposé de confinements ni de vaccinations obligatoires, mais a agi comme une boussole technique dans un océan d’incertitudes. Pour l’agence de Genève, le départ américain intervient au pire moment : alors que les États membres finalisent l’Accord sur les pandémies, un texte censé corriger les failles de 2020 pour éviter qu’une telle catastrophe ne se répète.
De même, le risque n’est pas seulement budgétaire, il est opérationnel : sans le contrepoids américain, la gouvernance de la santé mondiale risque de basculer vers un modèle dicté par de nouvelles puissances. Aussi, l’Oms prévoit déjà une réduction drastique de ses programmes de lutte contre la poliomyélite et le paludisme en Afrique, des secteurs où le financement et l’expertise américains étaient le pilier central.
Ainsi, l’après-Covid se dessine désormais sous le signe du fractionnement. Là où la science appelait à plus de coopération, la politique a choisi la fragmentation. Le retrait des États-Unis marque peut-être le début d’une ère où chaque nation gérera ses alliances sanitaires au gré de ses intérêts géopolitiques, au risque de laisser les populations les plus vulnérables sans protection globale.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE