Le vendredi janvier 2026, le Pac a organisé une cérémonie sur la plage de l’ex-hôtel Plm Alédjo, où 561 bébés tortues marines et une tortue adulte ont été relâchés. Cet événement, en collaboration avec la Direction Générale des Eaux, Forêts et Chasses (Dgefc), l’Ong Amshart et divers partenaires étatiques, s’inscrit dans le cadre du plan de gestion de la biodiversité portuaire.
La protection de la biodiversité marine a fait un pas significatif à Cotonou avec le retour à la mer de centaines de tortues marines, résultat d’un suivi scientifique rigoureux débuté en mai 2025. L’initiative a pour but de sensibiliser les acteurs maritimes et les pêcheurs à la préservation des espèces protégées et de l’écosystème côtier béninois. Cette action découle d’un travail inédit réalisé par l’équipe du Port en collaboration avec plusieurs organismes étatiques dédiés à la protection de l’environnement. Grâce à ce travail de terrain, soutenu par des partenaires, 2 862 œufs ont été sécurisés avec un taux d’éclosion de 88,48 %. Lors de son discours, le représentant de l’Ong Amshart a souligné l’importance du travail nocturne des bénévoles : « Ce sont les éco-gardes qui se dévouent. Ils collectent les œufs et recherchent les tortues », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur la nécessité de changer les comportements face aux tortues en ponte. « Ne les prenez pas. Laissez-les pondre. Observez-les. C’est un spectacle magnifique », a-t-il ajouté. L’enjeu va au-delà de la simple observation, car la survie de ces espèces est essentielle pour l’équilibre de l’océan. Le capitaine major de la Dgefc a été clair sur les conséquences d’une éventuelle extinction. Selon lui, si les tortues marines disparaissent, il n’y aura plus d’eau, plus de poissons, et donc plus de nourriture pour les pêcheurs et pour l’humanité. Cette vision est partagée par la préfecture maritime, dont le représentant a souligné que protéger ces bébés tortues aujourd’hui, c’est préserver la biodiversité, éduquer nos enfants et garantir un avenir meilleur pour nos côtes. L’Agence Béninoise pour l’environnement (Abe) a salué l’intégration de ces mesures dans les grands projets d’infrastructure, notant que le port développe de nombreux projets pour améliorer ses infrastructures tout en pensant à la sauvegarde de la biodiversité. Le Directeur Général du Port, Bart Van Eenoo, a conclu les discours en rappelant que l’autorité portuaire a un contrat tacite avec la mer, celui de la respecter et de la protéger. Il a défini les tortues comme de véritables indicateurs de la santé de nos côtes, avant de lancer un appel à la vigilance collective contre la pollution plastique et le braconnage. « J’appelle chaque acteur de la plateforme portuaire et chaque citoyen à devenir un gardien de notre océan », a-t-il insisté. La cérémonie s’est terminée par le lâcher symbolique des juvéniles, symbolisant l’engagement de la plateforme portuaire vers un modèle de coexistence durable entre l’activité humaine et la nature.
