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Sans mandat électif et face à la trêve politique: Les Démocrates : l’heure de la résilience

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(Risque de transhumance en cascade)

Exclu de l’Assemblée nationale, des mairies et de la Marina pour un cycle de sept ans, le parti Les Démocrates fait face à un défi de survie inédit. Au-delà de son absence institutionnelle, la formation est désormais contrainte par la « trêve politique » instaurée par la nouvelle Constitution, qui gèle toute compétition électorale pour les six prochaines années. Entre risque de délitement interne, démobilisation des cadres et silence médiatique imposé, l’opposition béninoise entre dans une zone de turbulences où sa capacité de résilience sera testée jusqu’en 2033.

L’échiquier politique béninois vient à nouveau de subir une reconfiguration radicale qui place le parti Les Démocrates dans une impasse structurelle majeure. Après son échec aux législatives de janvier 2026 et l’invalidation de ses dossiers pour les scrutins communaux et présidentiels, la plus grande formation politique de l’opposition se voit éjectée de tous les organes de décision. Cette absence totale de relais institutionnels est aggravée par une disposition clé de la nouvelle Constitution : la « trêve politique ». Ce mécanisme, officiellement conçu pour apaiser le climat social et concentrer les énergies sur le développement, interdit toute activité politique visant à être compétitive jusqu’à l’année précédant les prochains scrutins. Pour Les Démocrates, déjà privés de tribunes parlementaires et de ressources publiques, cette mesure agit comme un étau, les condamnant à une invisibilité quasi totale pendant les six prochaines années. Ce contexte de silence forcé est loin d’arranger les affaires internes du parti. En l’absence d’échéances électorales proches et de mandats à exercer, le maintien de la discipline de groupe devient une mission périlleuse pour la direction. Sans perspectives de pouvoir avant 2033, le risque de transhumance des cadres vers les blocs de la mouvance présidentielle est réel. Autrement, les responsables du parti, privés de leviers d’action et de visibilité, pourraient être tentés de rejoindre les rangs du pouvoir pour continuer d’exister politiquement et bénéficier des ressources de l’État. La cohésion interne, déjà fragilisée par les échecs et démissions récentes, est mise à rude épreuve par une base militante qui, sans enjeux de mobilisation immédiate, sombre dans une démobilisation naturelle. Le parti risque ainsi de se transformer en une structure déshabituée, conservant son sigle mais perdant sa substance humaine et stratégique. Face à cet enlisement, le sort de la formation d’opposition reste en suspens : résistance ou disparition ? La survie des Démocrates dépendra de leur capacité à inventer une nouvelle forme d’existence politique hors des périodes de campagne. Toutefois, la rigidité de la trêve constitutionnelle limite drastiquement les marges de manœuvre. Si le parti ne parvient pas à transformer ce temps mort en une période de refondation profonde, il s’expose à un effacement progressif. Dans un système où les mandats ont été rallongés et où les voix dissidentes n’ont plus de siège pour s’exprimer, le risque est grand de voir la principale force d’opposition s’étioler, au point de ne plus représenter qu’une ombre lointaine lors du retour à la compétition politique en 2032. Pour Les Démocrates, le défi n’est plus seulement de s’opposer, mais de prouver qu’ils peuvent simplement continuer d’exister.

J.G

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