Pendant longtemps, le médicament de rue a été toléré comme un « mal nécessaire ». Mais depuis 2016, le régime du Président Patrice Talon a brisé ce contrat social mortel. En exposant l’ampleur du trafic, l’État ne se contente plus de réprimer : il met la population face à ses responsabilités.
Par la voix du Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique (Cs-Ssp), le gouvernement a dressé le bilan de ses missions de l’année dernière en ce début d’année 2026. Au-delà des chiffres, c’est une véritable opération de vérité publique qui s’opère sous nos yeux. Il convient de saluer ici le mérite d’un exécutif qui a su révéler aux Béninois la face cachée d’un iceberg qui, pendant des décennies, a menacé la santé des populations dans une indifférence presque totale. En effet, pendant longtemps, le médicament de rue a été toléré comme un mal nécessaire ou une solution de proximité pour les plus démunis. Mais sous l’impulsion déterminée du Président Patrice Talon, ce contrat social mortel a été brisé par une volonté politique rare en exposant l’ampleur du trafic.
Plus de 250 tonnes de produits saisies en 2025
L’un des piliers de cette lutte exemplaire est de déconstruire définitivement le mythe du médicament moins cher, une illusion que le volume massif des saisies vient confirmer. Plus de 250 tonnes de produits saisies en 2025. L’analyse des autorités est implacable puisque le bas prix payé sur un étal de marché n’est qu’une illusion financière dévastatrice. La face cachée de cette économie de façade se traduit par des coûts indirects exorbitants que les familles découvrent souvent trop tard. On parle ici de frais de dialyse pour insuffisance rénale, de traitements d’urgence pour intoxications graves ou, dans les cas les plus tragiques, de deuils prématurés. En assainissant donc le secteur avec une main de fer, le gouvernement garantit l’efficacité du traitement et protège le portefeuille des ménages sur le long terme. Le médicament licite doit désormais être perçu comme un investissement pour la vie, tandis que le faux reste une dépense à fonds perdu qui mène irrémédiablement au cimetière.
La sensibilisation, indispensable complément des saisies records
Le gouvernement a eu le mérite historique de montrer que le vendeur du quartier n’est que le dernier maillon de réseaux criminels internationaux aux ramifications complexes. En exposant ces mécanismes sombres, le pouvoir public transforme l’ignorance collective en une vigilance nécessaire. Cependant, la répression seule, aussi efficace soit-elle, ne pourra suffire à éradiquer totalement ce fléau si elle n’est pas relayée par une offensive dans la sensibilisation.
Le succès des années à venir dépendra de la capacité de l’État à désarmer psychologiquement l’acheteur final. Il faut désormais passer de la simple peur du gendarme à une conscience profonde et intime du danger encouru à chaque pilule avalée hors circuit. La sensibilisation doit devenir le fer de lance de cette seconde phase de la réforme. Elle doit marteler qu’une molécule exposée au soleil ou mal conservée perd ses propriétés curatives pour devenir un poison, même si l’emballage semble authentique. Chaque Béninois doit devenir le premier inspecteur de sa propre santé en refusant systématiquement de s’approvisionner hors des pharmacies autorisées.
En effet, en révélant avec courage la face cachée de l’iceberg, le Président Patrice Talon a imposé une vérité nécessaire pour la survie de la Nation béninoise. Mais pour que cet iceberg fonde définitivement, le bâton de la loi doit impérativement être soutenu par le flambeau d’une sensibilisation permanente et de proximité. La lutte contre les faux médicaments n’est plus une simple opération de police, c’est l’acte de naissance d’un nouveau contrat de confiance où chaque citoyen, éclairé par l’action gouvernementale, choisit la sécurité de la science plutôt que le miroir aux alouettes de la rue. L’éducation au risque doit entrer dans les foyers, les églises, les mosquées et les écoles. Comme l’indique le Cs-Ssp, le combat sera gagné quand le client refusera de lui-même de s’approvisionner hors des pharmacies. En réalité, une boîte de faux antipaludéens à 500 F Cfa peut conduire à une hospitalisation de 500 000 F Cfa.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE





