(Le ras-le-bol des étudiants résidents)

Les résidences universitaires sont des cadres où les étudiants sont amenés à trouver du confort pour une bonne réussite éducationnelle. Ainsi, leur santé et leur sécurité sont d’autant plus garanties. Cependant, depuis trois semaines, un mal persiste toujours dans les résidences de l’Université de Parakou (Up). Il s’agit des résidences universitaires qui sont désormais sans entretien.

Les agents de nettoyage qui sont habituellement chargés de nettoyer l’ensemble de ces locaux ont totalement disparu des radars. Ce lundi 04 janvier 2026, jour de reprise des classes, marque le début du travail après deux semaines de vacances, il sonnait déjà 10h à l’horloge. Dilane, étudiant en première année de Sciences Politiques et Relations Internationales, espérait toujours la dame qui nettoie son palier. À sa grande surprise, madame n’était pas là et ce durant toute la journée. Une absence qui, de jour en jour, était répétitive, éteignant toute lueur d’espoir en ce dernier.

Comme il est de coutume, déjà à 07h, les agents de nettoyage démarraient déjà leurs jobs et ce, tous les jours ouvrables de la semaine. Face à cette absence prolongée, les étudiants ont brisé leur silence après deux semaines d’attente sans solution de la part des autorités.

Selon Abdoul A., étudiant en deuxième année de sociologie et résident à Mohamed VI, les problèmes étaient assez «en plus du non-entretien des résidences, on est encore confronté au problème d’absence d’eau et cela fait beaucoup de problèmes à la fois. Tout est sale, il faudrait qu’il y ait de l’eau pour qu’on puisse se mobiliser entre nous pour nettoyer les résidences ne serait-ce qu’une fois par semaine, le temps que les agents ne reprennent service».

D’un autre côté, Franck M., un résident du bâtiment F, a confié : « Moi, j’étais rentré chez les parents pour les fêtes de fin d’année, mais à mon retour, j’ai vu que tout était sale, les douches abandonnées dans la saleté, les couloirs chargés de poussière et je m’attendais à ce que les agents viennent effectuer le nettoyage, mais malheureusement, ce n’était pas le cas durant toute la semaine. ». Fidèle B., étudiant à l’Institut de Formation en Soins Infirmiers et Obstétricaux, a expliqué : « Si vous rentrez dans les douches, c’est pas la joie, les Wc sont très sales, les buanderies bouchées avec des déchets, d’autres remplis de résidus d’aliments et je me demande même comment les filles des résidents BADEA A se débrouillent avec cette saleté ».

Par ailleurs, se hasarder à prendre par certains recoins du bâtiment était un suicide, aller dans les douches et latrines était un calvaire à cause de la puanteur qui battait son plein dans ces endroits-là. En effet, certaines douches, buanderies et même les escaliers sont pleins de déchets, dégageant des odeurs désagréables, ce qui témoigne d’un manque d’entretien.

Et dans le même temps, où le personnel d’entretien ne répondait pas présent, il y avait des résidents qui jetaient des ordures aux alentours où dans les buanderies, brisant l’éclat de l’atmosphère de ces lieux. De plus, certains endroits comme les murs des couloirs étaient guirlandés par les toiles d’araignée, faisant la promotion du clan des insectes, aussi les poubelles bourrées d’ordures en disent long.

Bien que ce problème suscitât des polémiques de part et d’autre dans le rang des résidents, d’autres, par contre, n’étaient pas du tout gênés. Certains résidents n’arrivaient pas à se mobiliser pour prendre en charge le nettoyage, chacun se contentant de maintenir propre son espace personnel, sans prendre en compte l’ensemble du bâtiment.

Urbain K., étudiant en troisième année des Lettres Modernes et résident dans les anciennes résidences, a souligné : « Vu l’état désastreux du bâtiment, j’ai demandé à mes amis qu’on se mobilise pour nettoyer en attendant le retour des agents de nettoyage. Certains ont répondu par la négative, soit disant qu’une telle tâche ne relevait pas de leur responsabilité.». Bellvie, une étudiante en troisième année des études anglophones, a insisté : « Il serait important pour nous, résidents, de comprendre les raisons de cette situation et de trouver une solution pour rétablir la propreté dans nos résidences respectives. Nous pourrions nous mobiliser pour faire le nettoyage suivant une fréquence qui nous arrange, en attendant que les autorités ne trouvent de solution ».

Mariam, une étudiante à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion et résidente du Bâtiment B, a précisé : « Dans notre bâtiment, nous sommes des filles et, en tant que telles, il est de notre devoir d’entretenir notre cadre de vie. Ainsi, comme d’habitude, chaque week-end, on se concerte pour nettoyer la résidence, d’autant que le personnel n’est pas présent ces jours-là. Et vu l’absence prolongée des agents, nous avons décidé de faire une nouvelle programmation pour inclure le nettoyage les jours ouvrables. » Quant à Romain Tovi, il a ajouté : « Dans notre bâtiment, on s’est entendu, vu que l’absence des agents était répétitive, on a décidé de se réunir et de nettoyer, parce que cela est en jeu avec notre santé à tous. »

Aussi, un agent de nettoyage a révélé : « Nous, on ne vient plus parce que la direction nous a demandé de prendre une pause pour le moment, le temps que le contrat ne soit à nouveau signé, et j’espère vivement que par la grâce de Dieu, nous reprendrons service bientôt. » À y voir de près, le véritable motif de l’absence des agents remarquée sur le terrain est dû à l’expiration du contrat du prestataire.

Ainsi, confrontés à cette difficulté qui remet en cause leur côté sanitaire, les résidents lancent un cri de détresse à l’endroit des autorités compétentes du Centre des Œuvres Universitaires et Sociales de Parakou pour qu’ils puissent régler le plus tôt possible ces problèmes en résidence afin de créer de meilleures conditions d’apprentissage.

Face à la persistance du problème, les membres du bureau du Comité de Gestion des Résidences (Cgr), lors d’une descente effectuée ce vendredi 16 janvier 2026, dans les différentes résidences, ont rassuré les résidents sur la résolution du problème. Les autorités compétentes en la matière, à leur tour, n’ont pas manqué de rasséréner cette agitation observée chez les locataires : « Les dispositions sont déjà prises pour pallier ce problème d’entretien et, d’ici le lundi, les agents reprendront fonction. »

Toutefois, le non-entretien des résidences universitaires par les agents peut avoir moults répercussions aussi bien sur la santé des étudiants, sur leur vie académique ainsi que sur la crédibilité de l’université. Voici quelques-unes des conséquences possibles :

  • Les problèmes de santé : la propagation de maladies infectieuses telles que la grippe, la tuberculose, et bien d’autres ; les allergies et asthme dus à la poussière et aux moisissures ; les infections cutanées et oculaires dues à la saleté et aux bactéries.
  • L’impact sur la vie académique : l’absentéisme et le retard dans les études en raison de maladies ; les difficultés à se concentrer et à étudier dans un environnement sale et insalubre ; le stress et l’anxiété dus à la situation.
  • Répercussions sur l’université : la dégradation de l’image de l’université ; la perte de confiance des étudiants et des parents.

Conscient des dégâts que peut engendrer ce défi auquel sont confrontés les universitaires, en particulier les résidents, de nombreuses solutions peuvent être envisagées. Pour résoudre ce problème, voici quelques solutions possibles :

  • Renouvellement anticipé des contrats : mettre en place des dispositions nécessaires pour le renouvellement des contrats du prestataire avant expiration.
  • Sensibilisation des étudiants : les étudiants devraient être sensibilisés à l’importance de la propreté et à leur rôle dans le maintien de la propreté des résidences universitaires.
  • Création d’un comité de suivi : un comité de suivi devrait être créé pour surveiller la situation et prendre des mesures pour améliorer la propreté des résidences universitaires.
  • Allocation de ressources suffisantes : l’université devrait allouer des ressources suffisantes pour le nettoyage des résidences universitaires.

En mettant en œuvre ces solutions, l’université peut améliorer la santé et la vie académique des étudiants et créer un environnement propice à l’apprentissage.

Kouassi Oswald SIDOL (Stg)

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