(Le poison en héritage…)
Une opération de la Police républicaine au grand marché de Porto-Novo a mis en lumière un réseau de faux médicaments où le savoir-faire commercial se transmet de mère en fille au détriment de la vie des citoyens…
Le grand marché de Porto-Novo a été le théâtre d’une intervention décisive menée par les éléments du commissariat du premier arrondissement. Suite à des renseignements minutieusement exploités, les forces de l’ordre ont démantelé un point de vente de produits pharmaceutiques falsifiés, révélant une organisation aux racines profondément familiales.
Un héritage empoisonné
L’aspect le plus troublant de cette affaire réside dans la structure même du réseau. Deux jeunes femmes ont été interpellées devant leurs boutiques respectives. Lors de leurs interrogatoires, elles ont affirmé que les produits appartenaient à leur mère. Cette situation illustre une dérive sociologique majeure : la transformation du trafic de médicaments en un véritable « héritage » commercial. Au lieu de transmettre des valeurs de commerce licite, ces réseaux familiaux installent les jeunes générations dans l’illégalité, utilisant les boutiques du marché comme paravent pour écouler des substances dangereuses. En impliquant leurs enfants, ces têtes de réseaux pérennisent un système de distribution qui s’appuie sur la confiance de proximité pour vendre l’irréparable.
La santé publique mise à mal par les faux remèdes
Au-delà de l’organisation familiale, c’est l’intégrité physique des populations qui est directement visée. La perquisition a permis de saisir une quantité non négligeable de faux médicaments d’origine douteuse. Ces produits, qualifiés par la Police républicaine de « véritables menaces pour la santé publique », sont souvent dépourvus de tout contrôle pharmaceutique. Chaque comprimé vendu dans ces conditions met à mal les efforts de santé nationale. En alimentant ce marché noir, les trafiquants exposent les consommateurs à des risques graves : complications rénales, intoxications et échecs thérapeutiques.
L’urgence d’une vigilance constante
Cette nouvelle opération au cœur de Porto-Novo rappelle l’urgence d’une vigilance constante. Car malgré la multiplication des descentes policières et la fermeté affichée par la Police républicaine, le phénomène de la vente illicite de produits pharmaceutiques semble avoir la peau dure. Par ailleurs, l’ancrage de ce commerce dans les structures familiales où les stocks se transmettent de mère en fille comme un patrimoine ordinaire rend la lutte d’autant plus complexe.
En effet, tant que la demande subsistera et que des réseaux domestiques continueront de sacrifier la vie humaine sur l’autel de leurs intérêts personnels, le marché noir restera un champ de bataille pour la sécurité sanitaire. Les nombreuses arrestations de personnes impliquées restent certes une victoire, mais le combat contre ce « business de la mort » est loin d’être achevé.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE