Après 6 semaines de résidence de créations à l’Espace Culturel Le Centre, l’artiste visuel Rafiy Okefolahan a procédé au vernissage de l’exposition dénommée « D’Artificielles Origines », vendredi 16 janvier 2026. C’était sous le regard curieux d’un parterre d’invités, artistes, amoureux de l’art, au premier rang desquels le ministre des arts et de la culture, Jean-Michel Abimbola.

Dans un monde en perpétuelle migration, quelle est l’origine de l’homme ? Nous sommes nés à un point où nos parents ne sont pas nés ? Est-ce que ça voudrait dire que nous sommes originaires de l’endroit où nos grands-pères sont nés ? Est-ce que nos origines sont liées à d’où nos parents, nos ancêtres sont partis ? C’est tout un tas de questions que se pose l’artiste Rafiy Okefolahan à travers les œuvres en exposition depuis le vendredi 16 janvier 2026, à l’Espace Culturel Le Centre. Pour l’artiste, avec les migrations, les déplacements, les peuples se forment, des enfants naissent, et après il faudrait trouver la réponse à ces questions. « D’artificielles Origines », c’est aussi tous ces artificiels, toutes ces choses nouvelles qui viennent enrichir nos origines. C’est une manière pour moi de chercher des réponses à des questions que je me pose au fond de moi après 40 ans de vie » a laissé entendre Rafiy Okefolahan. Pour exprimer ces questionnements sur le sujet des origines, l’artiste a utilisé une technique mixte faite d’un mélange d’acrylique et puis de la peinture à huile. « C’est une installation que je présente. Mais dans ces installations, j’aborde différemment le sujet, parce que tout au long de ma pratique artistique, j’ai travaillé la peinture, j’ai travaillé la sculpture, j’ai travaillé l’installation, la photographie, et je vais utiliser tous ces médiums, toutes ces techniques que je maîtrise, pour pouvoir donner une définition de D’artificielles Origines » explique l’artiste Rafiy Okefolahan. L’installation est aussi composée d’offrandes, une manière pour l’artiste de remercier Dieu, les mânes des ancêtres pour ses 20 années de pratique artistique.

Regard de connaisseurs…

Après avoir fait le tour de l’installation, le ministre Jean-Michel Abimbola a remercié l’Espace Culturel Le Centre, ce lieu que l’artiste Dominique Zinkpè a mis à la disposition du public amoureux de l’art. Pour Jean-Michel Abimbola, « D’artificielles Origines  » est un sujet éminemment important, sensible, parce qu’à travers toute la politique publique qui est mise en œuvre par le gouvernement, à travers le ministère en charge de la culture, il est question de montrer au monde, aux Béninois comment il est important de revenir à ses origines, de connaître ses origines, d’interroger ses origines. Il prend l’exemple de la loi sur l’afrodescendance qui permet à nos frères de l’autre côté de l’Atlantique de pouvoir revenir, sur la terre mère et de pouvoir faire réapproprier leurs nationalités, leurs origines. « Et d’ailleurs, le gouvernement du Bénin va mettre en place une agence aux standards internationaux pour faire les recherches ADN et pour aider chacun de nous qui souhaiterait aller chercher ses origines, pour aider également nos frères afrodescendants dans le cadre de leur formalité et pour la reconnaissance de leur nationalité, à pouvoir accéder facilement à des preuves scientifiques, pour pouvoir prouver leur afrodescendance » a annoncé le ministre Jean-Michel Abimbola. A ses dires, le sujet abordé par l’artiste Rafiy Okefolahan est donc en adéquation avec la politique du gouvernement dans le domaine de la culture et il le remercie pour son style, sa main, cette façon déplaçante, enthousiaste dont il a le secret pour peindre.

Directeur de l’Espace Culturel Le Centre, Berthold Hinkati note une évolution notable dans la pratique artistique de Rafiy Okefolahan qui, en 2014, était déjà à l’Espace Culturel Le Centre pour une exposition collective. Aux dires de Berthold Hinkati, avant même que le projet « Origines » de Rafiy Okefolahan ne soit financé par le Fonds du développement des arts et de la culture, l’Espace Culturel Le Centre l’a soutenu, l’a encouragé. « Et le jour où il a eu cette subvention, on était encore là pour l’accueillir. D’où le point de départ de ce grand projet qu’il est en train d’amorcer » a-t-il expliqué. Il a félicité l’artiste qui en six semaines a fait une vingtaine d’œuvres. Pour lui, Rafiy Okefolahan n’est plus un artiste émergent, mais un artiste confirmé.

Le vernissage a commencé par une performance de deux dames sur le rythme gangan, rythme qui a bercé l’enfance de l’artiste Rafiy Okefolahan.

Bertrand HOUANHO

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