Le Centre de recherche et de formation «Le Chant d’Oiseau» a accueilli, ce jeudi 15 janvier 2026, une conférence majeure de l’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp) sur le thème « Les réformes constitutionnelles en Afrique : Entre efficacité, stabilité et controverses ». Si le Professeur Hilaire Akérékoro, agrégé de droit public (Cames), a posé les bases du débat en analysant avec rigueur les tensions entre l’efficacité des réformes constitutionnelles et les controverses qu’elles suscitent, c’est l’intervention du Directeur de l’Iajp, Père Éric Aguénounon qui a donné à la rencontre une dimension prophétique et éthique.

Le message du Père Eric Aguénounon a retenti comme un avertissement solennel contre la déification de l’autorité. Pour lui, dès lors qu’un pouvoir est conçu et entretenu comme une idole, il perd ses sens : il ne voit plus, il n’entend plus et il ne peut plus toucher la réalité des citoyens. Cette « ivresse vertigineuse » conduit à une obsession de la conservation du poste qui devient, selon ses mots, plus terrible que la perte de sa propre vie. C’est cette soif absolue qui pousse des experts à devenir des « ingénieurs du raccourci », travaillant sans répit pour justifier des révisions constitutionnelles dépourvues de morale.

Face à ces dérives, le Directeur de l’Iajp a rappelé fermement que la démocratie n’est pas une entreprise aux mains d’un conseil d’administration. Elle appartient fondamentalement aux plus pauvres et aux plus fragiles, car ce sont eux qui constituent le socle de la nation. Il exhorte donc les cadres, universitaires et juristes à se comporter en véritables « consuls », dont la mission première est de veiller à ce que la République ne subisse aucun dommage par des textes parfois xénophobes ou stigmatisants envers l’opposition.

En conclusion de ce plaidoyer, le Père Aguénounon a invité chaque acteur de la société à une conversion radicale pour l’année 2026. En s’appuyant sur la vérité scientifique apportée par le Professeur Akérékoro, il a rappelé que la force d’une Nation se mesure à sa capacité à protéger les plus faibles. Pour l’Iajp, le pouvoir ne trouve sa légitimité que dans le service et la crainte de Dieu, chaque vie devant être une bougie qui éclaire le chemin du vivre-ensemble plutôt qu’un instrument de domination.

 Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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