L’Autorité de régulation du secteur de la santé (Ars) a publié un bilan annuel alarmant. Après l’inspection de 928 établissements, le verdict est sans appel : le système de soins souffre de graves carences éthiques et techniques.
L’Ars a brisé l’omerta. En 2025, les contrôles n’ont épargné personne, du public au privé. Cette offensive marque la fin de l’impunité : l’État assume enfin son rôle de « gendarme » pour garantir la sécurité des citoyens. Plus de 260 centres font désormais l’objet d’un suivi strict ou de fermetures.
Une crise de compétences mortelle
Le rapport pointe un dérapage grave : des aides-soignantes réalisant des actes médicaux complexes en maternité. Ce « bricolage » humain, souvent dû au manque d’effectifs, viole le principe fondamental de sécurité des soins. Les conséquences sont tragiques : 17 décès (mères et nouveau-nés) ont été directement liés à ces fautes professionnelles en un an.
Cependant, outre l’humain, la logistique est en cause. Le mauvais stockage de médicaments vitaux, comme l’ocytocine, transforme des soins de routine en risques fatals. Pour l’Ars, la qualité de la santé se joue autant dans la rigueur des protocoles que dans la compétence des agents. Si le contrôle est désormais une réalité, le système attend maintenant un renforcement massif des personnels qualifiés pour que la sécurité ne soit plus un luxe, mais un droit.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE