(Le retour en force des tresses plaquées)

C’est un invité surprise qui dicte désormais la mode capillaire en cette période de fêtes : le casque de protection. Alors que les fêtes de fin d’année riment traditionnellement avec chignons sophistiqués et tissages volumineux, l’obligation sécuritaire du port de casque vient bouleverser les habitudes des clientes et les recettes des coiffeuses.

Dans les ateliers de coiffure, le constat est sans appel. Les tresses, qu’elles soient simples ou élaborées, reprennent une place prépondérante. La raison est purement pratique : elles sont les seules à supporter la pression et l’étroitesse du casque sans s’abîmer. Pour les clientes, le choix est stratégique. Les chignons hauts et les extensions volumineuses, autrefois rois des soirées de réveillon, sont devenus des « ennemis » du trajet à moto. «Le port du casque fait qu’à chaque fois, la cliente est obligée d’avoir un peigne sur elle pour réajuster sa coiffure dès qu’elle l’enlève », explique une habituée. Pour éviter ce désagrément, la tendance est au « plat » et au durable.

Pour les professionnelles du cheveu, cette période de fêtes est un marathon. L’objectif est clair : satisfaire un maximum de clientes en un minimum de temps pour maximiser la recette. D’un côté, les coiffeuses préfèrent des modèles rapides à réaliser pour libérer les fauteuils. Mais de l’autre, elles doivent s’adapter à l’exigence nouvelle des clientes qui boudent les prestations les plus coûteuses comme les tissages complexes. À la tête du salon Lumière Coiffure et Tresses, la patronne dresse un bilan étonnant pour une période de fin d’année. En faisant le point sur son activité, le constat est frappant : « Cette année, je n’ai pratiquement pas eu de demandes pour des tissages. Avec l’imposition du port du casque, les clientes ont fait leur choix. Elles privilégient le confort et la praticité. » Ce changement de donne oblige les ateliers à réorganiser leur offre. Les tresses, autrefois jugées plus banales pour les grandes occasions, deviennent le produit phare de  cette saison festive.

Si la sécurité routière gagne du terrain grâce à larigueur du port de casque, le secteur de la beauté doit, lui, se réinventer. Entre l’envie d’être belle pour les festivités et la nécessité de protéger sa tête (et sa coiffure) sur la route, les femmes ont tranché : ce sera la tresse ou rien.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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