À l’aube de l’élection présidentielle de 2026, les débats politiques s’annoncent intenses sur des sujets aussi cruciaux que l’économie, l’éducation ou la sécurité. Pourtant, un pilier fondamental est trop souvent relégué au second plan : la culture.
Le Bénin, terre de traditions, de langues riches et de créativité foisonnante, possède un patrimoine culturel unique en Afrique et dans le monde. Mais ce trésor est fragilisé : faiblesse du financement, disparition progressive des langues nationales, précarité des artistes, manque de valorisation à l’international… autant de signaux qui en dépit des nombreuses initiatives prises en faveur du secteur ces derniers années, appellent à une réaction forte et immédiate. En 2026, faire de la culture une priorité d’État, ce n’est pas céder à une nostalgie du passé, c’est préparer un avenir solide, ancré dans nos identités, porteur d’emplois, de cohésion sociale et de rayonnement global.
« Un peuple qui perd sa culture est un peuple qui s’efface. » Cette phrase résonne comme un cri d’alarme pour le Bénin, pays riche d’une diversité culturelle exceptionnelle, mais qui fait face à la tentation de l’uniformisation et de l’oubli. Dans un monde globalisé où les repères se brouillent, la culture reste la mémoire vivante et l’âme profonde d’une nation.
À l’approche des prochaines échéances électorales, il est crucial que les candidats prennent pleinement conscience de cet enjeu fondamental : faire de la culture une priorité, non seulement pour préserver l’identité du Bénin, mais aussi pour renforcer le rayonnement national à travers le monde.
Un budget culturel stable et ambitieux : un investissement indispensable
Trop souvent reléguée au second plan, la culture souffre d’un financement insuffisant et instable. Pourtant, elle est un secteur stratégique, générateur d’emplois, d’éducation et de cohésion sociale.
Le gouvernement doit garantir un budget stable et conséquent pour la culture, permettant de financer les infrastructures, les événements, la restauration du patrimoine, et la promotion des artistes. Cet investissement est un pari sur la richesse immatérielle du Bénin.
Valoriser les langues, savoirs et traditions : préserver la diversité
Le Bénin est un pays pluriel, où cohabitent de nombreuses langues, coutumes et savoirs ancestraux. Ces trésors culturels constituent un patrimoine vivant qu’il faut protéger et transmettre.
Des politiques publiques doivent soutenir l’enseignement des langues nationales, la documentation des savoir-faire traditionnels, et encourager les initiatives locales qui font vivre les traditions. C’est par la valorisation de cette diversité que la nation se renforce.
Soutenir les artistes et les industries culturelles : un moteur économique
Artistes, musiciens, écrivains, artisans, designers : ces créateurs sont les ambassadeurs de la culture béninoise. Mais ils rencontrent souvent des difficultés pour vivre de leur art, accéder à des marchés, ou bénéficier d’une reconnaissance.
Un soutien public et privé renforcé est nécessaire, via des dispositifs d’aide, des formations professionnelles, et la promotion des industries culturelles et créatives. La culture peut ainsi devenir un levier important de développement économique et d’emploi.
Rayonnement culturel international : faire briller le Bénin dans le monde
La culture est aussi un outil diplomatique et de rayonnement. En valorisant ses richesses culturelles à l’échelle internationale – festivals, expositions, partenariats, échanges artistiques – le Bénin peut renforcer sa place sur la scène mondiale, attirer le tourisme et susciter fierté et unité nationale.
Chers candidats, chères candidates, la culture n’est pas un simple ornement de la vie publique : elle est le socle de l’identité du pays et un vecteur puissant de développement. Préserver et promouvoir la culture béninoise, c’est garantir que le peuple béninois ne s’efface jamais, mais au contraire brille avec éclat sur les chemins de l’avenir.
Thomas AZANMASSO