Ils ne manquent aucune occasion de partager avec l’opinion publique, le triste sort à eux réservé, depuis la suspension de la prise en charge par le gouvernement de la Rupture. Les cris de détresse des béninois, souffrant d’insuffisance rénale semblent ne point recevoir d’écho favorable à ce jour. S’il est difficile de s’expliquer cette posture des autorités béninoises, il urge de se demander si la vie des dialysés valent moins que les ressources qu’il faudra débloquer des caisses de l’Etat pour leur assurer une prise en charge…
Ils se meurent à petits feux, dans la douleur et sans aucun espoir de pouvoir en guérir. Des images choquantes sont abondamment relayées sur la toile. Seulement, tout semble laisser indifférentes, les autorités béninoises.
Périlleuse, l’insuffisance rénale touche des milliers de béninois. La dialyse, seul traitement recommandé pour ce mal chronique et à vie, ne coûtait presque rien aux béninois. Mais depuis l’avènement du régime de la rupture, la dialyse est devenue payante au Bénin. Dès lors, il n’est plus question pour ces malades à vie de pouvoir bénéficier de cette empathie de l’État afin de mieux faire face à ce mal ruineux.
D’après les malades, la séance coûte au minimum 100.000 fcfa sans compter les médicaments qui l’accompagnent. Or, pour une santé mieux suivie, il leur faut minimum deux séances par semaine.
Si la plupart des malades sont des indigents sans prise en charge, la mort a frappé malheureusement à la porte de plusieurs centaines d’entre eux, faute de soins. En dépit de leurs multiples cris de détresse et d’appel, ils semblent être toujours abandonnés à leur triste sort. Comme justif, les autorités actuelles ont toujours pensé à tort ou à raison que réduire les dépenses de l’État, devrait également passer par la suppression de la prise en charge gratuite de la dialyse.
Alors que plusieurs pays africains optent déjà pour la suppression des frais de dialyse, l’indifférence du gouvernement Talon laisse perplexe. Tout porte à croire que le choix est tout fait entre la vie des malades d’insuffisance rénale et les ressources de l’Etat nécessaires pour leur assurer une prise en charge. Voir des béninois passer de vie à trépas pour de l’économie, pour beaucoup, sort de l’entendement.
Dans un contexte où les actions sont orientées vers une santé pour tous, il reste incompréhensible que la dialyse ne soit pas inscrite dans le panier de soins du projet Arch, mis en œuvre par le gouvernement au profit des plus démunis. Inutile de s’interroger sur le sort des plus démunis atteints d’insuffisance rénale.
S’il faut toutefois se réjouir de la décision prise par le gouvernement, en sa séance du Conseil des ministres du 18 septembre 2024, celle d’exonérer les intrants composant les kits de dialyse des droits et taxes de douanes, le plus urgent reste la prise en charge complète et gratuite des malades. Toute chose qui ne devrait pas empêcher la réalisation de grands projets de développement. D’ailleurs, au cours d’une de ces interventions devant les députés, le ministre de la santé, Benjamin Hounkpatin annonçait que 512 personnes sous dialyse sont décédées au cours de la période du 1er Janvier 2019 au 1er novembre 2023. A l’en croire, la dialyse coûte en moyenne annuellement 20 132 152 F Cfa par dialysé soit 1 677 679 F Cfa par mois et par personne dialysée. Et face au lourd fardeau financier que représente la dialyse (Plus de 100 000Fcfa par séance de dialyse), les députés avaient pourtant plaidé pour la prise en charge gratuite et systématique des dialysés, qu’ils soient agents de l’Etat ou non. L’idéal serait d’ailleurs que le gouvernement puisse instaurer une ligne budgétaire permettant de prendre en charge les malades et ce, gratuitement. Etant donné que la dialyse est un soin à vie. Il est inadmissible que des citoyens continuent de mourir faute de moyens pour accéder aux soins dans un contexte où les actions et politiques convergent à un accès universel aux soins de santé.
M.M