Il doit répondre aux chefs d’inculpation d’injure avec motivation raciste et xénophobe commise par le biais d’un système informatique, incitation à la haine et à la violence. Coordonnateur national de l’Ong Urgences panafricanistes dirigée par Kemi Séba, il a été arrêté suite à une série de vidéos faites sur les réseaux sociaux, pour alerter sur une probable présence de forces occidentales au Bénin. En conférence de presse, avocats et organisations de défense des droits de l’homme dénoncent une arrestation arbitraire. Pour Laurent Metognon, Président du Front pour le sursaut patriotique, il est à déplorer que l’on prive les jeunes de leur liberté face à l’impérialisme. Sachant, dit-il, que les pouvoirs autocratiques de nos pays peuvent ralentir les élans de mobilisation et de prise de conscience de la jeunesse brimée, celle béninoise se doit de ne pas rester en marge des combats actuels. Membre de ce Front, Shadrack Houngnibo a donc besoin, lance l’ancien syndicaliste, que tous les jeunes épris de paix et de justice se mobilisent pour dénoncer cette arrestation qu’il qualifie de honte et exiger sa libération.

À sa suite, Maître Aboubakar Baparapé, membre du collège d’avocats et Président de l’Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples (Odhp) a remercié les jeunes venus nombreux à cette conférence. D’entrée, il dit considérer Shadrack Houngnibo comme un détenu politique. Car, il est inadmissible, se désole-t-il, que l’on continue de parler de reconquête des libertés après les avoir obtenues chèrement. « C’est inadmissible. Pas seulement pour lui que nous sommes là. Mais au-delà tous les problèmes que vivent les jeunes au Bénin et ailleurs. Le mouvement est ascendant dans tous les pays. Pourquoi pas la dénonciation de l’oppression chez nous ? Pourquoi emprisonner un jeune pour ses opinions ? Je vous invite à dénoncer la dictature. C’est déjà héroïque, tout ce que vous faites pour le réveil de l’Afrique. Au-delà de Shadrack, c’est pour vous que nous sommes là. On est devant pour que vous soyez derrière nous. Si vous êtes derrière, nous serons également devant », va-t-il lancer, à l’endroit des jeunes à qui il demande de participer aux rassemblements et meetings publics, pour dénoncer l’arbitraire dans le pays. Sur ce, Maître Aboubakar Baparapé les a invités à venir soutenir très nombreux ce lundi, leur camarade de lutte.

Des craintes soulevées…

À Maître Barnabé Georges Gbago du même collectif, de remercier Kemi Seba avec Urgences panafricanistes, pour la lutte contre l’impérialisme. S’il promet que le collectif pèsera de sa compétence et force pour obtenir la libération de Shadrack Houngnibo, il reste toutefois craintif. Ceci, dit-il, face à certains élans qui démontrent la mainmise sur la justice. « Sans une justice libre, nous ne pouvons rien faire. En luttant pour l’obtention de la libération du jeune Shadrack Houngnibo, nous devons également lutter pour une justice libre. Nous appelons les juges à faire un pas vers l’indépendance », a-t-il déclaré. Le moment est également mal choisi pour, estime-t-il, emprisonner un jeune. Le vent de la liberté, de l’indépendance et de l’éclosion de la jeunesse qui souffle sur tout le continent est, à l’entendre, une manière de montrer aux dirigeants que l’Afrique se réveille. Le Bénin, estime-t-il, ne doit faire exception. « C’est n’est donc pas nécessaire de continuer à remplir les prisons de jeunes braves pour leurs opinions », va-t-il regretter.

Pour finir, Juan Branco, Avocat de nationalité franco-espagnole connu pour sa témérité, a expliqué qu’il s’est invité dans le débat en quittant la France, dès lors qu’il a compris qu’il s’agit d’un jeune arrêté pour avoir dénoncé de velléités impérialistes. En s’offusquant contre cette arrestation, il se demande si le Bénin est redevenu une nouvelle colonie de la France pour que les jeunes n’arrivent plus à s’extérioriser. En décidant, relève-t-il, d’appuyer ses confrères béninois, il demande à la jeunesse d’être sereine et motivée à dénoncer toute situation d’injustice contre d’autres jeunes comme Shadrack Houngnibo. « N’ayez pas peur ! Nous sommes là, nous serons là !Nous sommes là pour vous dire que nous n’avons pas peur, nous aussi. Cet homme qu’on cherche à faire taire nous trouvera à ses côtés », a-t-il conclu, tout en invitant les jeunes à soutenir leur camarade, dans cette épreuve.

J.G

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