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Lizzie Amaral sur Président d’un jour : «Des gens…ne peuvent même pas prendre une nourriture par jour»

Lizzie-Amaral

La randonnée de décembre 2016 suit son cours. Pendant un moment, elle a posé un lapin. Des désagréments qu’elle vous a certainement causés chers lecteurs et pour lesquels elle s’en excuse vivement. Ce qui est certain, l’aventure se poursuit. Le rendez-vous des jeudis pour rien que du verbatim n’a pas dit son dernier mot.  Lizzie Anissath Amaral, 15 ans ; élève en classe de 2ndD au Collège catholique Père Planque, est notre invitée du jour sur votre rubrique ‘’Président d’un jour’’. L’objectif est de permettre aux élèves d’opiner sur l’actualité. Par cette initiative, Matin libre se veut la mémoire de ces ados. L’occasion est aussi donnée aux dirigeants de connaître ce que pensent les plus jeunes afin de prendre en compte, dans la mesure du possible, leurs propositions. De Cotonou à Porto-Novo, en passant par Dassa, Parakou, Djougou, Natitingou, pour Tanguiéta, Malanville, etc, ‘’Président d’un jour’’ s’étend sur toute l’étendue du territoire national. Merci de nous rester fidèles. Délectez-vous à présent!

Matin libre :Bonsoir madame la présidente Amaral. Matin libre se sent honoré de la réception. L’équipe, il est vrai, est aujourd’hui réduite à ma seule personne mais rassurez-vous, cela ne déteindra pas sur l’interview.

La présidente Lizzie Anissath Amaral : (Sourire aux lèvres) C’est un plaisir…

Merci. Une fouille dans votre vie nous donnerait quoi madame la présidente ?

Moi, je m’appelle Lizzie Anissath Amaral, je suis présidente de la République du Bénin et je fais cette interview pour parler un peu de l’évolution du pays. Ce qui se passe, pour que vous ayez une idée personnelle à vous faire. Je viens d’une famille nombreuse, assez nombreuse. J’ai trois sœurs et deux frères. Parmi mes sœurs, il y en a une qui, elle est très capricieuse. Elle n’écoute pas du tout ce qu’on lui dit, elle n’en fait qu’à sa tête. Et puis, j’ai une maman que j’aime beaucoup. Elle travaille à la Sobemap. Elle s’appelle Olga Acacha. J’ai un papa que j’adore aussi beaucoup et son nom c’est Marius Amaral. Papa travaille un peu dans tout ce qui est électricité ; tout ce qui est du côté électrique, ampoule, tout quoi. Ma passion c’est la musique. J’aime beaucoup la musique et c’est pourquoi je fais partie d’une chorale et j’anime les messes. Je n’ai pas vraiment de préférence en matière de musique. J’écoute toutes sortes de musiques, même les musiques de l’ancien temps. J’aime bien tout ce qui est Salsa, Rumba. Tout ça j'aime. Je suis dans le Collège  Père Planque qui est sis à ‘’Ganhito’’ en face de la Sbee en classe de 2nd D. Ce que j’aime pas, je crois, quand je suis amie avec quelqu’un, j’aime pas que la personne soit hypocrite. J’aime bien quand il y a un truc entre nous, que la personne vienne me voir et me dise, il y a ci, il y a ça et on en discute. J’aime pas qu’on aille parler de ça avec d’autres et qu’on éparpille, qu’on fasse des histoires pour rien. En matière de nourriture, j’aime pas le chocolat. J’aime pas. Tout ce qui est sucré, j’aime pas. Je préfère manger normalement au lieu de grignoter. J’aime pas la pâte. J’aime le riz, le riz beaucoup avec la sauce de tomate accompagnée de fromage, viande, un peu de tout.

Je crois qu’on a fait le tour. Vous vous êtes déjà enregistrée pour le Ravip ?

Oui. Le Recensement administratif à vocation d’identification de la population, c’est déjà pour connaître, par exemple, si je prends Cotonou, pour construire des hôpitaux, déjà, connaître le nombre d’individus qu’il y a dans le pays afin de connaître les matériaux qui vont suffire en cas d’hospitalisation de la population. C’est pour permettre à la population de mieux vivre et d’avoir de quoi être à l’aise quoi. Ne pas se faire de souci quand ils vont par exemple à l’hôpital  parce qu’il n’y a pas de lits, parce qu’il n’y a pas  de médicaments, ou de sang par exemple. Ça c’est important. Le sang qu’on ne trouve plus vraiment chez nous ici dans les hôpitaux. On en manque vraiment de sang. Ça, c’est un exemple qui m’est venu à l’esprit. Je crois que c’est un peu pour ça que le Ravip est fait ; a été instauré pour permettre de connaître le nombre total de la population que nous faisons au Bénin ici.

Alors, vous avez parlé tout à l’heure de sang. A quoi sert-il de donner de son sang si c’est pour qu’il soit utilisé pour nourrir les fétiches comme lekinninsi ?

Waouhhhh ! (sourire) Grande question. C’est vrai que aujourd’hui avec tout ce qui se passe actuellement dans le pays nous avons des jeunes qui prennent des fétiches comme le kinninsi et qui tuent beaucoup de nos confrères pour avoir de l’argent. Je crois que ce n’est pas hygiénique, c’est un peu méchant. Juste pour avoir de l’argent on tue quelqu’un, je crois que c’est un peu méchant. Et je crois que aussi, c’est au gouvernement de faire la part des choses et de savoir quoi faire de ses personnes-là quand il les attrape vraiment. Je crois que le sang est d’une nécessité capitale  parce que quand les gens tombent malade et on dit qu’ils sont anémiés, ça peut amener ses gens-là à la mort. Et on dit on n’a pas de sang, on n’a pas de sang, on n’a pas de sang, cela fait beaucoup de victimes dans les hôpitaux du Bénin et précisément au Cnhu qui est le plus grand hôpital du Bénin.

Alors, que des gens, des personnes normales, je suppose, en arrive à tuer leurs prochains et même de petits enfants pour se faire de l’argent… Est-ce la recherche du gain facile ou l’extrême pauvreté ? Qu’est-ce qui se passe au juste sous votre gouvernance ?

Je crois que je vais dire que c’est l’insuffisance ou le manque d’argent dans le pays. Parce que avec tout ce qui se passe, on remarque que les gens n’ont vraiment pas de quoi vivre. C’est ça qui est le plus douloureux à voir. Voir des gens qui ne peuvent même pas prendre une nourriture par jour, c’est grave.

Ce n’était pas ainsi, il y a deux ans en arrière madame la présidente. C’est sous votre gouvernance, si je pu me permettre, que la déchéance s’observe. Que préconisez-vous alors pour pallier cette pauvreté ambiante ?

Bon, je crois que déjà, pour les familles, il serait préférable d’installer un truc où dans chaque maison par exemple, on détermine le nombre de personnes qu’il y a et si c’est une participation que l’Etat a à apporter aux parents ou à ces personnes-là pour les aider à mieux vivre. Je crois que déjà, cela serait d’une nécessité aussi et ça aiderait beaucoup les gens. Maintenant, on s’est aussi dit qu’il a beaucoup de sans domicile fixe. Par exemple à Zongo, il y en a plein. Quand on arrive à Zongo, il y des gens un peu partout. Ces gens-là, je crois qu’il serait temps de leur créer des services sociaux pour qu’ils s’occupent d’eux. Qu’on leur donne même si c’est deux nourritures par jour. Qu’ils aient des cantines et qu’on les nourrit tout le temps. Je crois que c’est ce qui serait préférable à faire.

Justement parlant des cantines, depuis quelques jours, des directeurs d’écoles sont arrêtés pour détournement de 5 kg de riz ou 5 sacs ; est-ce qu’il n’y a pas plus serieux ? Est-ce qu’il n’y a pas plus grave dans le pays que d’arrêter des directeurs pour de tels fretins ? La corruption elle est là, bien vivace au sommet de l’Etat…

Merci d’avoir parlé de la corruption, je voulais en parler. D’abord, je crois que le gouvernement ne se fie pas vraiment à ce à quoi il devrait le faire parce que attraper des directeurs d’écoles parce qu’ils ont pris des sacs de riz ça ne sert vraiment à rien. Or, dans beaucoup de services publics, des gens font des corruptions à haut dose, qui volent l’argent de la population. Il y a des services où, des gens se plaignent même de leurs salaires et on laisse tout ça et on attrape des directeurs d’écoles qui prennent du riz ; je crois que ça là là, je ne vois pas son importance. Déjà, je n’adhère pas à la cantine. Quand tu vas à la cantine, tu es obligé de manger ce qu’ils font or, il y a certains aliments que tout le monde ne consomme pas. Moi, particulièrement, je n’adhère pas aux cantines. Dans tout mon cursus, je ne suis pas allée à la cantine

L’idée des cantines c’est donc pour distraire le peuple, c’est un piège! L’histoire aura retenu que sous la présidente Amaral, la lutte contre la corruption a été effective puisque l’initiative des cantines c’est votre idée…

les moyens. Et c’est ce qui a poussé le gouvernement à instaurer ces cantines-là. Mais maintenant, je crois aussi que c’est aux directeurs d’écoles de faire la part des choses.

Restons dans le secteur de l’éducation madame Amaral. L’année blanche, peu s’en ait fallu…

Ça, je ne pourrai vraiment pas vous le dire parce que cela dépend du gouvernement, cela dépend des syndicalistes. On n’arrive pas à trouver un terrain d’entente, et je crois que c’est ça qui est un peu dommage. Ce n’est si facile que ça de gérer un pays.

Vous vous y êtes préparée pourtant. En tout cas, c’est la confidence que vous nous avez faite le jour de votre investiture…

Je suis d’accord avec vous mais je crois que ce n’est pas aussi facile que ça de gérer un pays et, c’est pour ça qu’on souffre de pauvreté dans le pays. Parce que, je crois, avec les gouvernements précédents qui sont passés, il y a eu beaucoup de choses qui n’ont pas été régléeset c’est ces trucs-là que nous sommes entrain de régler et qui font qu’aujourd’hui, on parle de pauvreté et de manque d’argent, les gens n’ont pas d’argent. Même en fin du mois, les gens se disent qu’ils n’ont pas d’argent.

Oui puisque vous ne cessez d’en créer chaque jour, pourtant les salaires n’ont pas connu d’augmentation

Il faut qu’on serre comme ça les sociétés pour avoir dans un an peut être, dans deux ans peut être, un pays plus ouvert, plus développé avec un peu plus d’argent. Parce que, si nous devons laisser l’argent circuler comme il circulait avant, on va dire que le gouvernement de la présidente Lizzie a fait la même chose que le gouvernement précédent. Les Béninois qui crient aujourd’hui, c’est les mêmes qui ont crié lors du mandat de l’ex président. C’est les mêmes qui disent encore que aujourd’hui le pays est trop serré, qu’ils n’arrivent pas à se nourrir. Mais je crois que c’est un sacrifice qu’il faudrait qu’on fasse.

Nos ceintures n’ont plus de trous…c’est pour quand la fin du sacrifice ?

(Rire à gorge déployée) Bon, je crois que ça, on est obligé de le faire et puis quand on verra que la situation est un peu rétablie, on pourra desserrer peut être.

Energie, si vous permettez madame la présidente. Les coupures ça revient ! Vous nous avez fait rêvés…

Mais pour longtemps vous n’avez pas eu de coupures d’électricité ! Je crois c’est parce qu’il y a eu un problème au niveau de la Sbee qu’à ces moments ci, on a des coupures d’électricité. C’est pour un temps hein, c’est vraiment pour un temps. Vous-même vous l’avez dit, il n’y a plus eu de coupures d’électricité depuis le début donc, je crois quedans un pays, il faudrait de temps à autre, ça quoi.

Le social sous votre gouvernance semble avoir du plomb dans l’aile. C’est un fait ! Avec votre prédécesseur, on peut citer la césarienne gratuite, les micros crédits aux plus pauvres, la gratuité de l’enseignement, des dons pour des groupements par ci par là, etc. La liste est longue. Yayi Boni ne vous inspire-t-il pas ?

Qu’est-ce que je vais répondre à ça ?Je n’aime pas vraiment le social et je crois que tout le monde l’a remarqué un peu. Je crois que avec les ministres chargés de cela, on va trouver des mesures pour changer tout ce qui se passe au niveau du social et puis, rétablir un peu les trucs. Quand je prends la césarienne gratuite, je crois que vous les Béninois vous aimez trop ce qui est gratuit. Soyez un peu conscients. On ne peut pas tout faire gratuitement dans le pays. Vous ne pouvez pas aller dans un hôpital et demander qu’on fasse la césarienne gratuitement parce que les médecins qui sont présents c’est de l’argent qu’ils prennent. A la fin du mois, c’est un salaire qu’on doit leur payer. Si on doit venir à l’hôpital et faire des accouchements par césarienne, imaginez le nombre d’accouchements par césarienne par jour ! Subvention oui, mais ne parlez plus de césarienne gratuite. Je suis désolée. Je préfère parler des micros crédits d’accord ? et ça (sourire), vous allez attendre quelques jours pour le savoir.

Avec la présidente Amaral, il faut toujours attendre ! Pendant plus de deux ans ça dure…

Oui oui ! La surprise, moi j’aime bien faire les surprises. Espérez toujours.

Votre mot de la fin madame la présidente

Bon, je crois que je vais vous remercier d’être venue ici et qu’on ait pu discuter de tout ce qui se passe dans le pays et que les gens aient au moins une idée de tout ça. Merci à vous pour votre présence. Que le peuple béninois se patiente et d’attendre ce qui va se passer dans les prochains mois ou dans une année à venir ou deux ans à venir. Je crois que c’est de patienter.

Cyrience KOUGNANDE

Dernière modification levendredi, 18 mai 2018 05:19
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