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Politique

La Loupe : Attention, vigilance

patrice talon

Dire que la lutte contre la corruption est une mauvaise chose c'est être criminel. Dire que la lutte contre l'impunité est une mauvaise chose, c'est être un dégénéré.

Demander au Président Patrice Talon et à son gouvernement de continuer avec la complaisance en cette matière,  c'est être apatride.

Les sanctions annoncées par la justice et les demandes de la levée d'immunité sont des actions courageuses et salutaires. Ce qu'on pourrait reprocher à tout ça c'est la sélection, la politisation, et la vengeance.

Mais il y a pire.

L'opinion doit être plus éveillée et plus vigilante que jamais pour que toutes ces actions apparemment nobles ne soient pas une technique de camouflage des fautes des dirigeants actuels. Est-ce qu'il n'y a pas anguille sous roche? Est-ce que l'on ne prépare pas l'opinion à supporter sans rechigner un probable scandale rocambolesque  sous l'actuel pouvoir?

On sait que pour les législatives de 2019, nul ne peut le contester,  les prévisions ne sont pas bonnes pour la mouvance présidentielle. Et donc l'opération de lutte anti-corruption et la célérité avec laquelle elle est conduite est quelque peu pour se faire une santé de popularité au sein de l'opinion.

L'autre inquiétude par ailleurs, c'est si Patrice Talon ayant aperçu que tous les délais pour réaliser le programme d'action du gouvernement sont dépassés,  et que les grandes promesses  ne peuvent plus tenir,  brandisse et fonce dans la lutte implacable contre l'impunité pour faire du sensationnel, afin que son mandat soit transformé uniquement en un mandat de lutte anticorruption.

A part tout ça il y a un drame.

Faire arrêter Sébastien Ajavon, faire arrêter Komi Koutché, faire arrêter ou contraindre à l'exil Issa Salifou, et toutes les têtes ferlées de l'Opposition afin de baliser le terrain pour les législatives, les municipales et communales, pourquoi pas sécuriser un second mandat pour la Rupture.

Attention, et vigilance.

Dine ABDOU

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Demande de levée d’immunité parlementaireet d’autorisation de poursuites : Les Fcbe dénoncent une politique d’acharnement contre l’opposition

politique

Le bureau exécutif de l’Alliance des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) a animé mardi 20 février 2018, une conférence de presse au siège de la formation politique à Gbèdjromèdé Cotonou. Entre autres sujets au menu des échanges, la demande de levée d’immunité parlementaire de et d’autorisation de poursuites de six (06) personnalités de l’opposition dont (05) figures du parti.

Pour le porte-parole des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), Nouréni Atchadé, faisant suite au congrès du parti, la rencontre aurait dû être d’intenses moments de chaleur, de célébration et d’enthousiasme. Mais, selon ses propos, l’éclatant succès qu’a connu le congrès a déclenché panique et colère des « hommes forts du moment ». A l’en croire le congrès des Fcbe tenu à Parakou ne s’est pas plus tôt terminé, quand la demande de la levée de l’immunité parlementaire et d’autorisation de poursuites de six (06) personnalités de l’opposition dont cinq (05) figures des Fcbe s’est répandue, pour finir par se confirmer. Effet, selon ses explications, le Garde des sceaux se serait fait fort de transmettre une requête du parquet général, demandant la levée d’immunité des députés Valentin Djènontin, Secrétaire exécutif national, et de Idrissou Bako, coordonnateur de la première circonscription électorale du parti, ainsi que l’autorisation de poursuite de l’ancienne ministre Fatouma Amadou Djibril sur la foi d’un supposé rapport d’audit dont les résultats présentés lors du conseil des ministres du 28 juin 2017, ont fait l’objet d’un recours devant la cour constitutionnelle qui les a déclarés contraires à la constitution, dans sa décision DCC 17-251 du 05 décembre 2017, y relevant un caractère discriminatoire et le non-respect du principe du contradictoire. Dans la foulée signale le conférencier, les anciens ministres Komi Koutché et Aboubacar Yaya apparaissent sur la liste noire, l’un pour avoir été victime de vol de numéraire à son domicile en février 2016, et l’autre pour une présomption de fraude à l’occasion de certains concours organisés en 2015, pendant qu’il était ministre de la fonction publique. Le cas Hinnouho Atao, fait exilé politique, n’a pas été occulté. Par ailleurs, pour le cas spécifique de la mission d’audit organisationnel, technique et financier de la filière coton de 2013 à 2016, sur une vingtaine de membres du comité ministériel, seules les personnes engagées dans l’opposition se retrouvent dans le collimateur des « procédures de persécution ».

 Thomas AZANMASSO

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Non désignation des membres du Cos-Lepi par le Parlement : Des OSC donnent l’alerte et lancent une pétition

Gustave-Assah

(Des signatures attendues pour sauver la démocratie)
 « Qu’il vous souvienne qu’à travers notre sortie médiatique du 31 janvier 2018,  nous, organisations de la Société civile, avions évoqué le non-respect de la décision de la Cour Constitutionnelle qui demandait aux parlementaires la désignation de leurs représentants  devant siéger au Cos-Lepi conformément aux exigences du Code électoral. Deux mois après la décision de la Cour, nous constatons avec regret le statu quo au niveau du Parlement ». C’est justement cette nonchalance de l’Assemblée nationale notamment des députés du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp) qui a provoqué une nouvelle sortie conjointe de Social Watch Bénin, Amnesty international Bénin, Wanep-Bénin et Changement social Bénin.

Dans une déclaration lue hier mardi 20 février 2018 à la Maison de la société civile à Cotonou, par leur porte-voix, Gustave Assah, président de Social Watch Bénin, ces Organisations de la société civile « appelle à l’urgence d’une solution en demandant  expressément à son excellence Me Adrien Houngbedji, président de l’Assemblée nationale de procéder sans délai à la désignation des membres du Parlement devant siéger au Cos Lepi ; en invitant respectueusement son excellence Monsieur Patrice Talon Président de la République à veiller scrupuleusement au respect de la Constitution, en invitant les parties prenantes à prendre toutes les dispositions idoines pour la désignation et l’installation des membres du Cos Lepi ». Aussi, interpellent-elles « le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement en tant que garant du respect de la Constitution, le Président du Parlement et l’ensemble de députés en tant qu’organe législatif, sur : l’incertitude critique à laquelle expose notre pays, la non désignation des membres du Cos-Lepi en violation du code électoral et de la décision de la cour constitutionnelle du 12 décembre 2017, le risque de la non organisation à bonne date des élections et dans les conditions légales prescrites par notre constitution, le risque d’une décrédibilisation des Institutions de la République ; la  fragilisation de l’ensemble du système démocratique béninois, du fait de la non-exécution répétée des décisions de la Cour constitutionnelle, seule garante du fonctionnement normal et régulier de nos Institutions ; le risque de la violation des droits humains notamment les droits civils et politiques des citoyens, le risque d’une implosion sociale avec des implications politiques imprévisibles et non maitrisables ». Et pour qu’il n’en soit pas ainsi, Gustave Assah de Social Watch Bénin, Olivier Kiti de Amnesty international Bénin, Landry Ganyè de Wanep-Bénin et Ralmeg Gandaho de Changement social Bénin exhortent le peuple « à une veille accrue afin que nos mutismes d’aujourd’hui n’accouchent pas, pour notre pays, de lourdes conséquences dès 2019 ». Des législatives à bonne date, c’est déjà dans un an. Et, il faut nécessairement un fichier électoral actualisé. Selon la décision de la Cour constitutionnelle en date du 12 décembre 2017, le seul instrument valable jusqu’en 2021, c’est la Lépi. Or, tout porte à croire que son actualisation ne préoccupe pas pour autant le Parlement et le gouvernement. C’est pourquoi, se fondant sur ces faits aussi préoccupants que préjudiciables à la jouissance des droits civils et politiques ainsi qu’à l’enracinement du processus démocratique, ces Osc donnent l’alerte et lancent officiellement « une Pétition pour la collecte de signatures afin de démontrer au Parlement béninois et à son Président, au Président de la République, l’appel populaire à se conformer au code électoral et à la décision de la Cour constitutionnelle dans l’intérêt supérieur de la Nation et de la paix durable au Bénin ». Pour Ralmeg Gandaho de Changement Social Bénin, ce plaidoyer est fait pour que « le gouvernement donne au Ravip ce qu’il lui faut pour fonctionner afin que la loi sur le Ravip fonctionne séparément du Code électoral qui prévoit le Cos-Lépi et son bras technique », car « il y a comme une confusion à créer une suppléance au niveau du Ravip », a-t-il dénoncé. Il faut souligner qu’au moins 1million de signatures via un lien numérique sur les smartphones sont attendues quant à la pétition.

JB

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Après l’Assemblée national et la Cour Constitutionnelle : Talon promulgue bientôt la loi sur le numérique

Patrice-Talon

(Voici la dernière monture, exclusivité Matin Libre)
Le chef de l’Etat promulgue sous peu, en tout cas avant fin février 2018, la loi portant Code du numérique en République du Bénin, selon des indiscrétions. En attendant cet acte, votre quotidien, matin Libre, vous propose en exclusivité la dernière monture de cette loi envoyée à Patrice Talon.

Télécharger la Loi sur le Numérique

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Demande de levée d’immunité de députés et anciens ministres : Les Fcbe se prononcent ce jour

Valentin-Djenontin-Agossou

Les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe) se prononcent ce jour sur l’actualité nationale. A la faveur d’une conférence de presse sur l’actualité brûlante qui se tient ce jour mardi 20 février 2018 au Siège du Parti à Gbêdjromêdé, le Secrétaire exécutif national de l’Alliance, le député Valentin Djènontin-Agossou et ses militants aborderont certainement entre autres sujets,  les questions liées à la demande de levée d’immunité de certains anciens députés et ministres membres de ladite Alliance. En effet, depuis la tenue de leur 2e congrès ordinaire à Parakou, c’est la première sortie officielle des Forces cauris pour un Bénin émergent. La demande de levée d’immunité de certains anciens députés et ministres de l’Alliance ayant soutenu l’ancien président Yayi Boni, avait suscité une vague de réactions aussi bien dans le camp de l’opposition que de la mouvance présidentielle. Par cette sortie, les Fcbe feront savoir certainement leur position sur ce sujet qui nourrit l’actualité béninoise de ces derniers jours.

Th. A.

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La Loupe : Bénin Royal Hôtel

joseph-djogbenou

J’ai vu Joseph Djogbénou et plusieurs ministres dans des fauteuils bourrés à Bénin Royal Hôtel, en train de convaincre les femmes aisées, les hommes aisés sur les réalisations et les perspectives d’avenir. Sur les prouesses du gouvernement. J’ai ri à gorge déployé. Ceux qui disent à longueur de journée que les actions parleront pour eux, aujourd’hui courent, désespérément. Et pour corriger la communication du gouvernement de Patrice Talon, pour corriger la communication de la rupture en souffrance c’est avec Joseph Djogbénou cela se fait-il efficacement?
Qui a pu conseiller une telle thérapie?
Il faut changer de fusil d’épaule  c’est vrai. Il faut changer de méthode. Ce n’est pas faux. Il faut changer de mode de communication. C’est absolument vrai et rentable.  Rentable et efficace.
Seulement,  ceux qui doivent prendre les premiers rôles ce ne sont pas ceux qui ont déjà été vomis par le peuple à tort ou à raison. Ce ne sont pas les visages connus et les ministres impopulaires. Il faut de nouvelles têtes.  Les jeunes qui comptent, les jeunes qui tiennent mordicus à créer la révolution.
Mieux, ce n’est ni une affaire de Cotonou de Calavi et de Porto-Novo uniquement.
Cela s’impose aujourd’hui que toutes les réalisations et les prouesses du gouvernement pour que cela se sache et ait un impact, il faut expliquer les faits en Nagot, en Yorouba, en Goun, en Mina, en français,  Et surtout en Fon.
La rencontre de Bénin Royal Hôtel,  c’est de l’eau versée sur le dos du canard. Les riches ne décident à la place des pauvres.
Il est impensable que Patrice Talon et ses amis, ne se rappellent pas, que le pouvoir ne s’obtient pas avec complaisance.
La communication de la rupture et  du Bénin révélé, doivent se faire  assez à la radio, dans les villages,  les villes, et les campagnes.
Le peu qui est en train d’être fait doit être connu par le grand nombre. Il faut le répertorier,  en faire œuvre utile.
Laissons tomber mes chers.
Après le déjeuner  on ira déposer le germe loyalement,
Pacifiquement,

Dine ABDOU

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Pour protester contre la gouvernance de la Rupture : Les femmes marchent ce jour

Mathurine-Sossoukpe-et-Therese-Wahounwa

Elles vont battre le macadam ce jour. Il s’agit des femmes des marchés, femmes travailleuses, femmes paysannes, élèves et étudiantes. Elles sont fâchées contre la gouvernance de la Rupture et tiennent à le faire savoir ce mardi 20 février 2018 par une marche pacifique à travers la ville de Cotonou.

Réunies en Assemblée à la Bourse du travail sur invitation de Thérèse Wahounwa et Mathurine Sossoukpè, les femmes béninoises ont tenu à exprimer leur ras-le-bol au Chef de l’État, Patrice Talon, face à la crise économique et sociale doublée d’insécurité grandissante qui secouent le Bénin sous l’ère de la Rupture et dont les femmes sont les principales victimes. Selon la Secrétaire générale adjointe de la Cstb, Mathurine Sossoukpè, le panier de la ménagère s’est complètement amenuisé et les femmes ont tenu à l’exprimer de vive voix à Patrice Talon. Ainsi munies des ustensiles de cuisine, elles battront le macadam de la bourse de travail au Palais de la Présidence de la République pour y rencontrer le chef de l’État. « Le peuple a faim, tous les secteurs d’activités sont paralysés par des mouvements de grève et nous voulons aller le dire au Chef de l’État en tant que mère », a martelé la présidente du comité  national des revendeurs et vendeurs du Bénin pour la liberté et la paix, Thérèse Wahounwa. Elle a pour finir rassuré des mesures sécuritaires qui seront prises en vue d’éviter des débordements.
 
Thomas AZANMASSO

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La Loupe : Patrice Talon veut encore «manger la hontee»

Patrice-Talon

Et de combien?  Je ne me rappelle plus.

Mais comme pour le projet de révision constitutionnelle et le rejet de la suppression du droit de grève, le régime de la rupture,  par rapport à la levée de l’immunité de certains députés,  file à nouveau du mauvais coton.

Sauf tremblement de terre, la levée annoncée de l’immunité des députés risque de faire flop.

Samedi dernier, les députés du Bmp se sont retrouvés nez à nez avec le chef de l’État. Ordre du jour, nouveau dossier brûlant de l’actualité politique nationale. Levée de l’immunité des députés de la minorité parlementaire.

Comme à son habitude, et tel un chef d’entreprise,  ce qu’on lui déconseille tous les jours que Dieu fait et il ne veut pas comprendre, Patrice Talon a été ferme.

Sans tenir compte des tenants et des aboutissants, sans tenir compte de la variabilité de la géométrie à l’Assemblée nationale, sans tenir compte du fait que les députés du Bmp pourraient aussi traîner des casseroles et craindre que leur sort demain, soit subitement scellé,  on leur confie une mission aussi délicate.

C’est vrai qu’il y a eu des promesses de positionnement sur la liste éligible dans le cadre des législatives de 2019. C’est aléatoire et pour les néophytes. On ne positionne pas un candidat sur une liste électorale un an avant le vote. C’est du leurre. Surtout au Bénin où tout change tous les mois au gré du vent.

Patrice Talon sait que c’est faux. Il sait qu’il joue et pourra se rattraper dès qu’il va obtenir ce qu’il veut.

Quel député sous le prétexte d’une présence fictive et aléatoire sur une liste hypothétique ira lever l’immunité de ses collègues sans la certitude, pour lui-même de ne pas se faire épinglé dans un futur proche ?

Surtout avec un chef dont on ne sait ce qu’il pense jusqu’à la dernière minute qui précède l’acte qu’il va poser.

En tout cas, samedi dernier, quand ils se sont séparés, ils ont tellement rigolé. Quelqu’un a même laissé entendre ceci: « le patron va changer finalement quand?’’

Nous allons donc nous suicider pour le bien-être d’un clan?

C’est ce qu’on verra. Leur rupture où nous ne sommes pas capables d’entretenir les militants là?

Il s’entête et nous aussi on s’entête.

On verra là où ça va finir.

Dine ABDOU

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Yayi Boni, président d’honneur du parti Fcbe : La conséquence des erreurs de Talon

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La politique antisociale de Patrice Talon redonne des forces à l’ancien président Yayi Boni. Sa gouvernance est tellement décriée que pour consoliderleur position dans l’arène politique nationale, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ont nommé son prédécesseur comme président d’honneur.

Les 10 et 11 février derniers, les Fcbe ont choisi lors de leur deuxième congrès ordinaire qui a donné vie à leur parti, Yayi Boni comme président d’honneur. L’annonce de cette décision a été saluée par des milliers de personnes dans l’opinion. L’ancien président hier sifflé et hué par certains Béninois, est aujourd’hui très applaudi. Le tout nouveau parti Fcbe a très tôt compris qu’il pourrait se servir de la popularité de l’ancien président pour étaler ses tentacules sur toute l’étendue du territoire national. Et à y voir de près, l’héritage de l’ancien président ne constitue pas la seule raison de ce retour en force. Patrice Talon et son équipe ont repositionné Yayi Boni sur l’échiquier politique national. L’actuel locataire de la Marina n’a en effet pas réussi pour le moment à effacer son ancien «ami » de la mémoire des Béninois malgré les dizaines de scandales ayant assombri ses 10 ans de gestion. En moins de deux ans de gouvernance, la Rupture a fait regretter Yayi Boni à plusieurs Béninois. Ayant proposé une politique ultralibérale, le gouvernement s’illustre à travers la dénationalisation des entreprises publiques, la destruction sauvage des emplois créés sous l’ancien régime, l’accaparement des richesses nationales par un petit groupe d’amis, la restriction des libertés publiques et la vassalisation des institutions de contre-pouvoir. Le messie Patrice Talon a déçu en quelques mois nombre de Béninois. Il a trahi ses propres soutiens et fait chuter sa cote de popularité. Le président de la République avait aussi commis une grosse erreur à sa prise de pouvoir. En effet, Yayi Boni voulant s’assurer une retraite politique dorée, négociait un poste de Secrétaire général adjoint des Nations Unies. Mais Talon animé par une vengeance inexplicable a dû torpiller les démarches menées par l’équipe de l’ancien régime. Yayi Boni ne connaîtra pas cette ascension rêvée. En tout cas, pas si tôt. Or, cette fonction internationale aurait pu l’éloigner physiquement du territoire national, l’occuper réellement et lui imposer des obligations de réserve. Loin du territoire national, Yayi Boni conserverait certes une capacité d’influence, mais il se garderait de jouer ouvertement un rôle aussi stratégique comme celui de président d’honneur d’un parti. Croyant donc faire du mal à son ennemi juré, le président Patrice Talon s’est créé de réels ennuis politiques. Yayi Boni n’est plus qualifié pour reconquérir le fauteuil présidentiel. Mais il dispose suffisamment d’expériences politiques pour faire tourner la machine Fcbe. Certains observateurs ont d’ailleurs confié que le nouveau bureau politique des Fcbe reste le fruit de ses réflexions. Seul vrai maître de cette formation politique, il devrait continuer à faire concrétiser ses décisions. Et les premiers grands résultats de son mangement devraient être palpables lors des prochaines législatives. Ce sont des résultats qui devront refléter la désillusion ou encore la déception qui animent actuellement des milliers de Béninois.

Mike MAHOUNA   

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Face aux attaques contre la Cour constitutionnelle : La nécessité de préserver les acquis de 1990

cour-constitutionnelle

S’il est une chose que le Bénin sait le mieux vendre à l’extérieur, c’est sa stabilité politique et ses acquis démocratiques. Depuis la Conférence nationale des Forces vives de février 1990, le Bénin est perçu dans le concert des nations comme un modèle de démocratie. Le préambule de la Constitution du 11 décembre 1990 a affirmé solennellement la détermination du Peuple béninois à « créer un Etat de droit et de démocratie pluraliste, dans lequel les droits fondamentaux de l’Homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque Béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle que spirituelle ». Pour veiller sur cet Etat de droit et protéger les droits et libertés, il a été créé la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction de l’Etat en matière constitutionnelle. Ses décisions sont insusceptibles de recours et s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités civiles, militaires et juridictionnelles.

Depuis sa mise en place, la Cour constitutionnelle du Bénin a donné la preuve de son utilité.

L’audace de ses décisions, la vivacité de sa jurisprudence et la qualité de ses membres ont fait sa réputation. Organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics, elle a été présente et décisive à des moments donnés pour éviter au Bénin des situations d’instabilité. Sa notoriété dépasse les frontières du pays. Au Bénin comme ailleurs en Afrique et dans le reste du monde, universitaires et juristes de haut niveau lui vouent un respect extraordinaire pour son oeuvre.

Malheureusement, la réputation de cette institution est de plus en plus remise en cause par le discours et l’action des gouvernants. Depuis deux ans, nombre de ses décisions sont restées sans suite. Le Président de la République et son gouvernement opposent un silence incompréhensible à certaines des décisions de la Cour qui ne les avantagent pas. Pire, ils poursuivent sans gêne l’action jugée anticonstitutionnelle par la Cour ou laissent des décisions jugées anticonstitutionnelles continuer de produire des effets. En plus de l’exécutif, c’est désormais le parlement qui s’illus tre dangereusement par une résistance à l’application d’une décision de la Cour. La décision DCC 17-262 du 12 décembre 2017 exigeant du parlement la désignation de ses représentants au Conseil d’Orientation et de Supervision de la Liste électorale permanente informatisée est restée inappliquée à ce jour.

Dans cette même foulée, des hommes politiques et des juristes proches du pouvoir se sont illustrés par des propos condamnant la Cour constitutionnelle. Des médias proches du pouvoir ont rivalisé de titres outrageux à l’égard de la Cour et de son président. Au coeur des attaques, les décisions déclarant anticonstitutionnel le retrait du droit de grève aux travailleurs de certains secteurs de la fonction publique (justice, santé et sécurité). Jamais depuis la Conférence nationale, la Cour n’a reçu autant de coups, autant d’attaques. Une telle attitude peut produire une triple conséquence sur laquelle il importe d’appeler l’attention des gouvernants.

Le premier scénario, c’est la désacralisation de la haute juridiction.

Organe régulateur du fonctionnement des institutions de la République, la Cour s’est positionnée comme l’épicentre de notre démocratie. Dans l’esprit des Béninois, elle est une institution sacrée. Elle est le dernier recours lorsque le pays est au bord de l’éclatement politique. La tendance actuelle à la non application des décisions de la Cour conduit à la déconstruction de son caractère sacré. Cette situation provoquera inexorablement la fragilisation de l’institution. La Cour désacralisée par le discours et l’action des gouvernants, il deviendra difficile d’exiger du citoyen lambda de la respecter et de respecter ses décisions. Une telle situation nous conduit vers une anarchie.

Le deuxième scénario, c’est la désacralisation de l’exécutif et du parlement

Ceci est la suite logique de la situation précédente. En effet, le citoyen se demandera – et c’est déjà le cas – quelle est l’utilité de respecter les lois votées par un parlement qui méprise la Constitution et la Cour constitutionnelle. Il trouvera inutile de respecter les décisions du gouvernement et de son Chef alors que ces derniers méprisent la Constitution et la Cour constitutionnelle. Et lorsqu’à leur tour, ils mépriseront les lois et règlements, la Cour constitutionnelle déjà décrédibilisée et désacralisée ne réussira pas à les ramener à l’ordre. Nous nous retrouverons ainsi davantage dans l’anarchie.

Le troisième scénario, c’est la résistance à la prochaine Cour constitutionnelle

Les événements ci-dessus évoqués se déroulent dans un contexte de fin de mandat de l’actuelle équipe de la Cour constitutionnelle. Dans quelques mois, de nouveaux membres devront être désignés pour une partie par le Président de la République et pour une autre par le bureau de l’Assemblée nationale. Les citoyens et une partie de la classe politique, en occurrence l’opposition, peuvent soupçonner la nouvelle équipe de connivence avec le pouvoir. Même s’il est vrai que depuis son existence, la Cour n’a pas échappé à ce genre de soupçon, le contexte actuel risque d’accentuer les critiques à l’encontre de la prochaine mandature. Quelle que soit la qualité des décisions que prendra cette Cour, celles-ci souffriront de la résistance et de la critique de l’opposition et des citoyens.

En somme, nous retenons que ce qui se joue actuellement n’est pas en faveur de la consolidation de notre démocratie. Cela participe plutôt d’une opération – peut-être involontaire – de démantèlement de l’édifice démocratique en construction depuis la Conférence nationale de février 1990. Pour prévenir l’irréparable, nous souhaitons formuler une seule recommandation aussi bien à l’endroit du Président de la République, de son gouvernement, de l’Assemblée nationale que de l’ensemble de la classe politique et du peuple béninois : Respectons la Constitution et l’Etat de droit. De l’action et du discours de chacun dépendent la crédibilité et la valeur de nos institutions. OEuvrer à la consolidation de la démocratie et de la paix ne saurait être une question de choix ; c’est un devoir pour chacun. En ce jour anniversaire de l’historique Conférence nationale des forces vives, il importe que chacun réfléchisse au sujet de son discours et de son action au service de la République.

Fait à Cotonou, le 19 février 2018

Ont signé :
Sri COOVI, Juriste
Esther DJOSSA, Animatrice de l’action sociale et culturelle
Dalila DOSSOU, Juriste
Fifamin J. Miguèle HOUETO, Juriste
Sessi Mariette HOUNKPO, Sociolinguiste-Communicante
Armel DOSSOU KAGO, Journaliste
Diane Aurore KINDJI, Communicante
Ibrahim LAWANI, Juriste
Emmanuel Odilon KOUKOUBOU, Politiste
Franz OKEY, Ir Management de projet
Claudino Gildas de SOUZA, Juriste
Maurice THANTAN, Blogueur

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