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Didier Nasségandé au sujet de la situation actuelle de la culture : « ...Pas de réformes à valeur durable sans les vrais acteurs...»

Didier-Sedoha-Nassegande

Didier Sèdoha Nasségandé est un jeune comédien béninois. Dramaturge, metteur en scène et Directeur à ‘’Tout gran Théâtre Djogbé’’, il travaille à meubler son palmarès dans l’univers culturel. A l’instar de ses collègues, il dénonce le statu quo dans lequel végète le secteur des arts et de la culture au Bénin, ce qui n’est pas sans conséquence sur ses activités. Quoiqu’un dénouement semble poindre à l’horizon après le récent conseil des ministres,  Didier reste sceptique quant à la fin de cette situation léthargique.

Le jeune comédien-metteur en scène, par l’entremise d’un entretien qu’il a accordé aux éléments de la plateforme d’information culturelle ‘’Awaléafriki’’ dont le promoteur est Eric Azaney, a opiné sur la situation actuelle que traverse la sphère culturelle sous le régime de la rupture. « C’est en effet une triste réalité » martèle-t-il pour amorcer son commentaire. « Pendant la décennie du pouvoir du Président Yayi , nous avons été dans une sorte de gouvernance qui a manifestement permis une animation de la vie culturelle du Bénin ici et ailleurs. Etait-ce la meilleure des gouvernances ? La réponse est à double tranchant. Cela dit, le résultat obtenu est une pleine activité du secteur des arts de la culture et du tourisme. Cependant il était opportun de revoir certaines démarches du système précédent afin qu’on ait un secteur culturel viable. A cet effet, les réformes annoncées par le régime du Président Patrice Talon  étaient les bienvenues. Sauf qu’à la date d’aujourd’hui vous et moi n’en savons rien. Et depuis deux ans que le régime est en place, le climat des réformes a plongé les acteurs culturels dans une sorte d’attente de résultats. C’est légitime même si c’est grave, dangereux et irresponsable. Légitime parce que quand votre patron décide de vous revenir sur une nouvelle procédure, vous avez le devoir moral de rester dans l’écoute, l’attente. Dangereux et irresponsable car pour un secteur comme celui-ci, l’on ne peut attendre que les réformes nous soient élaborées et imposées. Il y a des experts, des praticiens avérés, des jeunes qui ont la pratique scientifique de ce secteur. Déjà, nous aurions pu anticiper, dire les points sur lesquels nous voulons faire des réformes et prévenir tout pouvoir qui s’y dérogerait des conséquences de désintérêt aux points cités. Je veux dire en Français facile : pas de réformes à valeur durable sans les vrais acteurs culturels et quand je dis vrai, je ne parle pas des amis de ministres ou les faux experts par ci par là » va-t-il examiner pour s’indigner de la comédie orchestrée dans la gestion du secteur culturel au Bénin depuis des années. Par ailleurs, l’artiste fait savoir que la léthargie observée aujourd’hui est lié au fait que l’Etat n’a pas de solutions aux maux qui minent le monde des arts et de la culture.

La pierre n’est pas seulement jetée aux dirigeants…

Pour lui, si on en est arrivé là, la responsabilité est partagée. « C’est  l’irresponsabilité de chacun avec son lot de conséquences. Il y la responsabilité des jeunes, celle des aînés, celle des journalistes culturels. Nos devanciers dans ce secteur, à mon sens ont perdu tout crédit. Certains d’entre eux sont devenus des mendiants, des gourmands de postes politiques. Ceux-là, vous les reconnaitrez à leurs œuvres, ils s’agitent inventant mouvements ci et ça pour être vus par l’autorité politique. C’est dommage qu’ils soient obligés d’en arriver là. Ils se comportent comme les arbres dans les fables qui disent «  wagbinmi » c’est-à-dire : viens me cueillir. Ces aînés passent leurs temps à sourire aux politiques, les amadouent, sans jamais avoir le courage de leur tenir un langage culturel franc, intelligent, objectif. Et tout ça pourquoi? , parce qu’ils veulent des faveurs (voyager au frais de l’Etat, être nommé, gagner un projet, etc.) Mais croyez-moi, on ne peut faire du compromis sur ce qui engage la vie d’un secteur. Les jeunes quant à nous, avons décidé de rester dans le silence du bon enfant de chœur qui met de l’encens sur le crime du père. Ce silence est un silence coupable. Ce silence est une lâcheté. Ce silence est de la mendicité. Pis, cherchant à paraître dans les bonnes grâces de celui-ci ou de celui-là. Vous voyez? Nous jeunes, nous nous associons  à certains de ces ainés pour les accompagner dans leurs plans pernicieux ».

Au sujet du Fonds des arts et de la culture…

L’artiste n’a pas à tenir une langue de bois. « C’est pas notre rôle de nous frotter les mains ou de ronchonner. Les deux actions nous réduiraient aux comportements d’amuseurs publics. Je précise que rien n’a véritablement changé à part les dénominations. Peut-être dans l’Aof, nous découvrirons des avancées majeures. Je note néanmoins qu’on ne parle plus d’aide à la culture, ce qui est, en effet, un acte qui interpelle à l’ample professionnalisation de ce corps de métier. C’est une mention très honorable. Nous voulons savoir, ce que contient cette réforme en termes de droits, obligations, ambitions, opportunités autant chez le gouvernant que chez l’acteur culturel. »

Teddy GANDIGBE

Dernière modification levendredi, 23 février 2018 05:02
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