« En 10 ans, le Bénin a changé de dimension »

Avec un master en finance, une carrière à AGL en France, Bilal Yacoubou est le nouveau visage politique de la 8e circonscription électorale. Originaire des deux nords, Parakou et Kandi, ce jeune financier est rentré au pays pour vivre les réalités des populations. Tout de suite, il est sidéré par ce qui se fait au Bénin depuis 2016. Il décide alors d’accompagner le mouvement par des œuvres caritatives. Pour lui, Romuald Wadagni est une aubaine pour le Bénin qui veut aller plus loin en matière de développement. Et Bilal Yacoubou ne manque pas d’arguments pour convaincre les populations de Parakou et environs. Dans une interview accordée à Daabaaru TV, Bilal Yacoubou énumère les raisons de ce choix.

Journaliste : Alors, vous faites donc ainsi votre première apparition médiatique officielle après des années d’action dans l’ombre. Pourquoi avoir choisi ce moment précis pour franchir le rubicon de la parole publique ?

Bilal YACOUBOU : Sur ces 10 dernières années, Les chiffres parlent d’eux-mêmes: En matière d’économie, une croissance autour de 6 % en moyenne, pic à 7,5 % en 2024, inflation contenue entre 1 et 2 %, le déficit a été ramené vers la norme de 3 % du PIB, la dette est restée autour de 53 % du PIB, les recettes publiques passées d’environ 11 % du PIB à près de 15 %, et plus de 300 services publics dématérialisés. En terme d’infrastructures, de cadre de vie et bien-être des populations, le changement aussi est visible. Le réseau routier bitumé est passé d’environ 2 300 km à près de 3 800 km, soit plus de 60 % de hausse. Les temps de transport ont baissé de 30 à 50 % sur les grands axes. L’accès à l’eau potable est passé d’environ 52 % à près de 75 %, et l’accès à l’électricité d’environ 39 % à plus de 60 % dans les zones urbaines et périurbaines. Sans parler des domaines de l’agriculture (production en hausse de plus de 5% par an en moyenne, la zone industrielle GDIZ), de la santé (le CHIC), de l’éducation (Taux net de scolarisation primaire passé d’environ 78 % à près de 88 %. Taux d’achèvement du primaire désormais au-dessus de 80 %, Plus de 1,1 million d’enfants reçoivent chaque jour un repas scolaire, contre moins de 300 000 en 2016) et même de la sécurité (Budget de la défense presque doublé entre 2021 et 2025, Plus de 8 000 soldats engagés dans un dispositif territorialisé, Déploiement de bases avancées, forces spéciales, drones et hôpitaux militaires, Un commissariat dans chaque arrondissement via la réforme de la Police républicaine).

En dix ans donc, le Bénin a changé de dimension. Le principal bilan, c’est la transformation concrète du pays. Le Président PT a donc remis de l’ordre dans l’État, de la rigueur dans les finances publiques et de l’ambition dans les investissements. Nous sommes passés d’un pays perçu comme fragile à un pays crédible, réformateur et en mouvement. Sous Patrice Talon, l’État a été modernisé.

Notre pays doit maintenant entrer dans une phase de consolidation. J’ai agi longtemps sur le terrain, loin des caméras, car je crois que la légitimité se forge auprès des populations. Aujourd’hui, j’assume de parler car la jeunesse béninoise, et singulièrement celle de Parakou et de la 8e circonscription, doit cesser d’être une spectatrice passive de son destin. Nous sommes à l’heure des choix décisifs, et je pense que l’avenir du Bénin doit se décider avec la voix de ceux qui vivent les réalités du terrain au quotidien.

Vous vous êtes fait connaître à travers des actions sociales et citoyennes très concrètes. Aujourd’hui, certains voient dans ce passé humanitaire une simple stratégie politique déguisée pour préparer votre ascension. Que répondez-vous à ce procès en opportunisme ?

C’est le réflexe habituel de ceux qui préfèrent soupçonner plutôt que construire. Croyez-moi il y a bien des gens lambda qui font déjà ce que je fais et ne souhaitent pas être mis en avant et c’est tout à leur honneur. Je réponds donc à ceux-là avec sérénité : mon engagement est réel, factuel et il est assumé. Si travailler au bien-être de ma communauté, écouter les mères de famille ou encourager l’entrepreneuriat des jeunes est une « stratégie », alors c’est une stratégie de l’utilité que je revendique. Ceux qui critiquent ont le droit, mais ils ne pourront pas effacer les résultats obtenus sur le terrain. Soit on aime son peuple et on le sert, soit on reste dans les salons. Et moi j’ai choisi de servir.

Vous avez choisi de servir, effectivement les preuves sont là. Mais lors de vos récentes activités sur le terrain avec les jeunes et les femmes, vous insistez tellement sur la participation électorale. Pourquoi cet engagement est-il au cœur de votre discours actuel ?

Parce que l’abstention est le suicide silencieux d’une génération. Quand les jeunes désertent les urnes, ils ne font pas qu’exprimer un mécontentement, ils abandonnent leur part de souveraineté. Ils laissent à d’autres, souvent déconnectés de leurs priorités, le soin de décider de leur emploi, de leur santé et de l’éducation de leurs enfants. Je dis clairement à la jeunesse de Parakou : ne vous plaignez pas des décisions prises si vous refusez d’être l’arbitre du match. Le vote n’est pas un simple geste administratif, c’est le rapport de force le plus puissant en démocratie. On ne change pas le pays uniquement sur Facebook, TikTok ou WhatsApp ; on le change en transformant son opinion en un acte politique souverain dans l’urne.

Un investissement personnel prononcé donc de votre part pour la participation électorale, mais à quelles fins ? Est-ce que cela veut dire que vous avez déjà déclaré votre soutien à l’un des candidats en lice pour la présidentielle du 12 avril 2026 ? 

Je n’ai pas encore déclaré un quelconque soutien à un candidat, mais effectivement cela fait partie des raisons de ma sortie, puisqu’en tant que leader, il faut aussi éclairer la jeunesse pour un choix judicieux du concitoyen à qui confier le destin de notre pays pour les sept prochaines années. Et donc au regard des enjeux spécifiques de Parakou et de la 8e en général, mais aussi de la dynamique que nous avons observé es dix dernières années, je pense que le pays n’a pas besoin d’aventures, il a besoin de compétence, de rigueur et de continuité dans ce qui fonctionne. Alors, je soutien officiellement Romuald Wadagni pour la présidentielle de 2026.

Qu’est-ce qui justifie ce choix ?

Mon choix est un choix de raison et de pragmatisme. Regardons le bilan du gouvernement actuel dont j’ai énuméré quelques chiffres au début de  notre échange, et dont Romuald Wadagni est l’architecte financier. Nous savons qu’il y a contribué grandement. Romuald Wadagni a été l’artisan de la stabilité macroéconomique et de la crédibilité financière du Bénin. Avec lui, notre économie a gagné en rigueur, en confiance et en performance. Plus de croissance, plus de recettes, plus de discipline budgétaire. Il a porté la modernisation des finances publiques, amélioré la mobilisation des recettes, structuré la dette et renforcé l’attractivité du pays. Son action a été reconnue à l’international avec le Financial Afrik Awards 2018 et le titre de Meilleur ministre des Finances 2019 aux African Banker Awards.

Ici même à Parakou, Est-ce que nous ignorons la transformation de nos rues par l’asphaltage ou la dignité retrouvée des commerçantes au nouveau Marché de Guéma, un joyau de 8 000 m² qui fait la fierté du septentrion ? La capacité de production d’eau potable a été multipliée par cinq…

Soutenir Romuald Wadagni, c’est soutenir la signature financière du Bénin, reconnue par les agences internationales, qui permet justement de financer ces infrastructures vitales. Mais c’est aussi adhérer à une perspective d’avenir pour Parakou. Dans son projet de société, notre ville n’est plus seulement un carrefour, elle devient un pôle industriel. L’ambition de Wadagni est de transformer localement nos produits agricoles pour que la valeur ajoutée et les emplois restent entre les mains de notre jeunesse. Soutenir Wadagni, c’est choisir la compétence qui a déjà fait ses preuves pour porter Parakou vers une prospérité durable et technologique.

Justement, vos détracteurs disent que « continuité » est synonyme d’immobilisme ou d’une volonté de garder le pouvoir entre les mains d’un même clan. N’y a-t-il pas un risque de saturation politique ?

Ce discours est souvent un slogan creux destiné à masquer une absence de programme alternatif. Il faut arrêter de faire croire que changer de visage suffit à changer le destin d’une nation. La vraie question démocratique, ce n’est pas « qui » occupe le siège, mais « qu’est-ce qui » est fait pour le peuple. Pour moi, la continuité n’est pas une paresse politique, c’est l’exigence de consolider les acquis monumentaux de ces dernières années sans tomber dans l’improvisation ou le populisme. Ceux qui confondent systématiquement « rupture » avec « progrès » vendent souvent des illusions dangereuses. La maturité politique consiste à savoir reconnaître ce qui marche, à le corriger quand c’est nécessaire, et à l’amplifier pour le bien de tous.

Votre retour au pays est présenté comme un acte fondateur de votre crédibilité. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ? 

J’ai choisi de revenir parce qu’on ne peut pas parler avec authenticité de la souffrance ou de l’espoir du peuple en restant confortablement installé à l’étranger ou loin des réalités locales. Il y a trop de commentateurs à distance et pas assez d’acteurs de proximité. J’ai voulu être là, au cœur de la 8e circonscription, pour voir, entendre, comprendre et surtout agir avec mes frères et sœurs. Le terrain n’est pas une mise en scène pour moi, c’est mon lieu de vie. Un leader qui fuit l’épreuve de la proximité n’est tout simplement pas prêt à servir. Revenir, c’est dire à cette jeunesse : « Je crois en notre potentiel commun au point d’y investir ma vie entière. »

Quel sera votre rôle opérationnel lors de la prochaine campagne électorale ?

Je vais mobiliser, je vais éveiller et je vais dire la vérité brute. Mon rôle est d’aller dans les quartiers les plus reculés, dans les ateliers des artisans, sur les campus, pour dire une chose simple : l’État fait sa part, mais c’est à nous de prendre les commandes de notre avenir. Je veux casser la glace qui sépare parfois la haute politique de la jeunesse. Je ne veux pas d’une campagne de slogans et de distribution de pagnes. Je veux une campagne de projets, de chiffres et de perspectives réelles. Je serai sur le terrain, pas dans les salons climatisés. Mon rôle est d’être l’ambassadeur d’une jeunesse qui ne mendie pas, mais qui exige des opportunités.

Concrètement, comment comptez-vous mobiliser les jeunes de la 8e circonscription, souvent gagnés par le désenchantement ?

En arrêtant de leur mentir. Les jeunes ne sont pas des dupes. Ils n’attendent plus des phrases décoratives. Ils veulent qu’on parle de formation technique de qualité, d’accès au financement pour leurs start-ups, et de respect pour leur talent. Ils veulent qu’on arrête de les considérer comme de la « chair à meeting » qu’on oublie une fois les urnes fermées. Mon message est direct : votre voix est une arme de construction massive, mais elle n’est efficace que si vous l’utilisez pour soutenir des projets sérieux comme celui de Romuald Wadagni. La jeunesse doit comprendre qu’elle n’est pas condamnée à applaudir les aînés ; elle a le pouvoir de décider qui dirigera ce pays.

Vous concentrez vos forces sur Parakou et la 8ᵉ circonscription. Est-ce une limite à votre ambition nationale ?

C’est tout le contraire. C’est trop facile de vouloir parler au nom de tout le Bénin quand on est incapable d’être utile à ses propres voisins. J’assume mon ancrage local. Parakou et la 8ᵉ circonscription sont ma base de vérité. C’est ici que je veux prouver qu’un engagement sérieux, étayé par une vision claire, produit des résultats concrets pour la population. Ceux qui méprisent l’échelon local finissent toujours par tenir des discours creux au niveau national. Une influence nationale solide commence par une crédibilité locale incontestable. Si je peux contribuer à faire de Parakou un moteur de développement pour le Bénin, alors mon ambition sera pleinement satisfaite.

Face à des citoyens qui peuvent percevoir votre influence comme trop localisée, que répondez-vous ?

Je réponds que le « pays réel » n’est pas dans les grands discours de Cotonou. Le pays réel, il est dans les difficultés d’irrigation à N’Dali, dans l’accès aux micro-crédits pour les femmes de Pèrèrè, ou dans l’insertion des diplômés de Parakou. Si vous ne maîtrisez pas cette nuance de la réalité sociale, votre parole nationale n’a aucune profondeur. Je préfère être enraciné et utile plutôt que visible et superficiel. Le respect des populations se gagne par le travail de proximité, et c’est ce respect qui finit par peser sur les décisions nationales.

Vous êtes perçu comme une « alternative crédible ». À quoi exactement proposez-vous une alternative ?

À une façon obsolète de faire de la politique qui privilégie le verbe à l’action. À une manière d’occuper l’espace public sans jamais produire de résultats mesurables. Je propose l’alternative de l’efficacité, de la proximité et de la redevabilité. Être une alternative, ce n’est pas crier plus fort que les autres ou insulter le système. C’est apporter une énergie nouvelle, une rigueur dans le suivi des projets et une écoute permanente. Je veux incarner une génération de leaders qui ne cherchent pas des privilèges, mais des solutions.

Quelles sont, selon votre analyse de terrain, les attentes prioritaires des jeunes aujourd’hui ?

Les jeunes veulent trois choses : la formation, du travail et de la dignité. Ils veulent travailler pour subvenir à leurs besoins, mais ils veulent aussi être reconnus comme des acteurs majeurs du développement. Il y a une fatigue morale chez beaucoup de jeunes à qui l’on demande sans cesse d’attendre leur tour. Je pense qu’il faut intégrer la jeunesse au cœur des processus de décision dès maintenant. La jeunesse béninoise n’est pas un problème à régler, c’est la solution pour accélérer notre marche vers l’émergence. Notre force doit peser sur les choix budgétaires et stratégiques du pays.

Une frange de la jeunesse rejette totalement le système actuel, parfois avec véhémence. Comment comptez-vous les ramener vers l’engagement constructif ?

D’abord en respectant leur colère. Cette colère naît souvent d’un sentiment d’injustice ou de lenteur dans les changements. Mais mon rôle est de leur dire la vérité : la colère seule ne construit rien. Brûler des étapes ou rejeter tout en bloc peut faire du bruit, mais cela ne bâtit pas une route, cela ne crée pas une usine. Si la jeunesse veut vraiment changer les règles du jeu, elle doit entrer sur le terrain. Elle doit s’engager, se former et participer au rapport de force démocratique par le vote. Je ne veux pas d’une jeunesse qui se contente de commenter sa propre exclusion sur les réseaux sociaux. Je veux une jeunesse qui s’impose par sa compétence et sa participation.

Un dernier mot à l’endroit des électeurs de la 8e circonscription ?

Oui. Le temps de l’indifférence et de l’attentisme doit s’achever. Notre pays a besoin de citoyens debout, conscients de leur pouvoir. Le jour du scrutin, chaque citoyen de Parakou, de Tchaourou, de N’Dali et de Pèrèrè devra choisir entre subir son destin ou décider de son avenir. J’appelle surtout les jeunes à prendre toute leur place. L’avenir ne se regarde pas de loin, il se conquiert brique par brique.

N’attendez pas qu’on vienne sauver notre avenir à notre place. Le temps est venu d’assumer nos choix avec lucidité, de défendre nos convictions de progrès et de faire entendre notre voix. À la jeunesse béninoise, je dis ceci : vous n’êtes pas une génération d’attente, vous devez être la génération d’impact. Le pays de demain ne se mendie pas, il se mérite par l’engagement et la clarté de la vision. Ensemble, transformons cet espoir en une réalité durable pour le Bénin.

Source Daabaaru TV

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