Le Centre de recherche et de formation Le Chant d’oiseau a récemment accueilli une session majeure des Cercles de réflexion organisée par l’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp). Sous le thème « Les réformes constitutionnelles en Afrique : entre efficacité, stabilité et controverses », cette rencontre a mobilisé des experts de haut niveau pour ausculter l’évolution des architectures juridiques sur le continent.

 Le thème des réformes constitutionnelles intervient alors que de nombreux États africains font face à des évolutions fréquentes de leurs textes fondamentaux. Ces dynamiques, parfois contestées, alimentent les débats sur la gouvernance, la légitimité des institutions et la consolidation de l’État de droit. Le panel a réuni des figures académiques aux profils variés : le Professeur Maxime da Cruz (Linguistique), la Professeure Monique Ouassa Kouaro (Sociologie-Anthropologie) et le Professeur Maxime Hounyovi (Sciences de Gestion). Cette diversité a permis de souligner que la loi, pour être durable, doit s’enraciner dans les aspirations profondes des citoyens et non se limiter à une ingénierie juridique déconnectée du quotidien. Au cours des échanges, les participants ont examiné les conditions susceptibles de limiter les controverses, notamment la transparence des procédures, l’inclusivité des consultations et le respect des principes constitutionnels existants.

Le bien commun comme boussole de la démocratie

Un point central a émergé : la distinction entre l’intérêt général et le bien commun. S’appuyant sur la doctrine sociale de l’Église, le Père Éric Aguénounonrine a rappelé que le bien commun représente l’ensemble des conditions sociales qui permettent à chaque personne, et à chaque groupe intermédiaire, d’atteindre son plein épanouissement. Le Père Éric Aguénounon a affirmé que la démocratie s’enracine véritablement lorsqu’elle sublime le bien commun. En retour, ce bien commun humanise la pratique démocratique en y injectant les valeurs de vérité, de charité et de droiture. En somme, la réforme constitutionnelle ne doit pas être une fin en soi, mais un outil au service de cette humanisation.

Si les réformes visent souvent la stabilité des institutions et l’efficacité de l’État, elles se heurtent parfois à des controverses liées à l’instrumentalisation du droit. L’approche sociologique a notamment mis en lumière que la loi, pour être durable, doit s’enraciner dans les aspirations profondes des citoyen. Une démocratie qui ne sublime pas le bien commun risque de devenir une coquille vide, tandis que la recherche de ce bien supérieur permet de stabiliser durablement les nations africaines.

Cette session, rappelons-le, s’est tenue dans un contexte mémoriel fort, marquant le 27e anniversaire du rappel à Dieu de Son Excellence Monseigneur Isidore de Souza. Pour le Père Éric Aguénounon, directeur de l’institution, l’objectif est de transformer la mémoire de ce bâtisseur de la démocratie en un levier d’action contemporain. Il a souligné que cette figure historique ne doit pas être perçue comme une icône de musée, mais comme un modèle d’engagement citoyen pour le bien supérieur de la nation.

Fifonsi Cyrience KOUGNANDE

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