Après la projection du film « Djibiti 1 », le vendredi 6 février 2026, l’Espace Culturel Le Centre a encore donné rendez-vous, vendredi 6 mars 2026, aux cinéphiles pour la suite, « Djibiti 2 ».  Après la projection, le public à eu droit à un échange enrichissant avec les acteurs, et le réalisateur.

« Djibiti », œuvre de Oncle Bazar Production, est un film tourné entre le Bénin et le Nigeria, impliquant des acteurs des deux pays et même de la Côte d’Ivoire. Il est sorti entre 2007 et 2008. Le film est tiré d’un fait réel, l’arrestation en 2003 au Mali d’un criminel transfrontalier, Hamani Tidjani, un receleur de véhicules haut de gamme volés au Nigeria, vendus au Bénin et dans la sous région. Sur pressions du Nigeria, la justice béninoise accepte son transfèrement vers le Nigeria où il va mourir en prison en 2014, sans aucun jugement. Dans sa trame, « Djibiti » évoque l’histoire d’un arnaqueur transfrontalier connu comme Bazarou, Akim ou encore Bazar. Il finit par être arrêté au Bénin, transférée au Nigeria où il fait face à une accusation d’escroquerie de 300 millions de dollars. Mais le hic ici, l’escroc Bazar ou Bazarou a une relation amoureuse avec la plaignante. Elle est même enceinte de lui. Finalement, l’amour aura raison sur la justice. La plaignante a retiré sa plainte pour avoir un mari.

« Djibiti » est l’une des dernières productions où on voit sur scène Jean Paul Amoussou (Oncle Bazar), Prince Yadjo, Delphine Aboh et la regrettée Marcelline Aboh. Avec le réalisateur Prince Ogoudjobi, ils étaient présents ce vendredi 06 mars à l’Espace Culturel Le Centre. Même l’actrice nigériane, Dotun Emmanuel, qui a joué la femme nigériane de Oncle Bazar a fait le déplacement pour échanger avec le public. Les préoccupations des cinéphiles ont tourné autour des difficultés rencontrées dans le tournage du film, le modèle économique et surtout l’absence prolongé des acteurs sur le petit écran après « Djibiti ».

Des échanges…

Le réalisateur Prince Ogoudjobi a planté le décor en narrant une anecdote. Lors du tournage au Nigeria, le matériel a été confisqué et le tournage bloqué. « Au Nigéria, avant de tourner dans un quartier, il faut payer les bandits. Il faut payer le chef bandit. Donc, on a subi ça, ils ont confisqué nos caméras, les matériels et finalement, c’est réglé » a-t-il laissé entendre. Aux dire de Oncle Bazar, « Djibiti » était en son temps le film le plus vendu au Bénin, à 2000 FCFA sur VCD, et a reçu des prix. Mais quel enseignement en tirer ? Delphine Aboh trouve que quand on n’est pas correct dans la vie, ça amène dans des trous. Elle parle ainsi de la fin de « Djibiti 2 » qui entretient le suspense. Bien que Bazar soit libéré par la justice nigériane, il fait face au Bénin à la fronde de sa femme laissée sur place (Delphine Aboh) et qui jure par tous les Dieux prendre sa revanche pour avoir été cocufiée, avec un enfant à la clé. Outre cela, Bazar fera face aux amourettes entre son frère, Prince Yadjo, et sa belle-fille, un amour interdit. La morale de l’histoire, selon Delphine Aboh, il faut être correct dans la vie. Quant à cette absence prolongée des acteurs sur le petit écran, il y a trop de sollicitations gratuites aujourd’hui. D’où le recul. Le cinéma ne nourrit pas son homme au Bénin, a justifié Delphine Aboh. « Les sponsors du cinéma n’ont plus d’affaires depuis quelque temps. Le fonds d’aide aussi avait disparu. Il a fallu qu’on retourne à d’autres choses, avoir une plus-value afin de réalimenter le cinéma » a soutenu Oncle Bazar. « On est toujours disponible, prêt à monter sur scène. On n’a pas abandonné le cinéma » renchérit Prince Yadjo.

L’Espace Culturel Le Centre ravive la flamme du cinéma

Pour le Directeur de l’Espace Culturel Le Centre, Berthold Hinkati, le programme WA Cinéma, initié en 2021, consiste à faire des projections cinématographiques d’Afrique, afin de rallumer la flamme du 7e art dans la commune d’Abomey-Calavi et environs. A ses dires, l’objectif est atteint. « Déjà, quand on voit le nombre de cinéphiles qui ont fait le déplacement, on ne peut qu’être satisfait. A chaque projection, nous avons en moyenne une centaine de cinéphiles. Et quand vous savez que ce sont des films africains que nous projetons, on se dit qu’un effort a été fait. Parce que pour l’Espace Culturel Le Centre, le plus important, c’est de mettre le focus sur nous-mêmes » a laissé entendre Berthol Hinkati. « Djibiti », à ses dires, est un film futuriste qui capte encore l’attention du public, 18 ans après. Il en veut pour preuve la séance de discussion qui a été très riche. Les cinéphiles ne voulaient plus rentrer.

Bertrand HOUANHO

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici