La Grande Place à Porto-Novo abrite, depuis le 7 mars 2026, l’exposition collective « Aux chemins faisant », réunissant trois créateurs aux sensibilités différentes : Jason Gardner, Nikel Sikirou et David Gnaha. Le vernissage de cette exposition, qui se poursuit jusqu’au mois de juin, a rassemblé amateurs d’art, professionnels de la culture et curieux autour d’une traversée visuelle où photographies et peintures dialoguent pour interroger les liens entre rites, territoires et mémoires.

Trois artistes, trois regards et une même volonté de créer un espace de résonance entre les cultures. A travers leurs œuvres, les visiteurs découvrent des univers où se croisent les imaginaires spirituels, notamment autour du vodun et de rituels qui trouvent des échos bien au-delà des frontières africaines, jusqu’au Brésil. Les œuvres présentées donnent ainsi à voir des gestes, des croyances et des récits qui se répondent et se reflètent dans une dynamique artistique plurielle.

Photographe et anthropologue visuel, Jason Gardner explore depuis plus de quinze ans l’univers des carnavals traditionnels à travers le monde. Américain d’origine et installé à Paris, il parcourt différents continents pour documenter les rituels festifs et spirituels qui façonnent les identités culturelles. Ses travaux l’ont conduit à photographier des carnavals dans plus de quinze pays.

En 2013, il publie A Flower in the Mouth, un ouvrage consacré à la musique, à la culture et aux rituels du carnaval de Pernambuco au Brésil. Plus récemment, en 2024, il présente We the Spirits aux éditions GOST Books au Royaume-Uni, une sélection d’images issues de ses archives retraçant quinze années de documentation sur les carnavals traditionnels. À travers ses photographies, Jason Gardner cherche à dépasser les clichés souvent associés à ces festivités pour révéler la richesse et la complexité des cultures qui les portent. Son travail a été présenté dans plusieurs expositions à l’échelle internationale.

À ses côtés, le peintre béninois Nikel Sikirou propose une approche singulière du portrait figuratif. Son travail s’inscrit dans la tradition du réalisme tout en en redéfinissant les contours. Les figures humaines qu’il peint sont traitées avec une attention minutieuse portée à la peau, au geste et à la présence.

La couleur occupe une place centrale dans sa démarche artistique. Tantôt retenue pour laisser apparaître la texture et les détails du quotidien, tantôt intensifiée par des effets de lumière fluorescente, elle transforme la perception de l’image et crée une tension entre réalité et illusion.

Enfin, le photographe béninois David Gnaha développe une approche documentaire sensible centrée sur les transformations sociales et culturelles de l’Afrique contemporaine. Ses images révèlent souvent les signes discrets des mutations à l’œuvre dans les sociétés ouest-africaines : transformations urbaines, circulations culturelles, pratiques spirituelles ou transmission des mémoires. Pour lui, photographier revient à révéler les histoires silencieuses qui habitent les lieux et les êtres.

« Aux chemins faisant » se présente ainsi comme une invitation à parcourir les chemins croisés de la mémoire, de la spiritualité et des identités culturelles. Une exposition où l’art devient un espace de dialogue entre les territoires et les histoires humaines.

Edward K. (Coll.)

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