Dans l’opinion publique, c’est la lune de fiel entre l’ancien Président de la République, désormais ex chef du principal parti de l’opposition, Boni Yayi et son successeur Patrice Talon. Si ces derniers mois, les relations se sont véritablement détériorées entre les deux grandes figures politiques du pays, l’éventualité d’un imminent rapprochement n’est pas à exclure, selon certains observateurs. Et ce ne sera que dans l’intérêt général des béninois…
Patrice Talon et Boni Yayi vont-ils finalement fumer le calumet de la paix ? Bien malin qui pourra répondre même si les portes n’avaient été jamais totalement rabattues. La brèche semble avoir toujours existé en ce qui concerne un éventuel rapprochement entre les deux hommes. En témoigne d’ailleurs, les propos souvent tenus publiquement par ceux-ci. « …vous pouvez demander au Président Boni Yayi, on s’écrit, on s’appelle et on se voit très souvent » avait lancé le Chef de l’Etat, Patrice Talon à Guy Mitokpè, membre de l’opposition. Et d’arguer que Boni Yayi et lui ne sont pas ennemis. Et de son côté, Boni Yayi, homme de Dieu, n’a jamais semblé s’inscrire dans une dynamique d’adversité avec le Chantre de la Rupture. Alors que beaucoup y voient une guerre des égos entre les deux hommes, cette guerre aura visiblement assez duré et n’a pas manqué d’être préjudiciable à l’essor du pays, à la cohésion sociale. Certains observateurs estiment que leur rivalité aurait façonné la crise post-électorale en 2019 sans oublier certaines réformes jugées « exclusives », privant l’opposition d’une participation aux élections communales et présidentielles de 2026. Si Patrice Talon a œuvré ardemment pour porter Boni Yayi à la Marina, il sera finalement contraint à l’exil avant de revenir prendre le pouvoir en 2016 des mains de Boni Yayi. Et depuis, les deux hommes semblent se livrer une guerre à double facette : rougir parfois puis se donner des accolades. La résurgence de cette rivalité qui s’est également transposée dans le cœur des populations, ne devrait visiblement plus se poursuivre. En effet, après un long silence suite à sa dernière rencontre avec Patrice Talon, Boni Yayi rompt les amarres avec sa formation politique Les Démocrates. S’il évoque des raisons de santé et un besoin de repos, beaucoup pense que l’ancien leader des cauris voile plutôt une réalité perceptible. Des « trahisons » des membres du parti aux démissions sans oublier les dispositions légales proscrivant la critique de l’action gouvernementale, Boni Yayi se retrouverait non seulement déçu mais pourrait opter pour une nouvelle approche : se rapprocher pour mieux contribuer au développement du pays. Patrice Talon étant en fin de mandat, les morceaux pourraient-ils enfin se recoller ? La question reste toute posée.
M.M







