L’exclusion du parti Les Démocrates des élections générales de 2026 a engendré une crise profonde au sommet de cette formation de l’opposition, avec une succession de départs qui fragilise sa structure dirigeante. En justifiant le sien par des raisons de santé, tout porte à croire que Boni Yayi ne dit pas tout.

Le parti Les Démocrates traverse une phase de crises consécutives à sa non-participation aux élections générales de 2026. Cette absence des listes électorales écarte la formation des instances de décision pour les sept prochaines années. Ce contexte de retrait forcé s’accompagne désormais d’une vague de démissions parmi les hauts responsables. Après l’annonce du départ de Guy Mitokpè, c’est au tour de Chabi Yayi de prendre ses distances vis-à-vis du parti ce mercredi 4 février 2025. Immédiatement après cette défection, son père, Boni Yayi, a rendu publique sa propre démission de la tête de l’organisation. Pour justifier cet acte, l’ancien président de la République met en avant des raisons de santé. En abandonnant la présidence de sa formation politique, il confirme également sa retraite définitive et manifeste son désintérêt pour le militantisme politique actif à l’avenir. Si la dégradation de l’état de santé est l’argument officiel, la situation interne du parti suggère d’autres facteurs de rupture. En effet, le parti est secoué par des tensions majeures et semble échapper depuis quelques semaines à l’autorité de son président. Car, deux blocs aux visions opposées s’affrontent désormais au sommet sur la conduite à tenir face au candidat de la majorité, Romuald Wadagni. Un premier courant prône un soutien direct et sans condition au candidat de la mouvance à l’élection présidentielle prochaine. Pour ces partisans du ralliement, cette option représente l’unique moyen d’éviter un isolement politique total durant les sept ans à venir. Ils conditionnent d’ailleurs leur présence au sein du parti à une prise de position rapide de la direction en faveur du pouvoir en place. À l’opposé, un second bloc rejette toute idée d’allégeance immédiate. Ce groupe fait de la question des libertés publiques, de la libération des prisonniers et du retour des exilés un préalable non négociable à toute discussion. Pour ces cadres, l’identité du parti repose sur cette ligne de fermeté. L’absence donc de consensus entre ces deux ailes crée un climat d’incertitude à la tête du parti. Le risque de scission est désormais pris en compte, puisque le bloc favorable au pouvoir menace de procéder à des départs collectifs. C’est donc dans ce cadre que la démission de Boni Yayi intervient alors qu’il n’est plus en mesure de maintenir l’unité de ses troupes ni de contrôler les orientations divergentes de sa formation.

J.G

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