Sous les lustres du Golden Tulip, une nouvelle page de l’histoire des libertés fondamentales au Bénin s’écrit. Ce lundi 23 février 2026 a marqué l’ouverture de l’atelier de formation initiale des membres et du personnel de la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh). Prévue sur deux jours, cette session intensive s’articule autour de huit modules stratégiques visant à transformer l’institution en un pilier de l’État de droit.
La cérémonie d’ouverture a été portée par le plaidoyer vibrant de la Vice-présidente de la Commission, Sidikatou Adamon Houedete. Face à un auditoire composé de juristes, sociologues, avocats et médecins, elle a souligné la richesse de cette pluridisciplinarité tout en rappelant l’urgence d’une cohésion technique. « La mission qui nous est confiée par le peuple béninois est sacrée. Elle exige que nous parlions d’une seule voix et que nous agissions selon une méthodologie rigoureuse », a-t-elle martelé.
Selon ses propos, avec l’entrée en vigueur de la loi n° 2024-22 du 26 juillet 2024, la Cbdh voit ses prérogatives élargies, intégrant désormais le Mécanisme national de prévention de la torture (Mnp). L’objectif est limpide : atteindre les standards de performance des meilleures institutions continentales.
Le soutien de la Francophonie
L’événement a bénéficié d’un appui de taille avec la présence de Michel Forst, Secrétaire général de l’Association francophone des commissions nationales des droits de l’homme (Afcndh). Partenaire historique depuis 2018, il a salué le chemin parcouru, notamment l’obtention du prestigieux « Statut A » en 2022. Pour lui, cet atelier n’est pas qu’une simple mise à niveau, c’est le point de départ du futur processus d’accréditation auprès des Nations Unies prévu pour l’année prochaine. Il a particulièrement insisté sur l’implication du personnel technique, garant de la mémoire institutionnelle au-delà des mandats des commissaires, ainsi que sur la maîtrise des techniques d’investigation et les échanges de bonnes pratiques avec la Cndh du Togo et les experts de la Minusca.
Représentant le Garde des sceaux, ministre de la Justice et de la législation, Gilbert Togbonon, Directeur adjoint de cabinet, a officiellement lancé les travaux. Il a réitéré l’engagement du gouvernement béninois à soutenir l’opérationnalisation de la Commission. Selon lui, cette formation est un « instrument stratégique » pour doter les commissaires d’outils proactifs. L’enjeu final reste la confiance des populations : une Cbdh crédible et réactive est le gage d’une société où chaque citoyen voit ses libertés fondamentales protégées.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE


