Tandis que la Commission électorale nationale autonome (Cena) confirme la prédominance de l’Union Progressiste le Renouveau (Up-R) sur le Bloc Républicain (Br) lors des dernières communales, l’installation des élus et des maires précède les arbitrages de la Cour suprême. Cette chronologie administrative provoque des basculements de majorités au sein des mairies. Entre respect de la légalité et stabilité des institutions locales, l’urgence d’une réforme du calendrier électoral s’impose.
L’issue des élections communales et municipales du 11 janvier 2026 est connue. Le décompte final des suffrages exprimés lors du scrutin place l’Up-R en position de force face au Br. Les chiffres transmis par la Cena attestent cette avance, l’Up-R devançant son concurrent immédiat avec quelques gains supplémentaires sur l’échiquier national. Sur la base de ces résultats provisoires, l’administration territoriale a engagé le protocole d’entrée en fonction des élus. Ainsi, les préfets des différents départements ont procédé à l’installation officielle des maires désignés par leurs formations politiques respectives, ainsi que de leurs adjoints. Cependant, parallèlement à ces prises de fonction, la Cour suprême exécute sa mission de régulation du contentieux électoral. En application des dispositions du Code électoral, la haute juridiction examine et vide les recours déposés par les parties prenantes au scrutin. Ce processus juridictionnel modifie l’équilibre des forces né des premières proclamations de la Cena. Les décisions de justice successives renforcent l’avantage de l’Up-R, qui récupère la majorité absolue dans des communes initialement attribuées à d’autres formations. Cette mutation des chiffres après l’installation des exécutifs locaux engendre des conséquences directes sur la gouvernance des cités. Des maires et des conseillers municipaux, ayant déjà officiellement pris possession de leurs bureaux et exposé leurs projets de société devant les administrés, se voient contraints de quitter leurs fonctions. Le cas de la commune de Lalo illustre cette situation. Le maire issu du Br, dont l’installation avait été actée, a perdu son siège suite à la requalification des résultats par la Cour suprême. Le basculement de la majorité absolue au profit de l’Up-R dans cette localité a entraîné l’éviction immédiate de l’édile en place.
Nécessité de revoir la loi…
Si ce mécanisme s’inscrit dans la stricte application de la loi électorale en vigueur, il soulève des interrogations quant à l’organisation de la transition démocratique au niveau local. L’exécution de ces remplacements post-installation influence l’atmosphère de travail au sein des conseils municipaux. La cohabitation entre des élus confirmés et des élus sortis de fonction par voie judiciaire pourrait créer un climat de tension dans ces localités. La stabilité des institutions de proximité se trouve ainsi éprouvée par le décalage temporel entre la proclamation des résultats, la prise de fonction et le traitement final des litiges. Face à ce constat, une réflexion sur l’ordonnancement des étapes du processus électoral devient nécessaire. Une révision des textes législatifs permettrait de synchroniser la fin du contentieux juridique avec le début des mandats. L’ajustement des délais pour garantir que la Cour suprême vide l’intégralité des recours avant toute installation préfectorale constituerait une évolution. Une telle réforme assurerait la pérennité des exécutifs communaux dès leur premier jour de service, évitant les investitures éphémères et les passations de service multiples en début de mandature. La cohérence du système électoral gagnerait en lisibilité et en sérénité si le législateur décidait de concorder l’entrée en fonction des maires à l’extinction totale des contestations judiciaires. Cette approche préventive renforcerait la crédibilité des institutions locales et la solidité des agendas politiques présentés aux populations, tout en préservant la solennité des cérémonies de prise de fonction.






