Fortement critiquée, la présence militaire de la France au Sahel de 2014 à 2022 n’a pourtant pas été un fiasco comme le prétendent certaines bouches. Bien au contraire, grâce aux opérations Serval et Barkhane, l’armée française a réussi à neutraliser et arrêter plusieurs émirs et chefs militaires des groupes terroristes qui essaiment le Sahel.
Une légende de plus en plus répandue sur les réseaux sociaux raconte que la France n’aurait contribué en rien dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. La réalité des faits bien connue des armées partenaires contredit cela. Selon des sources vérifiées, les forces françaises de Serval et de Barkhane ont réussi à neutraliser plusieurs émirs et chefs militaires dont le célèbre Abdelmalek Droukdel tué à Talhandak près de Tessalit au Mali. Il fut l’émir d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) depuis 2007 et a connu une longévité légendaire à la tête de l’organisation à cause de sa discrétion et de son sens d’anticipation. Mais il n’est pas seul. L’armée française a également neutralisé et contribué opérationnellement à la neutralisation de plusieurs autres.
« Les progrès de nos partenaires et le maintien d’un rythme opérationnel élevé ont permis de porter des coups sérieux à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et au Rassemblement pour la victoire de l’Islam et des Musulmans (RVIM) et de réduire leur liberté d’action. En témoigne notamment la neutralisation de plusieurs chefs et responsables parmi lesquels le chef emblématique d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Abdelmalek Droukdal et leur chef militaire, Bag Ag Moussa », confirme une source militaire qui ajoute que « les opérations menées conjointement par la force Barkhane et les forces armées partenaires et alliées ont permis l’arrestation ou la neutralisation de plusieurs cadres de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), permettant ainsi d’affaiblir les structures de commandement des groupes armées terroristes».
On peut donc citer :
-En décembre 2014, neutralisation d’Ahmed El Tilemsi, membre fondateur du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) et émir d’Al Mourabitoune au Mali ;
-Mai 2015, neutralisation d’Amada Ag Hama alias « Abdelkrim le Touareg » et Ibrahim Ag Inawalen alias « Bana », deux des principaux chefs d’AQMI et d’Ansar Eddine ;
– 21 février 2019, le chef d’un des principaux groupes armés terroristes sévissant au Sahel, Yahia Abou el Hammam, numéro deux du RVIM3 (Rassemblement pour la victoire de l’islam et des musulmans) a été neutralisé ;
-Octobre 2019, neutralisation d’Abou Abderahman al Maghrebi, considéré comme le numéro deux et leader religieux du RVIM ;
– 3 juin 2020, neutralisation d’Abdelmalek Droukdel, « émir » d’AQMI, après avoir capturé, le 19 mai, le djihadiste Mohamed el Mrabat, cadre majeur de l’EIGS ;
– 10 novembre 2020, neutralisation de Bah Ag Moussa, chef militaire au sein du RVIM ;
– mois de juin 2021, l’EIGS a subi de lourdes pertes au sein de son encadrement : Dadi Ould Chaib, chef de groupe plus connu sous le nom d’Abou Dardar, et Sidi Ahmed Ould Mohammed, alias Khattab al-Mauritani, ont été capturés tandis que Almahmoud ag Baye, alias Ikaray, important cadre de l’EIGS, a été neutralisé ;
– Juillet 2021, Issa Al Sahraoui, coordinateur logistique et financier de l’EIGS et Abou Abderahmane Al Sahraoui, second cadre de l’EIGS chargé de prononcer des jugements, ont été eux aussi neutralisés ;
– Août 2021, Adnan Abou Walid al-Sahraoui, « émir » de l’EIGS a été neutralisé ;
– Octobre 2021, neutralisation de Oumarou Mobo Modhi, chef de groupe important au sein d’Ansarul Islam ;
-Octobre 2021, neutralisation de Saghid ag Alrhroro, chef de la Saryat Gourma et adjoint d’Abou Hamza al Chinguetti, émir du Gourma pour le RVIM ;
-Décembre 2021, neutralisation de Soumana Boura, chef de groupe de l’EIGS et responsable de l’assassinat de 6 Français dans le parc de Kouré ;
-Juin 2022, capture d’Oumeya Ould Albakaye, haut responsable de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS).
M.M






