Le consortium SOS Civisme Bénin – Groupe Banouto a officiellement lancé, vendredi 13 février 2026 à Cotonou, le projet « Stop corruption, Stop VBG ». L’initiative entend contribuer à la réduction de la corruption et des violences basées sur le genre (VBG) au Bénin, en mettant un accent particulier sur la corruption sexuelle et la sextorsion.

Tolérance zéro face à la corruption et aux VBG. Tel est le leitmotiv du consortium SOS Civisme Bénin – Groupe Banouto. Pour joindre l’acte à la parole, le consortium a procédé, le 13 février 2026, au lancement officiel du projet « Stop corruption, Stop VBG ».

L’initiative ambitionne d’encourager la libération de la parole, de renforcer les mécanismes de dénonciation et de protection des victimes, d’outiller les médias pour documenter les faits et de contribuer à l’amélioration du cadre légal et institutionnel.

Mis en œuvre sur une durée de 18 mois, le projet couvrira Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi et Parakou. Plus de 600 000 jeunes, femmes et filles sont ciblées dans les quatre villes d’intervention, ainsi que 200 institutions publiques et privées.

Au nom du consortium, Estelle Akpa N’Kakou, directrice exécutive de SOS Civisme Bénin, a situé l’enjeu. Elle a rappelé que la corruption sexuelle et la sextorsion sont des « fléaux qui entravent le développement social, économique et éducatif de notre pays ».

« Par ce projet, nous voulons construire un environnement où aucune étudiante, aucune travailleuse ne devra choisir entre sa dignité et son diplôme, ses ambitions », a insisté Estelle Akpa N’Kakou.

Le projet se distingue par son approche transversale. Il mobilise les acteurs communautaires, religieux et institutionnels pour renforcer la vigilance et la protection des victimes. Il prévoit également l’outillage des médias et des structures judiciaires, afin que « la vérité puisse s’imposer face au chantage et aux abus », selon la directrice exécutive de SOS Civisme Bénin.

Le volet médiatique est intégré au projet. Il consiste notamment à former des journalistes en investigation, ainsi qu’à créer un cercle de professionnels engagés sur la thématique et à produire des contenus pour lutter contre les désordres informationnels liés au genre.

Présente à la cérémonie, Inès Gnimagnon Kobo, secrétaire générale adjointe de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), a salué cette orientation. Elle a assuré le consortium du soutien indéfectible de l’instance de régulation des médias pour l’atteinte des objectifs du projet.

Un appui international et institutionnel affirmé

Le projet est mis en œuvre avec l’appui d’Expertise France, du groupe Agence française de développement (AFD). Représentant le partenaire, Agathe Durant a exprimé son engagement aux côtés du consortium. « Notre présence ici n’est pas seulement le signe d’un appui financier, c’est le témoignage d’une foi inébranlable en la capacité des acteurs locaux à transformer les défis sociétaux en leviers de progrès », a-t-elle confié. Elle a souligné que l’« engagement continu » du partenaire sera guidé par « l’exigence de résultats concrets ».

Du côté des institutions de lutte contre la corruption, le signal est tout aussi fort. Procédant au lancement officiel, le docteur Euloge Francis Atadé, chargé des politiques de bonne gouvernance, d’éthique et d’intégrité au Haut-Commissariat à la Prévention de la Corruption (HCPC), a salué l’ambition du projet, notamment la promotion de la qualification juridique de la corruption sexuelle.

« Cette harmonisation est essentielle pour garantir que toutes les plaintes soient correctement reçues, traitées et sanctionnées, sans se perdre dans les méandres de l’indifférence », a-t-il indiqué. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une coordination entre organisations de la société civile, médias, magistrats et forces de l’ordre.

Pour le représentant du HCPC, le projet « Stop corruption, Stop VBG » offre une opportunité concrète de traduire la prévention en actions tangibles, dans les universités, les administrations, les entreprises et les espaces publics. « La République ne tolérera plus aucun abus de position de pouvoir, et chaque citoyenne, qu’elle soit étudiante ou employée, doit pouvoir exercer ses droits en toute sécurité et dignité », a-t-il ajouté.

Selon les statistiques du Centre national d’investigation numérique, les femmes et les filles représentent 69 % des victimes de sextorsion. Un chiffre qui illustre l’ampleur d’un phénomène souvent tu, parfois banalisé, mais aux conséquences profondes sur les parcours académiques et professionnels.

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