Le paysage gouvernemental béninois se redessine sans pour autant s’élargir. Suite au départ des ministres Éléonore Ladékan et Jean-Michel Abimbola pour l’Assemblée nationale, le président Patrice Talon a choisi de confier leurs portefeuilles à des ministres déjà en poste. Si ce choix du cumul peut surprendre, il révèle une stratégie politique qui rompt avec les vieilles habitudes de fin de règne : éviter les ministres d’un jour.
Le Bénin a souvent connu, par le passé, des vagues de nominations à l’approche des fins de mandats, souvent perçues comme des récompenses politiques de dernière minute. En refusant cette option, le Chef de l’État semble éviter de créer des « ministres-comètes ». Nommer un nouveau visage à ce stade pourrait, en effet, s’avérer contre-productif : une fois le nouveau Président installé, celui-ci pourrait remercier ces ministres après seulement quelques semaines. En choisissant le cumul, le Président Patrice Talon paraît vouloir éviter de créer des frustrations inutiles qui pourraient empoisonner la transition.
Laisser le champ libre au successeur
Cette approche offre une véritable élégance républicaine. En ne figeant pas l’organigramme avec de nouveaux titulaires confirmés, l’actuel occupant de la Marina, donne l’impression de laisser les mains libres à son successeur. Ce dernier pourra ainsi composer sa propre équipe selon sa vision, sans avoir à gérer l’héritage encombrant de nominations tardives qui seraient perçues comme une volonté de prolonger une influence. C’est une manière qui passe pour une pacification de la passation de pouvoir.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE






