(Avis partagé des avertis)
Un des cinq piliers de l’islam, le jeûne du mois de Ramadan contraint les musulmans adultes en bonne santé et les enfants ayant atteint la puberté à priver du manger, de la boisson de l’aube au coucher du soleil. Depuis la nuit des temps, la question de sa compatibilité avec le sport de haut niveau reste posée et suscite assez d’intérêt dans le rang des acteurs sportifs.
Le jeûne du mois de Ramadan et le sport de haut niveau peuvent-ils faire bon ménage ? Les athlètes en compétition doivent-ils sacrifier à cette recommandation spirituelle? Ne pas le faire entache t-il la foi de l’athlète ? Quelles alternatives pour permettre aux athlètes d’accomplir cette recommandation spirituelle ? Ces interrogations ont trouvé des réponses avec certains avertis du sport béninois.
Akimey Housseni Seidou, Président APS BENIN

1- Est-ce qu’un athlète en compétition doit faire le jeûne ?
Sans détour, je vous apprends qu’un athlète musulman qu’il soit en compétition ou pas doit observer le jeûne musulman qui est une obligation religieuse. C’est un des cinq piliers de l’islam et les conditions dans lesquelles on en est exempté ne mentionne nullement le cas d’un athlète en compétition. Dans les pays à forte dominance islamique, les calendriers des compétitions durant le mois de jeûne sont réaménagés pour soulager les athlètes concernés. Par contre la pratique chez nous loin de la loi islamique consiste pour certains responsables de clubs à « négocier avec les athlètes afin que les jours de match ils n’observent pas le jeûne » et là encore je précise que ça n’est pas une pratique recommandée par l’islam.
2- Ne pas le faire entache t-il la foi de ce dernier ?
La question de foi c’est un tout. La foi entachée non mais le jeûne est une obligation religieuse et ne pas le faire quand on est en pleine faculté est punissable.
3- Quelles alternatives pour permettre aux athlètes d’accomplir cette recommandation spirituelle ?
Je parlais plus haut de négociation. Nous sommes dans le champ purement temporel. L’athlète doit jeûner. S’il ne le fait pas en dehors d’une raison médicale, il doit se tenir prêt à rattraper cette obligation avant le mois de Ramadan suivant conformément aux prescriptions islamiques. Après, l’athlète en compétition qui doit jeûner durant le mois de Ramadan nécessite un suivi nutritionnel rigoureux et adéquat du médecin du club afin de lui éviter la déshydratation, l’hypoglycémie, la perte de masse musculaire toute chose qui impactera négativement sa performance. C’est ici vous comprendrez tout le sens de négociation avec l’athlète de ne pas jeûner le jour du match.
BABONI Fawaze-Dine , acteur sportif et President de clubs sportifs (Lutte, Football, Volley-ball…)

1– Est-ce qu’un athlète en compétition doit faire le jeûne ?
Le jeûne est avant tout une démarche personnelle et spirituelle. En période de compétition, un athlète est confronté à des exigences physiques élevées qui demandent énergie, hydratation et récupération optimale. En tenant compte de ces facteurs il peut jeûner si son organisme pourra régler ces exigences. Par exemple dans mon club, nous respectons la liberté de chacun, pourvu que le rendement soit optimal.
2- Ne pas le faire entache-t-il la foi de ce dernier ?
La foi relève du cœur et de la relation intime avec Dieu. Elle ne se mesure pas uniquement à une pratique ponctuelle, surtout lorsque des contraintes professionnelles ou sportives existent. L’homme vit de son activité et non de sa religion ! Il peut donc rattraper les quelques jours avant ou pendant la compétition, cela ne remet pas en cause sa foi.
3- Quelles alternatives pour permettre aux athlètes d’accomplir cette recommandation spirituelle ?
Plusieurs alternatives peuvent être envisagées comme par exemple: reporter le jeûne à une période hors compétition; adapter les charges d’entraînement pendant les périodes spirituelles; mettre en place un suivi médical et nutritionnel adapté pour ceux qui choisissent de jeûner (difficile voir impossible pour certains clubs). Notre rôle, en tant que dirigeant, est d’accompagner, de protéger la santé des joueurs et de respecter leurs convictions. Le sport et la foi ne sont pas opposés. Ils peuvent coexister.
Marwane SALOU, Acteur & Observateur du sport béninois

1- Est-ce qu’un athlète en compétition doit faire le jeûne?
Je crois que c’est une question complexe. Il s’agit de la foi. La foi est vécue par chacun de différentes manières. Mais si on s’en tient à ce que peuvent faire les gens en Europe, au Maghreb et ailleurs, on comprend aisément que c’est possible d’être un athlète de haut niveau et de jeûner. La preuve, c’est que ça se passe ailleurs. C’est vrai que ça a défrayé la chronique quand certains entraîneurs ont voulu l’imposer à leurs joueurs de ne pas jeûner. Il y a une fenêtre même qui, depuis deux ans, est ouverte au niveau du championnat anglais pour que les gens puissent déjeuner à l’heure de la rupture. Mais pour autant, allons-nous comparer nos athlètes sous nos cieux à ceux en Europe? Les athlètes en Europe ont des conditions dix fois, mille fois meilleures que les nôtres et ont une bonne hygiène de vie, qu’ils savent se régler eux-mêmes. Chacun doit se retrouver, faire le choix qui lui va. En matière de performance, ça réduit évidemment les performances chez un athlète parce qu’à un moment donné, physiquement, on est faible. Donc, je suis partagé. Est-ce que ça fait bon ménage sous nos cieux? Je ne pense pas. Pour être véritablement tranché sous nos cieux, je ne pense pas. Il faut connaître son organisme et la religion n’impose rien.
2- Ne pas le faire entache t-il la foi de ce dernier ?
Non, ça n’entache pas la foi, puisque la religion, elle est tellement facilitée et les conditions sont tellement facilitées pour les gens. Quand vous n’êtes pas en condition de le faire, vous pouvez aider d’autres qui n’ont pas les moyens de le faire. Il y a beaucoup de conditions. Non, cela n’entache pas du tout.
3- Quelles alternatives pour permettre aux athlètes d’accomplir cette recommandation spirituelle ?
Alors, la foi que nous avons en Dieu, il y a plusieurs alternatives telles que nourrir des gens, les aider à jeûner et rompre avec eux et ensuite, avoir la possibilité de le faire au moment où vous ne serez plus en compétition. Donc, il y a plusieurs facteurs pour pouvoir le faire. Les conditions sont véritablement très faciles. La religion ne doit pas être un fardeau. Ce n’est pas un mythe. Il faut aller chercher pour comprendre que si vous n’êtes pas en condition de le faire, vous pouvez aider des gens qui n’ont pas les moyens de le faire et les bénéfices, vous pouvez les avoir.
De même vous pouvez le reporter aussi au moment où vous ne pouvez pas avoir de compétition pour pouvoir le faire. Chacun vit comme il le sent sa foi. Mais je pense que quand on veut être véritablement performant, le moi de Ramadan, l’observer scrupuleusement n’aide pas. Parce qu’à un moment donné, dans ce mois, c’est la recherche de la foi. Dieu veut éprouver les croyants que nous sommes. Les éprouver moralement, psychologiquement pour voir, jusqu’où nous pouvons aller, il y a le physique et le moral qui est atteint. Or c’est deux choses qui sont sollicitées lorsqu’il y a compétition. Il faut avoir sa tête pour pouvoir faire des gestes justes et il faut être dans de très bonnes conditions pour résister à l’épreuve sur le terrain. Donc, sous nos cieux, je pense qu’il vaut mieux ne pas s’y atteler et utiliser des conditions palliatives en attendant soi-même d’avoir la possibilité de rembourser.
Amadou Oumarou, Acteur du football béninois

1- Est-ce qu’un athlète en compétition doit faire le jeûne?
Au nom de dieu le clement et le miséricordieux, le mois de ramadan est un mois sacré pour tout croyant en capacité physique mentale morale d’observer ce mois béni. Bien évidemment, un athlète de haut niveau peut observer le mois de ramadan sans aucun problème. La première league anglaise a dû modifier son calendrier des matchs pour permettre aux athlètes de rompre le jeûne dans de bonnes conditions
2- Ne pas le faire entache t-il la foi de ce dernier ?
Ne pas observer le mois béni est un acte que la foi musulmane condamne fortement selon les enseignements du prophète paix salut sur lui
3– Quelles alternatives pour permettre aux athlètes d’accomplir cette recommandation spirituelle ?
Il n’y a pas d’excuses pour un croyant bien portant qui remplit toutes les conditions de ne pas observer sauf cas de force majeur.
Propos recueillis et transcrits par
Jeraud LANGANFIN GLELE






