C’est en 2020, à l’installation de la 4e mandature de la décentralisation, qu’une difficulté majeure, le refus de certains conseillers d’aller dans le sens voulu par leur parti pour le vote de l’édile de l’hôtel de ville, a eu pour conséquence l’adoption de la loi n°2020-13 portant interprétation et complétant la loi n°2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral. La principale modification se trouve dans l’article 189 nouveau : « Le maire et ses adjoints sont désignés par le parti ayant obtenu la majorité absolue des conseillers ». L’Article 192 nouveau précise en ses alinéas que la désignation du maire et des adjoints au maire est communiquée à l’autorité de tutelle qui en informe les conseillers. Dès lors, à l’installation du Conseil communal, l’autorité de tutelle, le Préfet, vient lire le nom du maire et de ses adjoints, tels que désignés par le parti ayant la majorité absolue. Le souci était de mettre fin aux ambitions personnelles qui viennent mettre en péril le choix du parti. La loi révisée donne donc plein pouvoir aux partis dans le choix de celui qu’il juge à même de diriger le conseil communal. Mais cela devrait-il se faire sans un certain consensus ?

Contestation à Bopa et à Tanguiéta

A Bopa, la lecture par le préfet des noms du maire et des adjoints, liste à lui transmise par le parti Union progressiste le Renouveau (Up-R), a révélé un fait majeur. A la lecture de son nom au poste de 1er adjoint au maire, le 14 février 2026, Célestin Gando a été lui-même surpris. Des recoupements faits, on apprend que la désignation de Célestin Gando ne correspondait pas aux arbitrages arrêtés en amont par la majorité communale et les responsables de l’Up-R. Désiré Gbesso, le deuxième adjoint sortant, était considéré comme favori naturel pour occuper le poste de Premier adjoint au maire. Très tôt les remous persistants sont tombés dans les oreilles avisées qui ont reconnu qu’il y a manifestement eu une erreur sur la liste transmise au Préfet. Correction a été faite et Désiré Gbesso a été rétabli dans ses droits à l’occasion d’une nouvelle cérémonie d’installation, 48h après la première.

A Tanguiéta, les conseillers communaux Up-R ne connaissent pas, du moins pour l’heure, la même fortune. La désignation du nouveau maire de Tanguiéta est contestée par 11 conseillers sur les 12 que compte le parti Up-R. Ils rejettent l’installation du Conseil communal et réclament un consensus. Dans un communiqué en date du 16 février 2026, les frondeurs dénoncent une désignation qui, selon eux, ne reflète ni la volonté de la base, ni celle de la majorité des élus locaux. Ils invoquent des principes de « justice, de liberté et de respect de la volonté populaire » pour justifier leur démarche, affirmant que seul un organe de gestion apaisé pourra garantir le développement de la commune.

Privilégier le consensus au diktat

Les cas de Bopa et de Tanguiéta, bien que minimes, ne cachent-ils pas d’autres frustrations plus grandes au sein de l’Up-R depuis l’installation des conseils communaux ? Il est vrai que dans l’opinion publique, on salue l’émergence de jeunes à la tête de plusieurs conseils communaux. Parfois, ce sont des jeunes qui font leur première expérience, presque inconnus sur le champ de bataille politique, qui sont propulsés subitement à la tête de certains conseils communaux. Cela ne se fera pas sans grincements de dents. Si pour l’heure, ces contestations sont contenues, dans la plupart des cas, il suffit d’un élément déclencheur pour qu’elles s’étalent sur la place publique. Il faut à tout prix éviter que des élus d’un même parti s’affrontent sur le choix de celui désigné pour être maire. Cela ne donne pas une bonne image du parti. Pour ne pas en arriver là, le choix de l’édile de ville doit être en conformité avec la volonté de la base. Le consensus doit prévaloir sur le diktat. Si dans un conseil, les élus d’un même parti s’entendent sur le choix du maire et des adjoints, c’est ce consensus qui doit être entériné par le parti. Au cas où, il y a divergence, le parti fait l’effort de concilier les parties afin qu’un consensus soit dégagé. Un maire imposé ne peut pas se sentir dans un environnement sécurisé afin de déployer ses ailes. Et c’est le développement de la commune qui va en pâtir.

B.H

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