A l’ère des réformes électorales, quel sort pour les petits partis ? Avec les dernières élections législatives, plus aucun doute à se faire. Si Fcbe, Moele-Bénin et même Les Démocrates veulent un jour avoir des élus au Parlement, ils devront soit fusionner, soit conclure un accord de gouvernance avec les deux géants de la Mouvance, que sont l’Union progressiste le Progressiste (Up-R) et le Bloc Républicain (BR).

Déjà en 2023, il était impossible pour les partis Moele-Bénin, Fcbe, UDBN et MPL d’avoir des élus à l’Assemblée nationale. Pourtant, les lois électorales n’étaient pas autant corsées. La principale condition était de réunir 10% au plan national pour être admis à l’attribution des sièges. Moele-Bénin avait obtenu 56 728 voix soit 2,29%, Fcbe 109 598 voix soit 4,42%, UDBN 26 430 voix soit 1,07%, MPL 31 638 voix soit 1,28%. Seul le parti d’opposition LD avait dépassé la barre des 10%. Ce qui lui a valu 28 sièges à l’Assemblée nationale. C’est alors qu’intervient une autre révision du code électoral qui a davantage corsé les conditions d’éligibilité. En plus du seuil de 10% au plan national, il faut désormais avoir 20% dans chaque circonscription électorale pour lever des élus. Conscients que même les partis Up-R et BR ne peuvent avoir 20 % partout, une parade a été trouvée, un accord de gouvernance parlementaire devra permettre à ces partis d’additionner les suffrages obtenus dans chaque circonscription électorale pour atteindre les 20%, à condition d’avoir rempli chacun la 1ère condition, 10% au plan national. Comme on pouvait s’y attendre, les partis Fcbe, Moele-Bénin et LD ont tous échoué. Les deux premiers pour n’avoir pas rempli la première condition de 10% au plan national, LD pour n’avoir pas conclu d’accord de gouvernance parlementaire avec Up-R et BR.

Le choix de raison de Claudine Prudencio

C’était prévisible. Si déjà en 2023, le parti Rassemblement national (RN) alors UDBN n’avait obtenu que 1,07% au plan national, par quelle alchimie le parti, devenu RN, allait franchir la barre des 10% en 2026 ? Voyant l’échec venir, Claudine Prudencio n’a eu de choix que de fondre son parti dans l’Up-R. Conséquence, elle fait son grand retour à l’Assemblée nationale, élue au poste d’office réservé à la femme pour le compte de l’Up-R dans la 6e circonscription électorale. Sans fusion, un accord de gouvernance ne l’aurait pas sauvée puisqu’il fallait d’abord engranger 10% au plan national.

Le cas Moele-Bénin

Chaque fois que l’idée de fusion avec l’Up-R ou le BR est évoquée dans la presse, le président de Moele-Bénin s’en offusque, affirmant n’avoir nul besoin de fondre son parti dans l’un ou l’autre des grands partis de la Mouvance pour justifier son adhésion à la réforme du système partisan. Aux élections législatives de 2023, Moele-Bénin a obtenu 56 728 voix soit 2,29% de suffrages exprimés au plan national. Même si on peut saluer l’effort, étant donné que c’est pratiquement le dernier né sur la scène politique nationale, ce score est bien loin du seuil de 10% pour être admis au partage des sièges. C’était déjà un signal. Mais Jacques Ayadji a voulu encore essayer en 2026. C’est tout à son honneur. Mais cette fois, il s’en sort avec 33 199 voix soit 1,19% de suffrages exprimés au plan national, un score en deçà des 2,29% de 2023.

C’est une chose de vouloir préserver son identité sur l’échiquier politique nationale. Mais est-ce que les lois actuelles ont été conçues pour cela ? Avec les derniers résultats des élections législatives, tout laisse croire qu’au plus 3 grands partis vont désormais exister et avoir des élus dans les communes et à l’Assemblée nationale. Et même dans ce cas, le 3e parti, le plus faible, est contraint de nouer un accord de gouvernance avec les deux autres pour lever des sièges. Peu importe qu’il soit un parti d’opposition. Moele-Bénin aura beau insister à exister, le seul choix que lui offre les lois électorales actuelles, c’est la fusion. Le grand Prd l’a compris, ainsi que RN.

B.H

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