Une vague d’indignation parcourt les couloirs de l’administration publique béninoise. Un document frauduleux, imitant à la perfection la charte graphique du Ministère du travail et de la fonction publique (Mtfp), sature les réseaux sociaux. Ce faux communiqué prétend instaurer une réforme radicale : l’invalidité des attestations de diplômes pour les recrutements nationaux au profit des seuls diplômes définitifs.
Le texte falsifié ne se contente pas de désinformer ; il organise une véritable tentative d’extorsion. Il invite les diplômés à régulariser leur situation auprès d’un prétendu « Centre national de vérification des diplômes », moyennant des frais allant de 10 000 F Cfa à 27 000 F Cfa. Le Point focal communication du Ministère du travail et de la fonction publique (Mtfp) a réagi pour apporter des clarifications formelles face à la prolifération de fausses informations.
Contrairement aux affirmations des faussaires, les attestations de diplômes sont toujours acceptées pour la constitution des dossiers au Bénin. Aucune réforme n’est venue supprimer cette disposition. Aussi, le prétendu « Centre national de vérification des diplômes (Cnvd) » mentionné par les arnaqueurs n’existe pas. L’organe légal est la Commission nationale de vérification de l’authenticité des diplômes (Cnvad). Par ailleurs, un organisme de vérification n’est pas une école. Il ne délivre pas de diplôme et, par conséquent, ne saurait exiger des frais de demande de délivrance.
L’indignation du Directeur du Recrutement des Ape
L’indignation est vive au sommet de l’administration. Face à cette manipulation qui sème la confusion parmi les candidats aux emplois publics, Massou Siaka, Directeur du recrutement des Agents permanents de l’État (Ape), a tenu à clarifier la situation. Se retrouvant entièrement dans la dénonciation du Pfcom/Mtfp, il a martelé : « On devrait normalement retrouver l’auteur de ce document falsifié et le sanctionner. Ce n’est pas normal que des choses du genre se passent dans notre pays ! ». Pour ce haut responsable, l’enjeu dépasse la simple fausse information. Il s’agit d’une attaque contre l’intégrité des processus de recrutement de l’État et une exploitation de la vulnérabilité des jeunes diplômés.
Fifonsi Cyrience KOUGNANDE




