Face à la persistance d’un niveau élevé de mortalité maternelle, le Bénin organise, les 29 et 30 janvier 2026 à Cotonou, des consultations nationales pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle. Ces assises marquent une étape stratégique dans la lutte contre ce fléau de santé publique et s’inscrivent dans le cadre de la contextualisation nationale de la feuille de route régionale 2025-2029, initiée par le Fonds des Nations Unies pour la Population (Unfpa) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Les consultations ont réuni représentants du gouvernement, partenaires techniques et financiers, experts, organisations de la société civile ainsi que des leaders communautaires et religieux. Elles visent à analyser les écarts entre les interventions en cours et les recommandations régionales, identifier les lacunes stratégiques et opérationnelles, promouvoir une approche multisectorielle intégrant les déterminants sociaux et économiques de la santé maternelle, et dégager un consensus sur les priorités à mettre en œuvre.

Une urgence sanitaire toujours préoccupante

=En Afrique de l’Ouest et du Centre, la mortalité maternelle demeure l’un des défis majeurs du développement durable. La région concentre près de 63 % des décès maternels d’Afrique subsaharienne. Le Bénin reste confronté à cette réalité : selon l’Eds 2018, le ratio de mortalité maternelle était estimé à 391 décès pour 100 000 naissances vivantes, bien au-dessus de la cible des Objectifs de développement durable fixée à moins de 70 décès.

Des avancées notables, mais des défis persistants

Ces dernières années, le gouvernement béninois a engagé d’importantes réformes. Le pays dispose aujourd’hui d’un réseau national de 109 maternités du réseau Soins Obstétricaux et néonataux d’urgence (Sonu), couvrant environ 92 % de la population à moins d’une heure de trajet, ainsi que d’un système de surveillance hebdomadaire des décès maternels et néonatals précoces.

Cependant, la fonctionnalité du réseau Sonu demeure insuffisante, avec seulement 26 % des besoins satisfaits, des revues de décès encore irrégulières dans certaines zones sanitaires, et des contraintes persistantes liées au financement, aux équipements et aux ressources humaines qualifiées.

Une approche multisectorielle au cœur de la réponse

Pour impulser un changement d’échelle, la feuille de route régionale 2025-2029 de l’Unfpa vise une réduction drastique de la mortalité maternelle. Sa contextualisation au Bénin constitue un enjeu clé. Selon Dr Cyriaque Edon, directeur général des politiques de développement, ces consultations doivent déboucher sur un programme national opérationnel 2026-2030, aligné sur la Vision Bénin 2060 et les cadres nationaux de planification.

Le représentant résident de l’Unfpa, Dr Richemond Tiemoko, a salué les progrès accomplis tout en appelant à une mobilisation accrue de tous les secteurs, à un financement durable et à une meilleure redevabilité.

Pour le directeur de cabinet du ministre d’État chargé du Plan et du développement, Professeur Alastair Alinsato, la réduction durable de la mortalité maternelle passe par une réponse intégrée, tenant compte de l’éducation, des conditions de vie, de l’autonomisation des femmes et de l’accès aux services essentiels. Il a appelé à une mobilisation collective pour offrir aux femmes béninoises des conditions d’accouchement plus sûres et plus dignes.

Th.A.

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