Dieu nous épargne d’un mal qui ronge, épuise financièrement sans offrir aucune possibilité de survie. Si l’insuffisance rénale est désormais perçue comme une fatalité au Bénin et ailleurs, la dignité des Dialysés devrait être une garantie absolue. Combien sont-ils ces Dialysés qui n’ont pas été contraints à quémander pour se soigner ? Le coût de la dialyse n’est pas à la portée de tous. Et le cas du journaliste Judicaël Gbaguidi nous interpelle et exige que l’Etat prenne ses responsabilités.

Dans l’un de ses derniers messages avant de rendre l’âme, il disait constater que malgré ses cris de détresse et de désarroi, l’Etat n’a toujours pas pris ses responsabilités. Le voilà contraint de mendier pour se soigner sans fin. Le voilà contraint d’exposer sa situation censée rester une affaire de famille, sur les réseaux sociaux. Le voilà contraint de s’exposer sous traitement pour justifier l’usage des fonds récoltés. Et le voilà contraint de révéler sur la place publique ce qui est censée rester une confidence conjugale ou de famille. Et le voilà…Et le voilà…Ce n’est qu’à ce prix qu’il a pu tenir tête à la fameuse Insuffisance rénale pendant seulement près de trois années. Un père aimé a fini par succomber peut-être par défaut de moyens financiers pour des soins appropriés. Un mari aimé a fini par lâcher prise peut-être parce que lassé de voir que ses cris ne reçoivent pas un écho favorable auprès des gouvernants.

Vous diagnostiquer une insuffisance rénale devrait-il être synonyme de ce que vos jours sont de facto comptés ? Et s’il en est ainsi, les malades devraient-ils subir une double peine jusqu’à leur mort : celui de souffrir d’un mal qu’ils n’ont jamais voulu mais surtout de devoir mettre entre parenthèses, sa dignité. A qui la faute ?

L’Etat, la 10ème législature de l’AN et les Béninois : Engageons nous à payer le prix !

Ils sont des compatriotes, ils sont des Béninois, des parents ou amis. Les Dialysés ne méritent plus d’être abandonnés à leur sort. Les derniers messages du désormais feu Judicaël Gbaguidi devraient une fois de plus nous interpeller. Quand recevant ses derniers soins suite à des complications, il déclare avoir appris que deux ou trois Dialysés venaient de mourir. Sûrement de nouveaux alliés qu’il a dû se faire dans ce cercle de Dialysés. Pour beaucoup, à ce moment, le confrère était mort avant l’heure. Il était conscient que son tour ne tarderait pas, conscient que l’Etat ne ferait rien pour le soustraire à cette triste réalité, devenue sienne par la force des choses.

Citoyens Béninois, ils sont comme tant d’autres. Ils contribuent à l’élection de nos gouvernants, de surcroît à la vitalité de la démocratie béninoise. Il est alors temps d’agir !

Si l’Etat estime toujours que rendre la dialyse gratuite pourrait revenir coûteux, alors nous pouvons trouver des alternatives.

Si des têtes pensantes ont su concevoir des mécanismes pour nous contraindre à honorer des obligations fiscales, qu’elles fassent de même pour nous faire supporter le coût sans qu’on s’en rende compte. Les Béninois n’y seront nullement opposés.

Les députés de la 10ème législature devront surtout s’en préoccuper, une fois installés car ils sont d’abord porteurs des voix des populations. Et il y a longtemps que la gratuité de la dialyse est souhaitée par tous. Encore que désormais, il n’y a plus de possibilité d’en faire une récupération politique, les députés du BR et UP-R pourraient bien poser un acte historique.

Et s’ils décidaient de prélever dans leurs salaires « bien gras » pour sauver ces vies ? C’est pourtant une option qui pourrait faire tache d’huile. Tel on souscrit à l’assurance santé, il suffira d’instaurer un mécanisme permettant de prélever une infirme part des salaires des ministres et députés voire des présidents d’Institutions de la République pour alimenter un Fonds d’appui à la Dialyse.

J’y ai trempé ma plume espérant que la donne change en faveur des Dialysés.

Adieu Judicaël, tu as combattu !

A.B

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